Le constructeur chinois Geely, déjà présent sur le marché automobile européen avec ses véhicules particuliers, fait son entrée discrète mais stratégique sur le segment des utilitaires en France. Selon Frandroid, sa filiale dédiée aux véhicules commerciaux, Farizon, propose désormais deux fourgons électriques : le SV et le V7E. Ces modèles, annoncés avec des tarifs attractifs, débarquent dans un marché français historiquement dominé par les constructeurs locaux, notamment Renault, Peugeot et Citroën.

Ce qu'il faut retenir

  • Le groupe chinois Geely lance deux utilitaires électriques, le Farizon SV et le V7E, en France dès 2026.
  • Les tarifs de ces nouveaux modèles sont présentés comme compétitifs face à l’offre existante.
  • Le marché des utilitaires en France est largement dominé par Renault, Peugeot et Citroën, qui détiennent ensemble plus de 70 % des parts de marché.
  • Cette arrivée intervient dans un contexte de pression réglementaire croissante sur les véhicules thermiques en Europe.

Un nouveau concurrent sur un marché en mutation

Avec l’arrivée du SV et du V7E, Farizon se positionne comme un outsider face aux acteurs historiques du secteur. Selon Frandroid, ces deux modèles visent à séduire les professionnels à la recherche de véhicules électriques adaptés aux besoins logistiques et commerciaux. Leur commercialisation en France s’inscrit dans une stratégie plus large de Geely, qui cherche à élargir sa présence en Europe après avoir marqué le secteur automobile avec ses véhicules particuliers, comme les modèles Volvo ou Polestar.

Le marché des utilitaires en France représente un enjeu majeur, avec plus de 400 000 véhicules vendus chaque année. Renault, Peugeot et Citroën trustent l’essentiel des ventes, grâce à des gammes variées et des réseaux de distribution bien implantés. L’arrivée de Farizon pourrait donc bousculer cet équilibre, d’autant que le contexte réglementaire pousse les entreprises à se tourner vers des solutions plus propres.

Des tarifs compétitifs pour séduire les professionnels

Selon les informations révélées par Frandroid, les prix du SV et du V7E seraient particulièrement agressifs. Le Farizon SV, par exemple, serait proposé à partir de 35 000 euros, tandis que le V7E, plus spacieux, afficherait un tarif d’entrée autour de 42 000 euros. Ces montants, bien que supérieurs à ceux des utilitaires thermiques, restent inférieurs à ceux de certains concurrents directs comme le Renault Kangoo E-Tech ou le Peugeot e-Expert, dont les tarifs dépassent souvent les 45 000 euros.

« Ces tarifs reflètent notre volonté de rendre l’électrique accessible aux professionnels, sans compromis sur la qualité ou les performances », a déclaré un porte-parole de Farizon, cité par Frandroid. La marque met en avant une autonomie de 350 km pour le SV et de 400 km pour le V7E, des chiffres adaptés aux besoins des artisans et des livreurs en milieu urbain ou périurbain.

Un marché sous pression réglementaire

L’arrivée de Farizon en France intervient à un moment charnière pour le secteur des utilitaires. Depuis 2025, l’Union européenne impose des normes de plus en plus strictes en matière d’émissions de CO₂, poussant les constructeurs à accélérer leur transition vers l’électrique. En France, la prime à la conversion et les aides locales encouragent également les professionnels à opter pour des véhicules propres.

Pour autant, le marché reste prudent. « Les entreprises hésitent encore à franchir le pas, notamment en raison du coût d’acquisition et des incertitudes sur l’autonomie réelle des véhicules », explique un analyste du secteur, interrogé par Frandroid. Farizon devra donc compter sur des arguments solides, comme son réseau de recharge étendu ou ses services de maintenance dédiés, pour convaincre les clients.

Et maintenant ?

Farizon prévoit d’étendre progressivement sa gamme en Europe, avec une présence renforcée en Allemagne et en Espagne d’ici fin 2026. Une stratégie qui pourrait forcer les acteurs locaux à réagir, notamment en accélérant leurs propres offres électriques. Reste à voir si les professionnels français seront sensibles aux arguments tarifaires et environnementaux de la marque chinoise.

En attendant, les commandes pour le SV et le V7E sont ouvertes depuis le début du mois de mai 2026, avec des livraisons prévues à partir du troisième trimestre. Une chose est sûre : le marché des utilitaires électriques en France est en train de s’ouvrir à une nouvelle forme de concurrence.

Selon les données fournies par Frandroid, le Farizon SV affiche une autonomie de 350 km en cycle WLTP, tandis que le V7E atteint 400 km. Ces chiffres restent à confirmer dans des conditions réelles d’utilisation, notamment en fonction des charges transportées et des conditions climatiques.

Frandroid indique que Farizon s’aligne sur les dispositifs nationaux et européens, comme la prime à la conversion ou les aides locales. La marque propose également des offres de leasing ou des partenariats avec des loueurs, mais aucun détail spécifique n’a encore été communiqué sur d’éventuelles promotions dédiées.