Alors que le groupe Kering, maison mère de Gucci, peine à reconquérir ses parts de marché, Frédéric Rozier, co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, a livré une analyse sans concession sur la marque italienne lors de son passage à l’antenne de BFM Business, ce jeudi 16 avril 2026. Selon lui, pour que Gucci redevienne désirable, la maison devra impérativement revoir sa stratégie actuelle et « arrêter de l’être pour tout le monde ». Une prise de position qui intervient dans un contexte où le secteur du luxe, bien que résilient, reste fragilisé par les tensions géopolitiques et les incertitudes économiques.
Ce qu'il faut retenir
- Gucci doit adopter une stratégie de rareté pour retrouver son attractivité, selon Frédéric Rozier de Mirabaud.
- Kering, le groupe propriétaire de Gucci, peine à reconquérir ses parts de marché face à une concurrence accrue.
- Frédéric Rozier a également abordé la supériorité de la Bourse de Taïwan par rapport à celle du Royaume-Uni.
- Les marchés financiers restent résilients malgré le conflit géopolitique en cours.
- L’émission BFM Bourse est diffusée du lundi au vendredi sur BFM Business, présentée par Guillaume Sommerer.
Une stratégie de rareté comme levier de reconquête
Frédéric Rozier n’a pas mâché ses mots pour décrire la situation actuelle de Gucci. Pour le co-responsable de la gestion de portefeuille chez Mirabaud, la marque italienne a perdu en désirabilité en s’adressant à une clientèle trop large. « Si Gucci veut redevenir désirable, il devra arrêter de l’être pour tout le monde », a-t-il déclaré. Une analyse qui rejoint les difficultés rencontrées par Kering, dont les résultats récents ont déçu les investisseurs. La marque, autrefois symbole d’excellence et d’exclusivité, se trouve aujourd’hui concurrencée par des acteurs plus accessibles, tout en peinant à séduire les consommateurs les plus exigeants.
Cette stratégie de rareté, si elle était mise en œuvre, pourrait permettre à Gucci de retrouver une identité forte et une image premium. Frédéric Rozier a souligné que cette approche avait déjà fait ses preuves pour d’autres maisons de luxe, comme Hermès ou LVMH avec ses marques haut de gamme. « La rareté crée du désir, et le désir génère de la valeur », a-t-il rappelé. Une position qui s’inscrit dans un contexte où le marché du luxe reste dynamique, mais où les attentes des consommateurs évoluent rapidement.
Kering dans la tourmente : entre perte de parts de marché et concurrence accrue
La maison mère de Gucci, Kering, traverse une période difficile. Les résultats financiers publiés ces derniers mois ont été en deçà des attentes, reflétant une perte de vitesse de la marque phare du groupe. Frédéric Rozier a évoqué cette situation en soulignant que Kering peinait à reconquérir ses parts de marché face à une concurrence de plus en plus féroce. Des marques comme Chanel, Dior ou encore Richemont grignotent des parts de marché, tandis que les consommateurs, notamment les plus jeunes, se tournent vers des alternatives plus accessibles ou plus innovantes.
Le groupe, qui mise traditionnellement sur des marques comme Gucci, Saint Laurent ou Balenciaga, doit désormais faire face à des défis structurels. La stratégie de diversification, autrefois perçue comme un atout, semble aujourd’hui moins efficace face à la montée en puissance de marques émergentes et à la sensibilité accrue des consommateurs aux enjeux environnementaux et sociaux. Frédéric Rozier a indiqué que cette situation nécessitait une réflexion profonde sur la gouvernance et la gestion des marques au sein du groupe.
Marchés financiers : résilience et perspectives contrastées
Lors de son intervention, Frédéric Rozier a également partagé son analyse des marchés financiers, abordant notamment la supériorité de la Bourse de Taïwan par rapport à celle du Royaume-Uni. Selon lui, Taïwan bénéficie d’un écosystème plus dynamique, soutenu par des secteurs technologiques en pleine expansion, tandis que le marché britannique reste freiné par l’incertitude politique post-Brexit et une croissance atone. Une comparaison qui illustre les disparités entre les places financières mondiales, dans un contexte où les tensions géopolitiques continuent de peser sur les investissements.
Malgré ces incertitudes, les marchés financiers restent globalement résilients. Frédéric Rozier a souligné que les investisseurs avaient su s’adapter aux chocs géopolitiques récents, comme le conflit au Moyen-Orient ou les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. « Les marchés ont une capacité de résilience qui est souvent sous-estimée », a-t-il précisé. Une analyse qui rejoint celle d’autres experts, pour qui la volatilité reste un paramètre à intégrer dans toute stratégie d’investissement.
L’émission BFM Bourse : un rendez-vous quotidien pour décrypter l’actualité financière
Frédéric Rozier est intervenu dans le cadre de l’émission BFM Bourse, présentée par Guillaume Sommerer et diffusée chaque jour de la semaine sur BFM Business. Ce programme, qui s’adresse aux investisseurs et aux passionnés de finance, propose des analyses, des interviews d’experts et des chroniques sur les tendances des marchés. Parmi les sujets abordés ce jeudi 16 avril figuraient également une chronique sur les raisons pour lesquelles une action peut baisser malgré une hausse de ses profits, ainsi qu’une analyse des records à Wall Street et des performances du titre TSMC.
L’émission, qui s’inscrit dans une logique pédagogique, permet aux téléspectateurs de mieux comprendre les mécanismes des marchés financiers. Les chroniques de Julie Jourdan, Julie Cohen-Heurton ou encore Anthony Petitpas, alias « AnthoBourse », apportent un éclairage complémentaire sur des sujets variés, allant de l’analyse technique aux tendances macroéconomiques. Un format qui confirme l’intérêt croissant des Français pour la finance et l’investissement, dans un contexte où l’épargne et la gestion de patrimoine deviennent des enjeux majeurs.
Frédéric Rozier a conclu son intervention en rappelant que la finance, comme le luxe, reste un secteur où la patience et la discipline sont des vertus essentielles. Une maxime qui s’applique autant aux investisseurs qu’aux marques en quête de renaissance.
Les principaux concurrents de Gucci incluent des marques comme Chanel, Dior, Louis Vuitton (LVMH), Prada, Hermès et Richemont. Ces enseignes se disputent les parts de marché dans un secteur en pleine transformation, où l’exclusivité et l’innovation sont devenues des critères déterminants pour les consommateurs.
