Selon Le Figaro, la tension sociale s’intensifie chez EasyJet France, où les syndicats des personnels navigants commerciaux (PNC) ont déposé un préavis de grève. Cette annonce intervient après plusieurs semaines de négociations infructueuses, alors que les discussions sur le régime de retraite complémentaire des PNC avaient jusqu’alors dominé le dialogue avec les pouvoirs publics. Désormais, le conflit s’élargit aux conditions de travail, rendant le mouvement social imminent pour les voyageurs en pleine période estivale.

Ce qu'il faut retenir

  • Un préavis de grève a été déposé par l’ensemble des syndicats représentatifs des PNC chez EasyJet France, malgré les tentatives de dialogue menées depuis plusieurs semaines.
  • Les syndicats dénoncent notamment la réforme du cumul emploi-retraite, entrée en vigueur au 1er janvier 2027, qu’ils jugent défavorable aux spécificités du métier de navigant aérien.
  • Les conditions de travail, comme les plannings jugés ingérables, s’ajoutent aux revendications, rendant la situation « intenable » selon les syndicats.
  • EasyJet France exprime sa « très grande déception » et appelle à des négociations supplémentaires en septembre, tout en insistant sur l’impact potentiellement négatif d’une grève en pleine saison touristique.
  • Aucune date de grève n’a encore été officiellement communiquée, mais les notifications individuelles devront être transmises 48 heures avant tout mouvement.

Une réforme des retraites au cœur des tensions

Le conflit social chez EasyJet France s’enracine dans l’annonce d’une réforme du dispositif de cumul emploi-retraite, applicable à partir du 1er janvier 2027. Les syndicats des PNC, regroupés sous la bannière du Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC-FO), estiment que cette mesure ne prend pas en compte les contraintes uniques du métier. Stéphane Salmon, président du SNPNC-FO, avait expliqué dès le 10 juillet à Le Figaro que « rien n’était encore décidé », tout en soulignant que les discussions avec les pouvoirs publics restaient en cours. « Les navigants ont une obligation de quitter leur emploi à partir d’un certain âge : 55 ans pour les hôtesses et stewards, 60 ans pour les pilotes, avec une éventuelle prolongation soumise à leur état de santé », avait-il rappelé.

Pour les syndicats, ces règles ne constituent pas un avantage, mais une compensation légitime face aux exigences physiques et réglementaires du métier. « Nous ne réclamons jamais rien concernant la pénibilité, car elle est déjà reconnue par notre caisse de retraite et par le Code des transports », avait précisé Stéphane Salmon. Pourtant, malgré plusieurs réunions avec les autorités, les syndicats attendent toujours des garanties concrètes dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

Des revendications qui dépassent le cadre des retraites

Si la réforme des retraites a initialement cristallisé les tensions, les syndicats de PNC chez EasyJet France élargissent désormais leurs revendications. Ils dénoncent une dégradation des conditions de travail, notamment des plannings jugés de plus en plus difficiles à gérer. Une situation que le SNPNC-FO qualifie de « intenable », appelant les équipages à se mobiliser quelques jours avant le dépôt du préavis. L’échec des ultimes tentatives de dialogue, lors d’une réunion organisée le 23 juillet, a finalement conduit à l’annonce d’un mouvement social susceptible de perturber les vols durant les mois de juillet et août.

Contrairement à d’autres mouvements nationaux annoncés par les syndicats de PNC, celui-ci reste circonscrit à EasyJet France, où deux syndicats représentatifs ont durci le ton. Cette fragmentation des actions complique la lisibilité du conflit, mais illustre la frustration croissante des personnels navigants face à une gestion qu’ils jugent de plus en plus éloignée de leurs réalités opérationnelles.

EasyJet France entre déception et appel au dialogue

Interrogée par Le Figaro, la direction d’EasyJet France s’est dite « très déçue » par l’annonce du préavis de grève. « Malgré notre proposition d’ajustements visant à répondre à leurs préoccupations, deux syndicats représentant notre personnel navigant commercial basé en France ont annoncé un projet de mouvement social », a expliqué la compagnie dans un communiqué. EasyJet rappelle que de nouvelles négociations sont prévues en septembre et exhorte les syndicats à « renoncer à cette action contreproductive à une période aussi importante de l’année pour nos clients ».

À ce stade, aucune date précise n’a été communiquée pour la grève. L’impact réel du mouvement ne pourra être évalué qu’après réception des notifications individuelles des salariés, obligatoires 48 heures avant leur participation éventuelle, conformément à la législation française. En attendant, la compagnie invite ses clients à « ne prendre aucune mesure pour l’instant » et promet de les contacter directement dès que des précisions seront disponibles.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des réactions des syndicats et de la capacité d’EasyJet France à proposer des concessions concrètes. Une nouvelle session de négociations est prévue en septembre, mais le temps presse : la période estivale, cruciale pour le trafic aérien, pourrait être fortement perturbée si un accord n’est pas trouvé d’ici la fin août. Les passagers sont donc invités à suivre de près les annonces de la compagnie, qui s’est engagée à les informer en temps réel des éventuelles perturbations.

Cette grève annoncée chez EasyJet France s’inscrit dans un contexte plus large de tensions sociales au sein du secteur aérien. Alors que les syndicats des PNC avaient jusqu’alors privilégié le dialogue avec le gouvernement sur la question des retraites, le conflit prend désormais une dimension plus large, mêlant revendications professionnelles et mécontentement face aux conditions de travail. Reste à savoir si les prochaines négociations, prévues en septembre, parviendront à apaiser les esprits ou si, au contraire, le préavis de grève se transformera en un mouvement concret affectant des milliers de voyageurs cet été.

Le préavis de grève a été déposé par l’ensemble des syndicats représentatifs des personnels navigants commerciaux (PNC) chez EasyJet France. Parmi eux, le Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC-FO), dirigé par Stéphane Salmon, joue un rôle central dans l’organisation du mouvement.

La compagnie a indiqué qu’elle ne prendrait aucune mesure de son côté dans l’immédiat, mais qu’elle contacterait directement les clients potentiellement affectés dès que des précisions sur le mouvement social seront disponibles. Les passagers sont donc invités à surveiller leurs emails et notifications de la compagnie.