Les consommateurs français doivent s’attendre à trouver des fruits et légumes aux calibres réduits, moins esthétiques et à des prix en hausse dans les rayons des supermarchés. Cette situation, directement liée aux épisodes de canicule et de sécheresse qui ont frappé l’agriculture cet été, s’inscrit dans la durée, selon les dirigeants des groupes Coopérative U et Carrefour. D’après BFM Business, les prix des produits frais ont augmenté en moyenne de 13 % cet été, tandis que les récoltes accusent des pertes significatives, notamment pour les pommes de terre et les betteraves sucrières.

Ce qu'il faut retenir

  • Hausse moyenne des prix de 13 % cet été pour les fruits et légumes, selon Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U.
  • Les calibres des fruits et légumes sont nettement plus petits en raison des conditions climatiques défavorables.
  • Les producteurs de pommes de terre prévoient une récolte en repli de 23 % sur un an, avec un rendement au plus bas depuis plus de 30 ans.
  • Les betteraves sucrières voient leur production chuter de 20 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
  • Les distributeurs appellent à la compréhension des consommateurs face à des produits « moins jolis » mais essentiels pour soutenir les agriculteurs.

Des récoltes en baisse et des prix en hausse

La sécheresse et les températures élevées ont lourdement impacté les cultures estivales, entraînant une réduction des volumes disponibles et une hausse des coûts de production. « Les fruits et légumes arrivent dans des calibres et des tailles beaucoup plus petits et leurs prix ont augmenté de 13 %, en moyenne, cet été », a expliqué Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, lors d’un entretien accordé au Parisien. Pour les pommes de terre, la situation pourrait s’avérer « catastrophique », avec des frites promises à un format bien plus réduit. Les pertes financières sont déjà estimées à 400 millions d’euros pour les producteurs de pommes de terre, tandis que les betteraves sucrières affichent un recul de 20 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Des produits « moches » pour sauver les agriculteurs

Face à cette situation, les distributeurs ont dû assouplir leurs cahiers des charges pour accepter des fruits et légumes de moindre apparence, autrefois écartés. « Nous avons assoupli nos critères pour intégrer des calibres plus petits et des produits moins esthétiques, autrefois mis au rebut », précise Schelcher. Cette adaptation permet de limiter le gaspillage tout en soutenant les agriculteurs dans un contexte de rareté accrue. « Nous sommes entrés dans un monde de la rareté, il n’y aura pas des quantités tout le temps sur tout », rappelle-t-il. Un appel à la solidarité est lancé aux consommateurs : « Achetez ces produits, même s’ils sont moins jolis, car vous soutiendrez ainsi les agriculteurs français. »

« Les fruits et légumes sont moches, on va dire, ou plus petits. On a bien compris qu’il va falloir s’y habituer. »
— Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, lors d’une intervention sur RTL

Un impact variable selon les filières

Si les fruits et légumes frais subissent de plein fouet les conséquences de la canicule, d’autres secteurs pourraient bénéficier d’une baisse des prix. Dominique Schelcher souligne que « les prix devraient rester globalement stables » : certains produits, comme ceux liés à l’hygiène, la droguerie, la parfumerie ou les produits d’entretien, pourraient même voir leurs tarifs diminuer. Cette disparité reflète la complexité des chaînes d’approvisionnement agricoles, où certaines filières résistent mieux que d’autres aux aléas climatiques. Les professionnels du secteur appellent désormais à anticiper une période de transition, marquée par une offre moins abondante et des prix volatils.

Et maintenant ?

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour évaluer l’ampleur des dégâts sur les récoltes automnales et hivernales. Les professionnels du secteur agricole pourraient solliciter des aides publiques ou des ajustements réglementaires pour faire face à cette crise. Une chose est sûre : les consommateurs devront composer avec des habitudes d’achat modifiées, privilégiant peut-être des circuits courts ou des circuits de distribution mieux adaptés aux nouvelles réalités climatiques.

Cette situation rappelle l’importance d’une réflexion plus large sur la résilience de l’agriculture française face aux changements climatiques. Des mesures structurelles, comme l’adaptation des variétés cultivées ou l’amélioration des systèmes d’irrigation, pourraient s’imposer comme des priorités dans les années à venir.

La hausse des prix est directement liée aux épisodes de canicule et de sécheresse qui ont réduit les récoltes. Avec moins de produits disponibles, les coûts de production augmentent, ce qui se répercute sur les prix en rayon. Les agriculteurs doivent aussi faire face à des rendements en baisse, notamment pour les pommes de terre et les betteraves.

Les pommes de terre et les betteraves sucrières figurent parmi les cultures les plus affectées. Les producteurs de pommes de terre prévoient une récolte en repli de 23 %, avec un rendement historiquement bas. Les betteraves sucrières voient leur production chuter de 20 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. D’autres fruits et légumes, comme les tomates ou les salades, sont également concernés par des calibres réduits et des prix en hausse.