L’émission Good Morning Market, diffusée quotidiennement sur BFM Business, a consacré sa dernière édition du vendredi 26 juin à l’analyse des mouvements boursiers en Europe et aux États-Unis. Parmi les sujets abordés, la publication des résultats de Micron, la quatrième séance consécutive de baisse du Nasdaq, ou encore l’inflation américaine et le renforcement du dollar ont retenu l’attention des intervenants. Selon BFM Business, cette émission, animée par Étienne Bracq, propose chaque jour un décryptage des tendances des marchés avec des experts du secteur financier.
Ce qu'il faut retenir
- Quatrième séance consécutive de baisse pour le Nasdaq, en repli face aux valeurs technologiques
- L’inflation américaine a atteint son plus haut niveau en trois ans, selon les dernières données disponibles
- Micron enregistre une hausse parabolique après ses résultats, malgré un climat d’incertitude sur le S&P 500
- Le dollar s’est raffermi, atteignant un plus haut de 13 mois face aux autres devises
- Rheinmetall et KNDS analysés dans le cadre des portefeuilles recommandés par les experts
- Denis Desclos (AFATE) et Valentin Bissat (Mirabaud AM) ont partagé leurs analyses sur la situation des marchés
Un Nasdaq en difficulté pour la quatrième séance d’affilée
Le Nasdaq, indice phare des valeurs technologiques, a enchaîné une quatrième séance consécutive dans le rouge. Valentin Bissat, chef économiste et stratège au sein de Mirabaud AM, a expliqué cette tendance par le recul des grandes capitalisations technologiques, dans un contexte marqué par des incertitudes persistantes sur la croissance économique. « Les investisseurs restent prudents face aux perspectives de ralentissement aux États-Unis, malgré des résultats microéconomiques globalement solides », a-t-il déclaré. La baisse du Nasdaq s’inscrit dans un mouvement plus large de correction des valorisations élevées, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle.
L’inflation américaine et le dollar, deux facteurs clés pour les marchés
L’inflation aux États-Unis a atteint 4,1 % en mai 2026, son niveau le plus élevé depuis trois ans, selon les chiffres officiels. Cette hausse a alimenté les craintes d’un durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale, même si les anticipations d’un relâchement restent fortes d’ici la fin de l’année. « L’inflation est désormais le principal sujet de préoccupation pour les investisseurs, alors que la Fed tente de trouver un équilibre entre lutte contre l’inflation et soutien à la croissance », a souligné Valentin Bissat. Parallèlement, le dollar s’est renforcé, atteignant un pic de 13 mois face à un panier de devises majeures, ce qui pourrait peser sur les résultats des multinationales européennes.
Micron en tête des valeurs technologiques après des résultats records
Malgré le contexte de tension sur les marchés, le titre Micron a connu une progression spectaculaire après la publication de ses résultats trimestriels. Denis Desclos, président de l’Association française des analystes techniques (AFATE), a analysé cette dynamique : « Micron a su rassurer sur sa capacité à générer des marges solides dans un environnement de demande soutenue pour les puces mémoire, notamment pour l’IA et les data centers ». Cette performance contraste avec l’incertitude qui pèse sur le S&P 500, où les investisseurs hésitent entre prises de bénéfices et recherche de valeurs refuges. Les résultats de Micron, attendus avec impatience par le marché, ont ainsi servi de catalyseur pour l’ensemble du secteur technologique.
Les valeurs de défense Rheinmetall et KNDS sous les projecteurs
Damien Dierickx, gérant chez Exane Asset Management, a présenté une analyse détaillée des titres Rheinmetall et KNDS, deux acteurs majeurs du secteur de l’armement européen. « Ces deux entreprises bénéficient d’un carnet de commandes bien rempli, notamment en raison des tensions géopolitiques persistantes en Europe de l’Est et au Moyen-Orient », a-t-il expliqué. Rheinmetall, en particulier, a vu son cours progresser fortement ces derniers mois, porté par les commandes allemandes et les exportations vers des pays alliés. KNDS, coentreprise franco-allemande, profite quant à elle de la demande croissante en matériel militaire moderne, dans un contexte où les États européens accélèrent leurs investissements dans la défense.
Dette et effet boule de neige : le sujet du jour dans le Club de la Bourse
Dans le cadre du Club de la Bourse, un segment récurrent de l’émission, les intervenants ont abordé le risque d’un effet boule de neige de la dette publique, notamment en Europe. Les experts ont souligné que la combinaison d’une dette élevée et d’une remontée des taux d’intérêt pourrait peser sur les finances des États, avec des conséquences potentielles sur les marchés obligataires et actions. « Les États doivent trouver un équilibre entre relance économique et maîtrise de leur endettement, sous peine de subir une dégradation de leur note souveraine », a rappelé un participant. Ce sujet, déjà récurrent depuis plusieurs mois, prend une dimension particulière avec la hausse des taux et l’inflation persistante.
Perspectives pour les prochains jours : entre prudence et opportunités
Alors que les marchés américains restent sous tension, les analystes de Good Morning Market appellent à la prudence. Valentin Bissat a rappelé que « les prochaines publications de résultats des grandes entreprises technologiques, notamment dans l’IA, seront déterminantes pour confirmer ou infirmer la tendance actuelle ». Côté européen, la baisse du pétrole et la stabilité relative des valeurs industrielles pourraient offrir des opportunités, à condition que la conjoncture géopolitique ne se dégrade pas davantage. Pour les investisseurs, la diversification et la gestion active des risques restent donc de mise.
Pour suivre l’actualité des marchés en temps réel, les auditeurs peuvent retrouver chaque jour Good Morning Market sur BFM Business, ainsi que les podcasts des émissions précédentes pour approfondir les analyses des experts invités.
La quatrième séance consécutive de baisse du Nasdaq s’explique principalement par le repli des grandes valeurs technologiques, dans un contexte d’incertitude économique et de craintes liées à l’inflation aux États-Unis. Les investisseurs restent prudents face aux perspectives de ralentissement de la croissance, malgré des résultats microéconomiques globalement positifs.
Un dollar plus fort pénalise les entreprises européennes exportatrices, dont les revenus en devises locales sont réduits une fois convertis en euros. Il renchérit également le coût des importations de matières premières, comme le pétrole, ce qui peut peser sur la croissance et les marges des entreprises.