Le Trésor américain a refusé d’accréditer plusieurs journalistes américains couvrant le sommet du G20 Finance, selon Le Figaro. Parmi les médias concernés figurent le New York Times, Bloomberg et le Wall Street Journal, une décision qualifiée d’« atteinte à la liberté de la presse » par les rédactions touchées.

Ce qu'il faut retenir

  • Bloomberg n’a reçu aucun laissez-passer pour couvrir la réunion ministérielle à Asheville (Caroline du Nord), d’après un porte-parole cité par l’AFP.
  • Le New York Times a vu son journaliste chargé du Trésor refusé, tandis que seul son chef du bureau de Berlin a obtenu une accréditation.
  • Le Wall Street Journal a également essuyé un refus, selon le quotidien américain.
  • Les autorités américaines justifient la sélection par la nécessité d’une couverture « factuelle » et non « sensationnaliste ».
  • Cette exclusion s’inscrit dans un contexte de tensions entre l’administration Trump et les médias critiques.

Un sommet sous haute tension médiatique et politique

Les ministres des Finances des pays du G20 se réunissent jusqu’à ce mardi à Asheville (Caroline du Nord), dans un climat géopolitique et commercial particulièrement tendu. Selon Le Figaro, cette exclusion de journalistes américains marque une rupture avec les pratiques habituelles d’accréditation. Bloomberg, qui n’a obtenu aucun accès, a dénoncé une décision « portant atteinte à la liberté de la presse et à la transparence vis-à-vis du public », comme le rapporte l’AFP.

Le New York Times, pour sa part, a qualifié la mesure de « tentative flagrante d’échapper au regard du public ». Dans un communiqué, le quotidien américain a souligné que refuser l’accès à une réunion d’intérêt public mondial revenait à priver les citoyens d’informations essentielles. Le Wall Street Journal, bien que mentionné dans les refus, n’a pas encore réagi publiquement, selon les informations disponibles.

Washington invoque l’exigence d’une couverture « factuelle »

Contacté par l’AFP, un porte-parole du Trésor américain a défendu sa position en affirmant avoir accrédité près de 300 journalistes. Il a ajouté que ces derniers bénéficieraient d’un « accès privilégié » aux responsables politiques, tout en exigeant une couverture « factuelle » et conforme aux « normes journalistiques établies ». Pour Washington, cette sélection vise à garantir une information de qualité, loin du « sensationnalisme ».

Pourtant, cette argumentation a été largement contestée par les médias exclus. Bloomberg a rappelé que la mission première du journalisme économique est de rendre compte des décisions publiques, qu’elles soient populaires ou non. De son côté, le New York Times a rappelé que son rôle consistait à interroger le pouvoir, y compris lorsqu’il émane de l’administration en place.

Un épisode révélateur des tensions entre Trump et les médias

Cette exclusion s’inscrit dans la continuité d’une offensive de l’administration Trump contre les médias jugés trop critiques. Dimanche, Donald Trump a annoncé vouloir signaler à la FCC (Federal Communications Commission) une journaliste de la chaîne NBC, en raison de sa couverture des candidats soutenus par l’actuel président. Cette initiative s’ajoute à une série de mesures visant à limiter l’influence des grands médias traditionnels, perçus comme hostiles à sa politique.

Lors d’une apparition devant la presse accréditée, dimanche soir, le ministre américain des Finances Scott Bessent s’est exprimé brièvement aux côtés de Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase. Cet épisode illustre la défiance croissante entre le pouvoir exécutif et les médias, dans un contexte préélectoral déjà tendu pour les élections de mi-mandat.

Et maintenant ?

Les prochaines heures pourraient voir émerger des réactions plus vives de la part des médias exclus, notamment si d’autres refus d’accréditation sont confirmés. La réunion du G20 Finance s’achevant mardi, il reste à observer si les autorités américaines maintiendront leur position ou si des ajustements seront apportés. Par ailleurs, la FCC pourrait se saisir de la plainte déposée par Donald Trump contre la journaliste de NBC, une décision qui pourrait aggraver encore les tensions avec les médias d’investigation.

Dans l’immédiat, la question centrale reste celle de l’équilibre entre transparence publique et contrôle de l’information. Alors que le sommet se poursuit, les observateurs s’interrogent sur la pérennité de cette approche restrictive, dans un pays où la liberté de la presse est constitutionnellement protégée.

Selon les autorités, la sélection vise à garantir une couverture « factuelle » et à éviter le « sensationnalisme ». Un porte-parole du Trésor a indiqué que près de 300 journalistes avaient été accrédités, tout en insistant sur la responsabilité des médias de relayer des informations conformes aux normes journalistiques.