La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon examine ce mardi 16 juin 2026 une seconde demande de remise en liberté déposée par Frédéric Péchier, l’ancien anesthésiste condamné à la perpétuité pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels, entre 2008 et 2017. Selon BFM – Faits Divers, cette audience intervient plus d’un an avant le début de son procès en appel, prévu à Lyon à partir de septembre 2027.
Condamné le 18 décembre 2025 par la cour d’assises du Doubs, Frédéric Péchier, aujourd’hui âgé de 54 ans, a toujours clamé son innocence. Pourtant, les jurés l’ont qualifié de « tueur en série », soulignant que ses actes avaient fait de deux cliniques privées de Besançon « son terrain de jeu ». Sa peine, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, reflète la gravité des faits retenus contre lui. BFM – Faits Divers rappelle que sa première demande de remise en liberté, rejetée en février 2026, avait été confirmée par la Cour de cassation en mai dernier.
Ce qu'il faut retenir
- Frédéric Péchier, 54 ans, a été condamné à la perpétuité le 18 décembre 2025 pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels, commis entre 2008 et 2017.
- Les faits se sont déroulés dans deux cliniques privées de Besançon, où il travaillait comme anesthésiste.
- La cour d’assises du Doubs l’a qualifié de « tueur en série » et a fixé une période de sûreté de 22 ans.
- Son procès en appel est prévu à Lyon à partir de septembre 2027, soit plus d’un an après cette audience.
- Une première demande de remise en liberté, rejetée en février 2026, avait été confirmée par la Cour de cassation en mai 2026.
Une seconde demande pour préparer son procès en appel
Frédéric Péchier a formulé une nouvelle demande de remise en liberté le 27 mai 2026, invoquant la nécessité de préparer sa défense pour son procès en appel. Selon BFM – Faits Divers, cette seconde tentative intervient dans un contexte où l’accusé a déjà été incarcéré après sa condamnation, mais avait comparu libre pendant son long procès à Besançon. La défense espère ainsi lui permettre de préparer sereinement les prochaines étapes judiciaires, alors que les débats ne débuteront qu’en 2027.
La chambre de l’instruction de Lyon, saisie de cette affaire, devra se prononcer sur les arguments avancés par la défense. Lors du rejet de la première demande, les magistrats avaient estimé qu’une libération « troublerait l’ordre public », évoquant un risque de pression sur les témoins et une possible fuite de l’accusé. Ces motifs avaient été validés par la Cour de cassation en mai 2026, confirmant ainsi la décision initiale.
Un profil criminel marqué par des conflits professionnels et une soif de pouvoir
D’après l’accusation, Frédéric Péchier polluait les poches de perfusion de patients opérés par des confrères avec lesquels il était en conflit. Son objectif ? Provoquer des arrêts cardiaques ou des hémorragies pour « atteindre psychologiquement » ses adversaires et « nourrir sa soif de puissance ». Les enquêteurs ont identifié différents produits utilisés pour perpétrer ces actes, visant des patients âgés de 4 à 89 ans. Certains soignants avec qui Péchier était en conflit intervenaient même pour tenter de réanimer les victimes, illustrant la dimension perverse de son mode opératoire.
Lors du procès, Frédéric Péchier avait finalement admis qu’un empoisonneur avait sévi dans l’une des deux cliniques où il travaillait, mais il a constamment répété que ce n’était pas lui. Cette position, bien que maintenue, n’a pas suffi à convaincre les jurés, qui ont retenu sa culpabilité. BFM – Faits Divers souligne que les débats ont été marqués par des témoignages accablants, notamment celui d’une ancienne patiente qui avait déclaré : « Ma conviction, c’est qu’il m’a empoisonnée ».
« Je n’aurai pas d’autre choix que de mettre ma famille à l’abri. »
— Derniers mots de Frédéric Péchier à la veille du verdict, selon BFM – Faits Divers
Un procès fleuve et des expertises déterminantes
Le procès de Frédéric Péchier, qui s’est tenu sur trois mois et demi à Besançon, a été marqué par des auditions techniques et des expertises approfondies. Les enquêteurs ont reconstitué son mode opératoire, analysant les produits retrouvés dans les poches de perfusion et leur impact sur les victimes. Les jurés ont également entendu des experts en toxicologie et en criminologie, qui ont confirmé la dimension sérielle des actes commis par l’ancien anesthésiste.
Les débats ont aussi révélé un profil psychologique complexe, où la soif de pouvoir et la volonté de nuire à des collègues auraient motivé ses agissements. Les magistrats ont retenu l’argumentaire de l’accusation, qui qualifiait Péchier de « tueur en série » opérant dans un cadre professionnel. Cette qualification a joué un rôle clé dans la sévérité de la peine prononcée, bien que la défense continue de contester sa culpabilité.
Quoi qu’il advienne, ce dossier illustre les défis posés par les affaires de criminalité médicale, où la frontière entre erreur professionnelle et acte criminel peut être ténue. Les prochaines audiences à Lyon s’annoncent déjà comme un nouveau chapitre judiciaire, où les questions de preuve et de responsabilité seront au cœur des débats.
La qualification de « tueur en série » a été retenue par les jurés car Frédéric Péchier a agi de manière répétée et méthodique sur une période de près de dix ans, ciblant des patients via des poches de perfusion polluées. Ses actes visaient à nuire à des confrères, ce qui a renforcé l’idée d’une volonté de domination et de vengeance, typique des profils sériels, selon l’accusation.