Selon Top Santé, la multiplication des feux de forêt ces dernières semaines s’accompagne d’un phénomène moins médiatisé mais tout aussi préoccupant : l’irritation des yeux, parfois ressentie à plusieurs centaines de kilomètres des flammes. Les ophtalmologues tirent la sonnette d’alarme, soulignant que ces symptômes peuvent toucher quiconque, même en l’absence de contact direct avec les départs de feu.

Ce qu'il faut retenir

  • Les particules fines issues des incendies peuvent provoquer des irritations oculaires même à distance des zones sinistrées.
  • Ces symptômes incluent rougeurs, picotements et sensation de brûlure, selon les professionnels de santé.
  • Les autorités recommandent des mesures préventives, comme le port de lunettes de protection en extérieur.

Des symptômes oculaires liés à la pollution atmosphérique

Les ophtalmologues observent une hausse des consultations pour des problèmes de sécheresse oculaire et d’irritation, particulièrement dans les régions touchées par des incendies récurrents. « La fumée des feux de forêt contient des particules fines et des composés chimiques qui, une fois en suspension dans l’air, peuvent irriter les muqueuses oculaires », explique le Dr Marie Lefèvre, ophtalmologue à Bordeaux. Ces particules, même transportées par le vent sur de longues distances, pénètrent facilement dans les yeux et provoquent des réactions inflammatoires.

Les régions les plus exposées, comme le sud-est de la France, enregistrent une augmentation des cas depuis le début de l’été. Les autorités sanitaires rappellent que les personnes souffrant de pathologies oculaires préexistantes, comme la conjonctivite chronique, sont particulièrement vulnérables. « Ces irritations peuvent s’aggraver en cas d’exposition prolongée à un air chargé en particules », précise le médecin.

Des mesures simples pour limiter les risques

Face à cette situation, les spécialistes recommandent une série de gestes barrières pour protéger ses yeux. Le port de lunettes de soleil filtrantes, de préférence enveloppantes, est fortement conseillé lors des sorties en extérieur. « Les lunettes de soleil classiques ne suffisent pas toujours, car elles ne protègent pas des particules fines qui s’infiltrent sur les côtés », souligne le Dr Lefèvre. Elle ajoute qu’il est préférable d’éviter de frotter ses yeux, même en cas de démangeaisons, pour limiter les risques d’infection.

L’utilisation de collyres lubrifiants peut également soulager les symptômes. Les ophtalmologues recommandent de les appliquer régulièrement, surtout en cas de vent ou de chaleur accrue, deux facteurs qui favorisent la sécheresse oculaire. Les personnes travaillant en extérieur sont invitées à porter des lunettes de protection adaptées, comme celles utilisées dans les milieux industriels exposés à la poussière.

Un phénomène qui dépasse les frontières des zones sinistrées

Contrairement aux idées reçues, ces irritations ne concernent pas uniquement les riverains des incendies. Les particules fines peuvent voyager sur des centaines de kilomètres, portées par les courants atmosphériques. « En 2023, lors des grands incendies en Gironde, des cas d’irritation oculaire ont été signalés jusqu’en Bretagne », rappelle le Dr Lefèvre. Selon elle, ces déplacements de pollution s’expliquent par la taille réduite des particules, souvent inférieures à 2,5 microns, qui restent en suspension dans l’air pendant plusieurs jours.

Les données de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) confirment cette tendance. En 2025, près de 30 % des signalements d’irritation oculaire en France étaient liés à la pollution atmosphérique, toutes causes confondues. Les incendies de forêt représentaient alors la troisième source de particules fines, derrière le trafic routier et le chauffage domestique.

Et maintenant ?

Les ophtalmologues appellent à une vigilance accrue pendant les périodes de canicule et de vent fort, deux conditions qui favorisent la propagation des particules issues des incendies. Une campagne d’information devrait être lancée à la rentrée par les autorités sanitaires pour sensibiliser le grand public. Par ailleurs, des recherches sont en cours pour évaluer l’impact à long terme de ces expositions répétées sur la santé oculaire.

En attendant, les spécialistes insistent sur l’importance de consulter un ophtalmologue en cas de symptômes persistants. Les traitements locaux, comme les collyres anti-inflammatoires, restent les plus efficaces pour soulager les irritations. Les autorités rappellent également que le respect des consignes de sécurité en cas d’incendie, comme l’évacuation ou le confinement, reste la priorité pour limiter l’exposition aux fumées.

Les symptômes les plus fréquents incluent des rougeurs, une sensation de brûlure, des picotements, une sécheresse oculaire ou une vision floue. Ces signes peuvent apparaître rapidement après une exposition à un air chargé en particules.