La sélection russe de gymnastique rythmique a annoncé, vendredi 26 juin 2026, son retrait de l’étape de Coupe du monde organisée ce week-end à Cluj-Napoca, en Roumanie. Selon Franceinfo - Sport, cette décision fait suite à l’annonce des autorités locales de Cluj-Napoca refusant de hisser le drapeau russe et de jouer son hymne national en cas de victoire des gymnastes russes. Depuis fin mai 2026, la fédération internationale World Gymnastics a pourtant autorisé les athlètes russes et biélorusses à concourir sous leurs couleurs nationales.
Ce qu'il faut retenir
- La Russie renonce à participer à l’étape de Coupe du monde de gymnastique rythmique à Cluj-Napoca (Roumanie), prévue les 28 et 29 juin 2026, après que les autorités locales ont refusé de respecter le protocole en cas de victoire russe.
- Le maire de Cluj-Napoca, Emil Boc, a indiqué que « l’hymne de Russie ne sera pas joué et le drapeau de Russie ne sera pas utilisé » pour représenter les athlètes de ce pays.
- Cette décision s’inscrit dans un contexte où World Gymnastics a rétabli, depuis fin mai 2026, la possibilité pour les Russes de concourir sous leurs couleurs nationales, après plusieurs années de restrictions.
- Le Comité olympique russe a dénoncé une « violation criante de la Charte olympique » et a annoncé avoir saisi le Comité international olympique (CIO).
- Cette polémique intervient après que le judo et la natation ont déjà réintégré pleinement les athlètes russes et biélorusses en novembre 2025 puis en avril 2026.
Un retrait motivé par le non-respect des règles sportives internationales
Dans un communiqué publié vendredi 26 juin, la Fédération russe de gymnastique a expliqué que sa sélection avait décidé de « renoncer à participer » à l’étape roumaine de la Coupe du monde, qualifiant la position des organisateurs de « violation grossière du règlement des compétitions » édicté par World Gymnastics. Cette fédération internationale avait pourtant, dès fin mai 2026, levé les restrictions imposées aux athlètes russes et biélorusses depuis le début du conflit en Ukraine, leur permettant de concourir à nouveau sous leurs couleurs et avec leur hymne national.
Les autorités de Cluj-Napoca avaient pourtant averti la délégation russe « oralement » qu’en cas de victoire, « le drapeau russe ne sera pas hissé » et « l’hymne national ne sera pas interprété », comme l’a confirmé la Fédération russe de gymnastique. Ces déclarations ont été relayées par une vidéo postée sur Instagram le 24 juin par le maire de la ville, Emil Boc, qui a justifié cette décision par son opposition aux « symboles politiques d’un État agresseur ».
La Russie dénonce une instrumentalisation du sport à des fins politiques
Le Comité olympique russe n’a pas tardé à réagir, dénonçant dans un communiqué une « violation criante de la Charte olympique et du principe de neutralité politique du sport ». L’institution a précisé avoir « informé le Comité international olympique de cet incident » dès jeudi 25 juin. Cette polémique s’ajoute à une série de tensions récurrentes autour de la participation des athlètes russes à des compétitions internationales depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022.
Depuis plusieurs mois, le retour progressif des sportifs russes et biélorusses sur la scène internationale fait débat. En novembre 2025, la fédération internationale de judo avait déjà autorisé leur réintégration pleine et entière, suivie en avril 2026 par celle de la natation. Ces décisions avaient alors suscité des critiques de la part de plusieurs pays occidentaux, qui y voyaient une normalisation prématurée des athlètes russes malgré le conflit en cours.
« Nous sommes toujours prêts à participer aux compétitions qui respectent les exigences de World Gymnastics », a souligné la sélection russe dans son communiqué, tout en réaffirmant son attachement aux règles sportives internationales.
Le maire de Cluj-Napoca défend sa position malgré les accusations de non-respect des règles
Interrogé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le maire de Cluj-Napoca, Emil Boc, a confirmé sa volonté de ne pas appliquer le protocole prévu en cas de victoire russe. « Je tiens à être clair : l’hymne de Russie ne sera pas joué et le drapeau de Russie ne sera pas utilisé pour la représentation des athlètes de ce pays », a-t-il déclaré, ajoutant vouloir ainsi marquer son opposition à « un État considéré comme agresseur » sur la scène internationale.
Cette position tranche avec celle de World Gymnastics, qui rappelle que les athlètes russes sont désormais autorisés à concourir sous leurs couleurs, conformément à ses propres règlements. La fédération internationale a d’ailleurs rappelé à plusieurs reprises que sa décision s’appuyait sur des critères sportifs et non politiques, en accord avec les recommandations du CIO.
Cette polémique illustre les tensions persistantes autour de la participation des athlètes russes au sport international, plus de deux ans après le début du conflit en Ukraine. Alors que certaines fédérations sportives optent pour une réintégration progressive, d’autres maintiennent des restrictions, rendant incertain l’avenir de la compétition sportive impliquant des Russes.
Reste à voir si d’autres étapes de la Coupe du monde de gymnastique rythmique seront touchées par des désistements similaires, ou si cette décision restera isolée. Une chose est sûre : la question de la neutralité politique du sport continuera de diviser les fédérations et les pays organisateurs dans les mois à venir.