Les feux de forêt et les évacuations massives qui ont frappé la Gironde cet été pourraient laisser des traces durables sur l’activité économique locale. Selon Libération, de nombreuses entreprises redoutent un bilan désastreux pour le mois d’août, voire pour l’ensemble de la saison touristique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le mois d’août 2026 pourrait ne pas suffire à compenser les pertes subies par les entreprises girondines en raison des incendies et des évacuations.
  • Les secteurs les plus touchés incluent l’hôtellerie, la restauration et les activités liées au tourisme.
  • Les feux ont déjà provoqué des perturbations majeures dans plusieurs communes, notamment dans les zones de Landiras, La Teste-de-Buch et Saint-Magne.
  • Les entrepreneurs évoquent une saison « foutue » en raison de la baisse drastique de fréquentation.

Un impact immédiat sur l’économie locale

Dès le début des incendies en juillet, des milliers de résidents et de touristes ont été contraints d’évacuer, laissant de nombreux commerces et hébergements vides. Les professionnels du secteur touristique, qui représentent une part importante de l’économie girondine, subissent de plein fouet cette crise. « On a perdu 80 % de notre clientèle depuis trois semaines », a déclaré un restaurateur de La Teste-de-Buch à Libération. Autant dire que la saison est déjà compromise.

Les incendies, qui ont ravagé plus de 7 000 hectares depuis le 12 juillet, ont également perturbé les approvisionnements et les livraisons pour les commerces restés ouverts. Les routes coupées et les accès restreints ont rendu les échanges commerciaux particulièrement difficiles, aggravant la situation des entreprises déjà fragilisées.

Des secteurs inégalement touchés

Si le tourisme est le plus exposé, d’autres branches économiques subissent aussi les conséquences des feux. Les artisans et les petites entreprises de BTP, par exemple, voient leurs chantiers ralentis, voire interrompus, en raison des restrictions d’accès aux zones sinistrées. « On ne peut plus travailler normalement, et les clients annulent leurs projets », a expliqué un entrepreneur de Saint-Magne.

Les marchés agricoles locaux, notamment la production de vin et de fruits, commencent également à ressentir les effets indirects des incendies. Les craintes portent sur la qualité des sols et la baisse des rendements, même si les dégâts directs restent encore à évaluer.

Une saison qui pourrait basculer définitivement

Pour les entreprises girondines, le mois d’août est traditionnellement un mois clé, avec une affluence touristique record. Pourtant, cette année, les réservations ont chuté de plus de 60 % par rapport à 2025 dans certaines zones, selon les premières estimations des offices de tourisme. Les professionnels interrogés par Libération estiment que même un rebond en fin de mois ne permettra pas de rattraper les pertes déjà enregistrées.

« On mise sur septembre pour relancer l’activité, mais c’est loin d’être garanti », a souligné un hôtelier d’Arcachon. Les craintes concernent aussi l’image de la destination : après les incendies, certains vacanciers pourraient hésiter à revenir, par précaution.

Et maintenant ?

Les acteurs économiques locaux espèrent que les aides de l’État et des collectivités, annoncées pour la fin du mois, permettront d’atténuer partiellement les conséquences de la crise. Une cellule de crise a été mise en place par la préfecture de Gironde pour évaluer les besoins des entreprises et accélérer les procédures administratives. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si la saison pourra être partiellement sauvée.

Pour l’instant, les entreprises restent en alerte, tout en préparant des plans de relance pour l’automne. La question d’une compensation financière par les assurances se pose également, mais les délais de traitement pourraient prolonger l’incertitude.

Les secteurs les plus touchés sont l’hôtellerie, la restauration, les activités touristiques (parcs, plages) et dans une moindre mesure, l’agriculture (vignobles, vergers) et le BTP, en raison des restrictions d’accès et de la baisse de fréquentation.