Un cadre d’accord entre les États-Unis et l’Iran, visant à prolonger le cessez-le-feu et à relancer les négociations sur le programme nucléaire iranien, attend toujours l’approbation finale de Donald Trump, selon Le Figaro. Cet accord, qui pourrait être validé dans les prochaines heures, prévoit notamment un accès « illimité » au détroit d’Ormuz pour une durée de soixante jours, ainsi que la levée progressive du blocus américain sur les ports iraniens et une suspension partielle des sanctions pour permettre à Téhéran de vendre du pétrole.
Ce qu'il faut retenir
- Un mémorandum d’entente de 60 jours a été conclu entre les États-Unis et l’Iran, mais son approbation finale par Donald Trump reste en suspens, comme le rapporte Le Figaro.
- Le cadre d’accord prévoit un accès « illimité » au détroit d’Ormuz, impliquant le retrait des mines iraniennes et la levée partielle du blocus maritime américain.
- Dans la nuit du 27 au 28 mai 2026, les États-Unis ont mené des frappes dans le sud de l’Iran, ciblant une base au sol et abattant quatre drones considérés comme une menace pour la navigation dans le détroit d’Ormuz.
- L’Iran a riposté en visant une base américaine et en tirant des missiles et drones vers le Koweït, ce qui a été condamné par les autorités koweïtiennes comme une « escalade dangereuse ».
- Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé une « riposte ferme » en cas de nouvelle attaque américaine, tandis que le guide suprême Mojtaba Khamenei a accusé Washington et Israël de vouloir « mettre la nation à genoux ».
- En parallèle, Israël a intensifié ses opérations au Liban et en Syrie, malgré la trêve en vigueur, avec des frappes ciblées et des déclarations de « zones de combat » dans le sud du Liban.
Un accord en attente de validation par Trump
Selon Le Figaro, Washington et Téhéran seraient parvenus à un accord de principe pour prolonger le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril 2026 et entamer des discussions sur le programme nucléaire iranien. Ce mémorandum d’entente, qui doit encore recevoir l’aval du président américain Donald Trump, s’articule autour de trois axes principaux : la levée progressive des sanctions américaines en échange d’un accès « illimité » au détroit d’Ormuz, la suspension du blocus maritime sur les ports iraniens, et la reprise des exportations pétrolières iraniennes.
Pour autant, cet accord reste conditionnel. Les États-Unis exigent que l’Iran retire toutes les mines posées dans le détroit d’Ormuz et garantisse la libre circulation maritime, une exigence qui pourrait être difficile à satisfaire dans un contexte de méfiance réciproque. Axios, cité par Le Figaro, précise que le Trésor américain lèverait partiellement ses sanctions si Téhéran démontrait sa bonne foi en rétablissant l’accès au détroit.
Des frappes et des ripostes en cascade au Moyen-Orient
Dans la nuit du 27 au 28 mai 2026, l’armée américaine a mené une nouvelle série de frappes dans le sud de l’Iran, ciblant une base au sol à Bandar Abbas et abattant quatre drones iraniens considérés comme une menace pour la navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon un responsable américain cité par Le Figaro, ces frappes étaient « mesurées, uniquement défensives et destinées à maintenir le cessez-le-feu », bien que Téhéran les ait qualifiées de « violation flagrante » de l’accord en vigueur.
En représailles, les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé avoir visé une base américaine, sans préciser laquelle. Le Koweït, qui a subi des attaques de drones et de missiles attribués à l’Iran, a dénoncé une « escalade dangereuse » et condamné fermement ces actions, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères koweïtien. L’Iran, de son côté, a justifié ses frappes en invoquant la nécessité de défendre sa souveraineté, après des déclarations de Donald Trump menaçant de « pulvériser » Oman s’il coopérait avec Téhéran pour contrôler le détroit d’Ormuz.
