Six navires de croisière bloqués dans le golfe Persique depuis le début du conflit en Iran fin février ont finalement pu quitter la zone entre le 17 et le 19 avril dernier. Selon Le Figaro, cette opération périlleuse a permis aux bâtiments de TUI Cruises, MSC, Aroya et Celestyal de reprendre leurs rotations dès ce printemps, après une période d’incertitude prolongée.

Ce qu'il faut retenir

  • Six navires de croisière ont été évacués du golfe Persique entre le 17 et le 19 avril 2026, après près de deux mois de blocage.
  • La réouverture temporaire du détroit d’Ormuz, annoncée par les autorités iraniennes le 17 avril, a permis leur départ.
  • La compagnie grecque Celestyal a joué un rôle central en sécurisant un itinéraire et en convoyant d’autres navires.
  • 80 membres d’équipage sont restés à bord pendant 49 jours sans savoir quand ils pourraient partir.
  • Les prochaines croisières de Celestyal sont reprogrammées en Méditerranée dès le 1er mai.

Une évacuation négociée dans l’urgence

Les six navires, bloqués dans les ports de Dubaï et Doha depuis le début de la guerre en Iran fin février, ont pu s’échapper grâce à une réouverture éphémère du détroit d’Ormuz. Le 17 avril au matin, le Celestyal Discovery est devenu le premier bâtiment de croisière à quitter la zone, ouvrant la voie à un convoi formé le lendemain avec le Celestyal Princess et deux navires de TUI Cruises. Le timing était critique : l’Iran avait repris ses attaques dès le 19 avril, après les déclarations de Donald Trump sur le blocus des ports iraniens.

La navigation s’est déroulée sous haute surveillance. « Nous avons formé un convoi pour les autres navires de TUI et MSC, avec le Celestyal Princess en tête. Nos capitaines étaient en contact permanent avec les autorités des Émirats arabes unis et d’Oman, ainsi qu’avec la Navy américaine », a expliqué Lee Haslett, directeur commercial de Celestyal, au Figaro. Les navires ont privilégié une route longeant les côtes d’Oman pour minimiser les risques.

Celestyal, acteur clé d’une opération complexe

La compagnie grecque, dont la flotte compte seulement deux navires, était particulièrement exposée. Ses deux bâtiments étaient immobilisés à Dubaï, menaçant toute la saison estivale en Grèce. « Cette opération s’est déroulée en deux temps », a détaillé Lee Haslett. Entre fin février et début mars, les passagers et les membres d’équipage non essentiels avaient déjà été évacués vers Oman et l’Arabie saoudite. Mais quatre-vingts marins sont restés à bord pendant 49 jours, sans garantie de départ immédiat.

« Nos capitaines ont demandé aux membres d’équipage s’ils préféraient quitter le navire avant de quitter Dubaï. Personne n’a été contraint de rester, et tous ont choisi de demeurer à bord le temps de l’évacuation », a précisé Lee Haslett. Le Aroya, navire saoudien, a été le dernier à partir, le 19 avril. Il doit rejoindre Djeddah dans les prochains jours.

Un contexte sécuritaire toujours tendu

L’opération n’a pas été sans risques. Plusieurs médias, dont Euronews, ont évoqué des menaces proférées par radio par les autorités iraniennes envers les navires de TUI, sans que la compagnie ne confirme ces informations. D’autres sources ont rapporté une tentative d’attaque contre le Mein Schiff 4 de TUI, là encore sans confirmation officielle. « Tout a été fait pour faire comprendre aux autorités iraniennes que nous étions des bateaux civils de croisière », a souligné un responsable de Celestyal, cité en off par Le Figaro.

Le contexte reste instable pour le trafic maritime dans la région. Un expert maritime interrogé par le journal a pointé « la menace persistante des Houthis au Yémen » comme un nouveau défi pour les compagnies. Celestyal a d’ores et déjà réorganisé ses rotations : les prochains départs en Méditerranée sont prévus dès le 1er et 2 mai, avec des escales en Grèce, en Italie et en Croatie.

Des croisières reprogrammées malgré les défis logistiques

Pour Celestyal, le retour à la normale passe aussi par le rapatriement des équipages évacués. « Il faut faire revenir plus de 800 membres d’équipage pour préparer les bateaux quelques jours avant le premier départ d’Athènes, prévu le 1er mai », a indiqué Lee Haslett. Les deux navires de TUI Cruises, eux, devraient reprendre leurs croisières en Grèce, tandis qu’Aroya prévoit des voyages en Turquie à partir de juin.

Côté MSC, le MSC Euribia devrait retrouver l’Europe du Nord dès le 16 mai, avec un départ de Kiel, suivi d’un autre de Copenhague le 17 mai. La compagnie a confirmé que ces escales étaient maintenues comme prévu initialement, malgré le retard accumulé.

Et maintenant ?

Les compagnies de croisière doivent désormais composer avec une région toujours volatile. Si le détroit d’Ormuz a été temporairement sécurisé, la menace des Houthis au Yémen et les tensions géopolitiques persistantes obligent les opérateurs à adapter leurs stratégies. Celestyal et ses concurrents devront surveiller de près l’évolution des cessez-le-feu et des accords commerciaux pour ajuster leurs plannings. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la durabilité de cette reprise.

Cette évacuation éclair illustre la résilience des acteurs du secteur maritime face aux crises, mais aussi les limites d’une navigation commerciale dans une zone en conflit. Les compagnies devront désormais intégrer davantage de flexibilité dans leurs plans de route, au cas où d’autres fermetures de détroits ou de ports viendraient perturber leurs activités.

Les six navires de croisière étaient immobilisés dans les ports de Dubaï et Doha depuis le début de la guerre en Iran, fin février 2026. Les autorités locales et les compagnies maritimes avaient suspendu les rotations en raison des risques liés au conflit et aux tensions accrues dans la région, notamment dans le détroit d’Ormuz.

Les compagnies impliquées étaient Celestyal Cruises (Grèce), TUI Cruises, MSC Croisières et Aroya (Arabie saoudite). Celestyal a joué un rôle central en sécurisant un itinéraire et en convoyant d’autres navires.