La Coupole du Palais de l’Institut de France, d’ordinaire réservée aux peintres, sculpteurs ou musiciens, a accueilli ce mercredi 20 mai après-midi une figure aussi inattendue qu’emblématique de la gastronomie française : le chef trois étoiles Guy Savoy. Selon Le Figaro, celui qui dirige notamment le restaurant parisien de la Monnaie a été officiellement installé au fauteuil V de la section des membres libres de l’Académie des beaux-arts, un fauteuil autrefois occupé par Michel David-Weill, décédé en 2022. Une cérémonie solennelle, suivie d’un discours et de la remise de son épée d’académicien, a réuni sous les dorures du bâtiment un aréopage de personnalités venues célébrer cette première historique.

Ce qu’il faut retenir

  • Guy Savoy devient le premier chef cuisinier à siéger à l’Académie des beaux-arts en plus de deux siècles d’existence de l’institution.
  • Son élection, validée par Emmanuel Macron, avait été officialisée dès novembre 2024, mais c’est ce 20 mai 2026 qu’il a été officiellement installé.
  • La cérémonie s’est déroulée sous la Coupole de l’Institut de France, en présence de personnalités issues des mondes de l’art, du spectacle et de l’industrie.
  • Parmi les invités figuraient notamment Mylène Farmer, Julien Clerc, Roselyne Bachelot, Jean Todt, Fabien Galthié ou encore Brad Lewis, producteur du film Ratatouille qui avait sollicité ses conseils pour son scénario.

Une consécration pour la gastronomie française

L’élection de Guy Savoy à l’Académie des beaux-arts marque un tournant symbolique pour la gastronomie, une discipline encore trop souvent perçue comme mineure au sein des institutions culturelles traditionnelles. Selon Le Figaro, l’académicien a été élu dès novembre 2024, avant d’être confirmé par le président de la République Emmanuel Macron, qui a donné son aval à cette entrée inédite. Si Guy Savoy assistait déjà aux séances depuis plusieurs mois, c’est donc sous la Coupole, devant un public en habits de cérémonie, qu’il a été officiellement intronisé ce 20 mai.

La remise de son épée d’académicien, tradition immémoriale de l’institution, a scellé cette nomination. Une épée qui, comme celle de ses prédécesseurs, porte les symboles de son engagement : la cuisine, l’excellence, mais aussi une forme de transmission, celle d’un savoir-faire français reconnu dans le monde entier.

Un aréopage de stars et d’influenceurs

La cérémonie a réuni une assemblée aussi éclectique que prestigieuse. On y comptait des artistes comme Mylène Farmer, Julien Clerc ou Line Renaud, des figures du sport avec Jean Todt et Fabien Galthié, des industriels comme Delphine Arnault et Xavier Niel, mais aussi des chefs cuisiniers comme Pierre Hermé, Alain Dutournier ou Marc Haeberlin. Brad Lewis, producteur américain du film d’animation Ratatouille, était également présent : il avait sollicité Guy Savoy pour nourrir le scénario de son long-métrage, une collaboration qui avait marqué les esprits dans le milieu gastronomique.

Cette diversité de profils reflète l’influence de Guy Savoy bien au-delà des frontières de la restauration. Son parcours, son engagement pour la transmission du patrimoine culinaire français, et son rayonnement international en ont fait une figure incontournable, capable de fédérer bien au-delà de son secteur d’origine.

La gastronomie à l’Académie : une reconnaissance tardive mais symbolique

Si l’élection de Guy Savoy marque une première, elle s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance de la gastronomie comme art à part entière. Depuis des décennies, des institutions comme le Guide Michelin ou l’UNESCO ont œuvré pour faire de la cuisine française un patrimoine culturel immatériel. L’Académie des beaux-arts, institution centenaire, avait jusqu’ici ignoré cette dimension, malgré l’existence de liens historiques entre art et alimentation.

Cette élection pourrait ouvrir la voie à d’autres figures de la gastronomie, estime un observateur cité par Le Figaro. — D’autres grands chefs pourraient en effet être tentés par une candidature, à condition que l’institution accepte de poursuivre cette ouverture. Pour l’heure, Guy Savoy reste un cas isolé, mais son parcours pourrait servir d’exemple.

Et maintenant ?

Guy Savoy devrait désormais siéger régulièrement à l’Académie des beaux-arts, participant aux débats et aux travaux de la section des membres libres. Si aucun calendrier n’a encore été annoncé, ses futures interventions pourraient porter sur des thèmes comme l’innovation culinaire, la transmission des savoir-faire ou encore le rôle de la gastronomie dans la diplomatie culturelle française. Une chose est sûre : son élection pourrait inspirer d’autres grands noms de la cuisine à suivre son exemple, à condition que l’institution maintienne cette ouverture.

Reste à voir si cette première sera suivie d’autres nominations dans les années à venir. Pour l’instant, Guy Savoy incarne seul cette reconnaissance inédite, mais son parcours pourrait bien faire des émules. Une chose est certaine : sous la Coupole, ce 20 mai, la gastronomie française a enfin trouvé sa place.

Michel David-Weill (1932-2022) était un banquier et mécène français, figure majeure de la finance internationale. Ancien président de Lazard Frères, il était également collectionneur d’art et membre influent de plusieurs institutions culturelles. Son fauteuil à l’Académie des beaux-arts est désormais occupé par Guy Savoy.