Israël accentue la pression malgré la trêve
Alors que les négociations entre Washington et Téhéran se poursuivent, Israël a intensifié ses opérations militaires au Liban et en Syrie. Dans la matinée du 28 mai, l’armée israélienne a mené une frappe ciblée à Beyrouth, visiblement un appartement situé au sud de la capitale, bastion du Hezbollah pro-iranien. Selon une source militaire libanaise citée par l’AFP, ces frappes ont fait au moins onze morts et vingt et un blessés dans le sud du Liban, où Israël a désigné une grande partie du territoire comme « zone de combat ».
Par ailleurs, l’armée israélienne a annoncé avoir tué Mohammed Odeh, le nouveau chef de la branche armée du Hamas, lors d’une frappe à Gaza, malgré le cessez-le-feu censé être en vigueur depuis octobre 2025. Ces actions montrent que, malgré les progrès diplomatiques, les tensions militaires persistent sur plusieurs fronts, avec des risques d’escalade incontrôlable.
L’Iran reconstitue ses capacités militaires
Selon CNN, cité par Le Figaro, l’Iran reconstitue activement son arsenal de missiles malgré les frappes israéliennes et américaines de ces dernières semaines. Des images satellites révèlent que Téhéran a utilisé des bulldozers et des camions-bennes pour rétablir l’accès à ses bases militaires, endommagées lors des frappes précédentes. Ces images confirment que, malgré les pertes subies, le régime iranien maintient sa capacité à mobiliser rapidement ses forces, un signal fort envoyé à Washington et à ses alliés régionaux.
En parallèle, les États-Unis ont annoncé vouloir bloquer les opérations des compagnies aériennes iraniennes, en coupant leur accès aux sites d’atterrissage, au ravitaillement en carburant et à la vente de billets. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a précisé sur X que cette mesure visait à « augmenter la pression sur les autorités de Téhéran ».
La réaction internationale et les enjeux économiques
La hausse des tensions au Moyen-Orient a eu un impact immédiat sur les marchés financiers. Les Bourses européennes ont terminé la journée en repli, avec des pertes allant jusqu’à 0,75 % à Londres et 0,23 % à Paris, en raison des incertitudes liées aux négociations et à l’inflation persistante aux États-Unis. Les cours du pétrole, quant à eux, ont progressé de plus de 2 % en matinée, frôlant les 96 dollars le baril pour le Brent, un niveau qui reste en dessous de la barre symbolique des 100 dollars grâce à l’espoir d’un accord entre Washington et Téhéran.
De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé qu’il n’était « dans l’intérêt de personne » que la guerre entre l’Iran et les États-Unis se poursuive, alors que Donald Trump agite le spectre d’une reprise des hostilités en cas d’échec des négociations. Lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Limassol, elle a souligné que la région se trouvait « dans une zone très dangereuse entre la guerre et la paix ».
Une autre échéance à surveiller est la réaction de l’Union européenne, qui a récemment imposé des sanctions contre des colons extrémistes israéliens en Cisjordanie, une décision vivement critiquée par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Ces mesures, bloquées pendant des mois par la Hongrie, pourraient compliquer encore davantage les relations entre Israël et ses alliés traditionnels.
Enfin, la situation humanitaire dans la région reste préoccupante. Au Liban, les frappes israéliennes ont déjà fait des dizaines de victimes civiles, tandis qu’au Yémen, la mort de l’ex-président Abd Rabbo Mansour Hadi, survenue jeudi à Ryad, rappelle l’instabilité chronique qui règne dans le pays. Ces éléments soulignent que, malgré les avancées diplomatiques, les défis humanitaires et sécuritaires restent immenses.
Le détroit d’Ormuz est une voie maritime essentielle, par laquelle transite près de 20 % du pétrole mondial. Tout blocage ou restriction d’accès dans cette zone aurait des répercussions immédiates sur les prix de l’énergie et l’économie mondiale. C’est pourquoi les États-Unis et leurs alliés insistent pour garantir un passage « illimité », alors que l’Iran cherche à renforcer son contrôle sur cette route stratégique.