Les frappes israéliennes menées dans le sud du Liban menacent directement des sites archéologiques d’importance historique, a alerté ce vendredi 29 mai 2026 le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé. Selon RFI, les ruines millénaires de Tyr et la forteresse médiévale de Beaufort, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, figurent parmi les monuments exposés aux conséquences des hostilités en cours.

Ce qu'il faut retenir

  • Les frappes israéliennes au Liban mettent en « danger sérieux » des sites archéologiques majeurs, dont Tyr et Beaufort, selon le ministre libanais de la Culture.
  • Tyr, ville antique classée à l’UNESCO, et la forteresse médiévale de Beaufort sont directement exposées aux impacts des bombardements.
  • Le ministre Ghassan Salamé a tiré la sonnette d’alarme ce vendredi 29 mai 2026, soulignant l’urgence de protéger ces vestiges.

Des monuments historiques sous la menace des conflits

Le sud du Liban, région frontalière avec Israël, abrite certains des plus importants sites archéologiques du pays. Parmi eux, les ruines de Tyr, cité phénicienne fondée il y a plus de 3 000 ans, et la forteresse de Beaufort, construite au XIIe siècle par les croisés, figurent parmi les joyaux du patrimoine libanais. Selon RFI, ces sites subissent désormais les conséquences collatérales des frappes israéliennes, qui s’intensifient depuis plusieurs semaines.

Ghassan Salamé, en poste depuis 2020, a qualifié la situation de « sérieusement préoccupante ». Dans une déclaration à la presse, il a rappelé que ces monuments ne sont pas seulement des symboles culturels, mais aussi des témoins tangibles de l’histoire régionale, attirant chaque année des milliers de visiteurs. « Ces sites ne sont pas des cibles militaires, mais leur destruction serait une perte irréparable pour l’humanité », a-t-il précisé.

Une région déjà fragilisée par des décennies de tensions

Le Liban, déjà affaibli par une crise économique sans précédent et des divisions politiques chroniques, voit ses trésors archéologiques menacés par un conflit qui s’étire. Le sud du pays, en particulier, a toujours été une zone sensible, régulièrement ciblée lors des escalades entre Israël et le Hezbollah. Les frappes israéliennes, justifiées par des ripostes à des tirs de roquettes ou des infiltrations, visent principalement des positions militaires du groupe chiite, mais leurs effets se répercutent sur l’ensemble du territoire.

Selon des experts locaux, certains sites archéologiques avaient déjà subi des dégradations par le passé, notamment lors des conflits de 2006. Cependant, la fréquence et l’intensité des frappes actuelles aggravent considérablement les risques. « Les bombardements récents ont endommagé des structures fragiles, comme les voûtes de la forteresse de Beaufort, déjà fragilisées par les intempéries », a expliqué un archéologue sous couvert d’anonymat.

« Ces sites ne sont pas des cibles militaires, mais leur destruction serait une perte irréparable pour l’humanité. »
— Ghassan Salamé, ministre libanais de la Culture

Quels recours pour la protection du patrimoine ?

Face à l’urgence, le Liban a appelé à une intervention internationale pour protéger ses sites archéologiques. Le ministre Salamé a évoqué des contacts avec l’UNESCO, l’Union européenne et des ONG spécialisées, comme le Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM). Ces organisations pourraient intervenir pour évaluer les dommages, sécuriser les zones accessibles ou organiser l’évacuation des artefacts les plus menacés.

Cependant, les mécanismes de protection peinent à s’appliquer dans un contexte de conflit actif. Les conventions internationales, comme la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, prévoient des mesures de sauvegarde, mais leur mise en œuvre dépend de l’accord des belligérants. Pour l’heure, aucune mission d’urgence n’a encore été autorisée sur place.

Et maintenant ?

Une réunion d’urgence est prévue ce week-end à Beyrouth entre les autorités libanaises, des représentants de l’UNESCO et des experts en patrimoine pour discuter des mesures immédiates à prendre. Une demande formelle de protection renforcée pourrait être adressée à l’ONU d’ici la fin du mois, afin de solliciter une résolution condamnant les attaques contre les sites culturels. En parallèle, les archéologues libanais tentent de documenter l’état des monuments avant que les conditions ne se dégradent davantage.

La situation rappelle celle observée en Syrie ou en Irak, où des années de conflits ont entraîné la destruction ou le pillage de sites irremplaçables. Pour le Liban, déjà en proie à une instabilité chronique, la préservation de son patrimoine pourrait devenir un enjeu supplémentaire dans les négociations de paix à venir.