La direction générale de Kering, dirigée par Luca de Meo, fait face à une mobilisation sociale croissante en Italie. Selon BFM Business, les principaux syndicats italiens appellent à une journée de grève nationale le 20 mai dans toutes les filiales du groupe. Cette action s’inscrit dans le cadre de la contestation du plan de réorganisation « ReconKering », dénoncé pour son manque de transparence et ses conséquences sur l’emploi.
Ce qu'il faut retenir
- Une grève nationale est prévue le 20 mai 2026 en Italie pour protester contre le plan « ReconKering » de Kering, jamais présenté aux partenaires sociaux.
- Chez Alexander McQueen, près de 20 % des postes (soit environ 55 suppressions) seront supprimés dans le cadre de cette restructuration.
- Le groupe a déjà fermé 55 magasins en 2025, dont 26 boutiques Gucci, dans le cadre de sa stratégie de recentrage.
- Luca de Meo justifie ces mesures par la nécessité de « restaurer les marges » du groupe et de doubler sa rentabilité opérationnelle.
- Kering, propriétaire de marques comme Gucci, Bottega Veneta et Saint Laurent, n’a pas réagi aux critiques syndicales.
Un plan de réorganisation contesté et jamais dévoilé
Le plan « ReconKering », piloté par Luca de Meo depuis son arrivée à la tête de Kering en septembre 2025, cristallise les tensions. Selon les syndicats italiens, ce plan stratégique n’a « jamais été présenté » aux partenaires sociaux, malgré les suppressions de postes et les fermetures de magasins annoncées. « Cette décision fait suite au refus de la direction de discuter d’un plan de réorganisation à l’échelle du groupe », ont déclaré les syndicats dans un communiqué, citant notamment les 54 suppressions de postes chez Alexander McQueen.
Pour les organisations syndicales, cette absence de dialogue social est inacceptable. Elles dénoncent une stratégie menée « sans concertation », alors que les conséquences sur l’emploi se multiplient. Le groupe Kering, dont le siège est en France, n’a pas souhaité réagir à ces critiques, confirmant ainsi le climat de tension qui entoure cette restructuration.
Des suppressions de postes massives chez Alexander McQueen
Chez Alexander McQueen, la restructuration prend une ampleur particulière. Le groupe prévoit la suppression de près de 20 % des effectifs, soit environ 55 postes selon les syndicats. La marque justifie cette décision par la volonté de « ramener la maison à une rentabilité durable » d’ici trois ans. Pour y parvenir, Kering mise sur une « simplification des opérations » et une réduction de la complexité sur certains marchés internationaux.
Cette stratégie s’inscrit dans une logique plus large de recentrage du groupe. Depuis 2025, Kering a déjà fermé 55 magasins dans le monde, dont 26 boutiques Gucci. Cette réduction du réseau de distribution s’accompagne d’une volonté de recentrer les investissements sur des segments jugés plus porteurs, comme la joaillerie. Une approche que Luca de Meo défend comme « pragmatique », bien que coûteuse socialement.
Une stratégie de redressement aux résultats incertains
Luca de Meo assume une ligne de conduite résolument orientée vers la performance financière. Depuis son arrivée, il affiche comme objectif de doubler les marges opérationnelles de Kering. Pour y parvenir, le dirigeant mise sur une simplification de l’organisation, une optimisation du réseau de distribution et un recentrage sur des activités plus rentables. « La performance de Kering demeure en deçà de celle du marché, cela renforce ma détermination à agir à tous les niveaux de l’entreprise », déclarait-il dès sa prise de fonction.
Pourtant, cette stratégie divise. Si les actionnaires pourraient y trouver leur compte, les syndicats et une partie des salariés dénoncent un manque de vision à long terme. Les fermetures de magasins et les suppressions de postes, bien que justifiées par la nécessité de restaurer la rentabilité, risquent d’affaiblir l’image de certaines marques, à l’image d’Alexander McQueen, dont l’héritage créatif est souvent associé à des collections emblématiques.
« Il faut que Gucci refasse du Gucci » : pour redresser sa marque phare, le patron de Kering Luca de Meo veut prendre le temps, car « le luxe, c’est avant tout de bien faire les choses ».
Un contexte économique tendu pour le secteur du luxe
Cette restructuration intervient dans un contexte économique difficile pour le secteur du luxe. Après deux décennies d’expansion marquée par l’ouverture de nombreux magasins à l’international, les groupes comme Kering doivent désormais composer avec un ralentissement de la demande, notamment en Chine et en Europe. La stratégie de recentrage adoptée par Kering s’inscrit donc dans une tendance plus large du secteur, où les marques cherchent à optimiser leurs coûts tout en maintenant leur attractivité.
Pour autant, les résultats de cette politique restent à prouver. Les investisseurs, bien que sensibles aux objectifs de rentabilité affichés par Luca de Meo, semblent sceptiques. « ReconKering, le plan de Luca de Meo pour doubler la rentabilité de Kering, n’emballe guère la Bourse », soulignait récemment BFM Business. Une prudence qui s’explique par l’absence de garantie que ces mesures suffiront à relancer durablement le groupe.
Reste à voir si le plan « ReconKering » parviendra à atteindre ses objectifs. D’ici là, les tensions sociales pourraient s’aggraver, notamment si d’autres suppressions de postes ou fermetures de magasins sont annoncées. Pour les salariés concernés, comme pour les observateurs du secteur, l’enjeu est double : économique d’un côté, social de l’autre.
Selon BFM Business, l’appel à la grève est porté par les principaux syndicats italiens de Kering, bien que leurs noms exacts ne soient pas précisés dans les informations disponibles. Ces organisations dénoncent le manque de dialogue autour du plan « ReconKering » et les suppressions de postes massives.
Si les suppressions de postes et les fermetures de magasins sont particulièrement visibles chez Alexander McQueen, le plan « ReconKering » touche l’ensemble du groupe. Gucci, principale marque de Kering, est également concernée par la réduction du réseau de distribution, avec la fermeture de 26 de ses boutiques en 2025.