Depuis le début de l’été, l’Ukraine intensifie ses attaques à longue portée contre les infrastructures pétrolières russes, frappant des sites stratégiques situés à des centaines, voire des milliers de kilomètres du front. Selon BFM Business, cette campagne a réduit de près de moitié les capacités de production des raffineries russes, privant Moscou d’une source majeure de revenus pour financer sa guerre en Ukraine.
Les images des dégâts causés par ces frappes sont régulièrement mises en avant par le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur ses réseaux sociaux. En ciblant les raffineries et les dépôts de pétrole, Kiev cherche à affaiblir l’économie russe en perturbant sa logistique et en créant des pénuries à l’intérieur même du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Perte de 45 % des capacités : Les raffineries russes ont vu leur production chuter de près de la moitié depuis le début des frappes ukrainiennes, selon une analyse du Financial Times et de Frontelligence Insight.
- Destruction de réservoirs : La raffinerie de Touapsé, frappée à deux reprises en avril 2026, a perdu plus d’une dizaine de réservoirs de stockage.
- Pénuries dans 90 % des régions russes : En juin 2026, les autorités ont dû instaurer des restrictions sur les ventes de carburant après que 90 % des régions ont été touchées par des ruptures d’approvisionnement.
- Interdiction des exportations : Pour tenter de stabiliser le marché, le Kremlin a interdit les exportations d’essence et de gazole, une mesure confirmée par le vice-Premier ministre russe chargé de l’Énergie, Alexandre Novak.
- Portée record des frappes : L’attaque contre la raffinerie d’Omsk, en juillet 2026, s’est produite à plus de 2 500 km de la frontière ukrainienne, illustrant les progrès de Kiev en matière de drones longue portée.
Une stratégie ciblée contre le portefeuille russe
Le pétrole constitue l’une des principales sources de financement de l’effort de guerre russe. En frappant les infrastructures pétrolières, l’Ukraine vise directement les revenus de Moscou, estimés à plusieurs milliards de dollars par an. Selon les données compilées par BFM Business, les dégâts causés par ces attaques se prolongent bien au-delà des jours suivant les frappes. Les analyses d’images satellite et les photographies révèlent que certains sites mettent des mois à retrouver une activité normale, voire ne parviennent pas à le faire.
Parmi les exemples les plus marquants figure la raffinerie de Touapsé, dans le sud-ouest de la Russie. Touchée à deux reprises fin avril 2026, l’installation a perdu plus d’une dizaine de réservoirs de stockage, produisant un panache de fumée noire visible depuis le ciel. Une image satellite, capturée le 29 avril 2026 par Planet Labs PBC, montre encore les traces de l’impact.
Des sites stratégiques éparpillés sur tout le territoire russe
Les cibles ukrainiennes ne se limitent pas aux zones frontalières. Les frappes ont touché des raffineries situées à des distances considérables de la ligne de front, de la mer Baltique à la Caspienne, jusqu’à la frontière russo-kazakh. Par exemple, la raffinerie d’Oufa, dans l’Oural, a été frappée mi-mars 2026. Avec ses 1 500 km séparant le site de la zone de conflit, elle illustre la capacité de l’Ukraine à frapper profondément à l’intérieur du territoire russe.
Le cas de la raffinerie d’Omsk, touchée début juillet 2026, est encore plus emblématique. Située à plus de 2 500 km de la frontière ukrainienne, il s’agit de l’une des plus grandes raffineries du pays et de la cible la plus éloignée jamais atteinte par Kiev depuis le début du conflit. Cette attaque témoigne des progrès technologiques réalisés par l’Ukraine, notamment grâce à des drones plus performants, comme ceux produits par l’entreprise Fire Point.
Des répercussions immédiates sur le marché intérieur russe
Les conséquences de ces frappes ne se limitent pas aux pertes économiques. Dès juin 2026, les citoyens russes ont ressenti les effets des pénuries de carburant. Selon les autorités locales, 90 % des régions du pays ont été touchées par des ruptures d’approvisionnement, obligeant les stations-service à rationner les ventes. Face à cette crise, le Kremlin a dû réagir rapidement en interdisant temporairement les exportations d’essence et de gazole.
Dans un communiqué, le vice-Premier ministre russe chargé de l’Énergie, Alexandre Novak, a reconnu la gravité de la situation tout en assurant que « la situation s’est nettement améliorée dans les stations-service » depuis ces mesures. Cependant, les données recueillies par BFM Business indiquent que les restrictions restent en vigueur dans certaines régions, signe que les perturbations persistent.
En attendant, les analystes s’attendent à ce que les raffineries russes, déjà affaiblies, peinent à retrouver leur niveau de production d’avant-guerre. La question n’est plus de savoir si l’Ukraine peut frapper ces cibles, mais bien à quel point l’économie russe peut résister à cette pression continue.
L’Ukraine vise les raffineries russes car elles constituent une source majeure de revenus pour Moscou. En perturbant leur fonctionnement, Kiev cherche à réduire les financements disponibles pour l’effort de guerre russe tout en créant des pénuries à l’intérieur même du pays, ce qui pourrait affaiblir la stabilité sociale et économique de la Russie.