Alors que le conflit au Moyen-Orient s’éternise depuis près de trois mois, les entreprises françaises commencent à ressentir les premières conséquences économiques, malgré l’absence de ruptures majeures d’approvisionnement à ce stade. Selon Le Figaro, les industriels s’inquiètent de plus en plus des hausses de prix et de la volatilité des coûts, alors que la durée du conflit augmente les risques de perturbations futures.

Les craintes initiales portaient principalement sur d’éventuelles ruptures d’approvisionnement en pétrole et produits pétroliers, notamment après la fermeture du détroit d’Ormuz. Pourtant, comme l’a souligné Patrick Martin, président du Medef, dans un entretien accordé à L’Usine nouvelle le 4 mai, « il y a une grosse alerte sur l’activité ». Autant dire que la situation reste sous haute surveillance.

Ce qu'il faut retenir

  • Le conflit au Moyen-Orient, qui a débuté le 28 février, n’a pas encore provoqué de ruptures d’approvisionnement majeures en Europe, malgré la fermeture du détroit d’Ormuz.
  • Les entreprises françaises subissent cependant des hausses de prix significatives sur certains produits, notamment énergétiques, et ces tensions devraient s’aggraver avec la prolongation du conflit.
  • Thierry Le Hénaff, PDG du chimiste Arkema, a confirmé l’absence de rupture physique dans les approvisionnements, tout en reconnaissant des « enjeux de hausse de prix ».
  • Les risques de pénurie pourraient augmenter si le conflit s’éternise, mettant en péril les chaînes logistiques mondiales.

Des hausses de prix déjà sensibles, mais pas de pénuries avérées

Malgré l’absence de ruptures d’approvisionnement signalées à ce jour, les entreprises françaises subissent déjà des répercussions économiques. Selon Thierry Le Hénaff, PDG du groupe Arkema, interrogé lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe le 6 mai, « jusqu’à présent, nous avons réussi à traverser cette crise sans aucune rupture d’approvisionnement ». Une déclaration qui confirme que, pour l’instant, les craintes initiales ne se sont pas concrétisées.

Pourtant, les tensions sur les prix se font déjà sentir. Certains secteurs, comme la chimie ou l’énergie, dépendent fortement des importations en provenance du Moyen-Orient. « Il y a des enjeux de hausse de prix, mais pas de rupture physique », a précisé Patrick Martin, mettant en garde contre l’impact cumulé d’une guerre prolongée. Les prix du pétrole et de ses dérivés, par exemple, pourraient continuer à fluctuer en fonction de l’évolution du conflit.

Un conflit qui s’installe dans la durée, un risque pour les chaînes d’approvisionnement

Le conflit, qui a débuté il y a plus de deux mois, a déjà modifié les équilibres géopolitiques et économiques dans la région. La fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour le transport maritime, avait initialement suscité des craintes de blocage des exportations de pétrole iranien. Si cette menace ne s’est pas matérialisée, elle a rappelé la vulnérabilité des routes commerciales mondiales.

« Plus le conflit dure, plus les risques de pénurie augmentent », a averti Patrick Martin. Les entreprises, notamment celles dépendantes de matières premières en provenance du Moyen-Orient, se préparent à des scénarios de plus en plus contraignants. Certains groupes ont déjà dû adapter leurs lignes de production, à l’image de ceux qui ont temporairement interrompu certaines activités pendant quelques jours pour anticiper d’éventuelles perturbations.

Les secteurs les plus exposés face à la volatilité des marchés

Plusieurs industries sont particulièrement vulnérables aux conséquences de ce conflit. Le secteur de la chimie, déjà fragilisé par la hausse des coûts énergétiques, pourrait voir ses marges encore comprimées si les prix des matières premières continuent de grimper. Thierry Le Hénaff a ainsi confirmé que son groupe surveillait de près l’évolution des coûts, tout en soulignant que les approvisionnements restaient stables.

D’autres secteurs, comme l’agroalimentaire ou la pharmacie, pourraient aussi être touchés indirectement. Par exemple, le safran iranien, qui assure 90 % de la production mondiale, voit déjà son prix augmenter en raison des tensions. Une hausse qui pourrait se répercuter sur les coûts de production pour les entreprises françaises utilisant cette épice.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel du conflit sur l’économie française. Les entreprises, déjà sous pression, pourraient être contraintes de revoir leurs stratégies d’approvisionnement si les tensions persistent. Les prochaines annonces des grands groupes industriels, attendues d’ici la fin du mois de mai, pourraient apporter des éclairages supplémentaires sur l’ampleur des hausses de prix et des ajustements opérationnels.

En parallèle, les pouvoirs publics pourraient être amenés à proposer des mesures de soutien ciblées pour limiter l’impact sur les secteurs les plus exposés. Une réunion entre représentants patronaux et gouvernement est d’ailleurs envisagée dans les prochains jours pour faire un point sur la situation.

Dans ce contexte, l’incertitude reste de mise. Si les chaînes d’approvisionnement tiennent pour l’instant, la persistance du conflit pourrait, à terme, entraîner des ajustements structurels dans les stratégies industrielles. Les entreprises devront donc composer avec une équation complexe : gérer les coûts immédiats tout en préparant des plans de continuité en cas de dégradation de la situation.

Les secteurs les plus exposés sont ceux dépendant de l’énergie et des matières premières en provenance du Moyen-Orient, comme la chimie, la pharmacie ou l’agroalimentaire. Le safran, dont l’Iran assure 90 % de la production mondiale, voit déjà son prix augmenter. Les coûts énergétiques, notamment ceux liés au pétrole, restent également sous haute tension.