Un navire de croisière transportant 149 personnes, actuellement au large du Cap-Vert, fait l’objet d’une épidémie de hantavirus. Selon Euronews FR, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé sept cas à bord, dont trois décès, un patient dans un état critique et trois personnes présentant des symptômes légers. Les autorités sanitaires locales refusent pour l’heure d’autoriser le débarquement des passagers, tandis que les autorités néerlandaises préparent l’évacuation médicale de deux membres d’équipage atteints de symptômes respiratoires.
Ce qu'il faut retenir
- Sept cas de hantavirus ont été recensés à bord du paquebot m/v Hondius, exploité par la société néerlandaise Oceanwide Expeditions, dont trois décès et un patient dans un état critique.
- Le navire est actuellement à l’ancre au large du Cap-Vert, et les autorités sanitaires locales bloquent tout débarquement pour l’instant.
- L’ECDC (Centre européen de prévention et de contrôle des maladies) estime que le risque de contamination généralisée en Europe reste très faible.
- L’origine de l’infection et la souche exacte du virus font encore l’objet d’investigations, sans preuve actuelle de transmission interhumaine.
- Deux membres d’équipage symptomatiques doivent être évacués médicalement, tandis que les autorités néerlandaises coordonnent leur rapatriement.
Une épidémie à bord d’un navire en pleine traversée de l’Atlantique
Le m/v Hondius, paquebot exploité par la compagnie néerlandaise Oceanwide Expeditions, fait actuellement l’objet d’une épidémie de hantavirus. Selon les dernières informations communiquées par Euronews FR, le navire, parti avec 149 personnes à bord, se trouve actuellement à l’ancre au large du Cap-Vert. Les autorités sanitaires locales ont refusé d’autoriser le débarquement des passagers, une décision qui s’inscrit dans le cadre d’une procédure de dépistage et de prévention coordonnée avec l’OMS.
Dans un communiqué, Oceanwide Expeditions a indiqué que « l’ambiance à bord reste calme, les passagers se montrant dans l’ensemble sereins ». La société a également confirmé que deux membres d’équipage présentaient des symptômes respiratoires aigus, dont un cas grave nécessitant une prise en charge médicale urgente. Par ailleurs, les autorités néerlandaises préparent activement l’évacuation médicale de ces deux personnes, ainsi que de celle liée à un passager décédé le 2 mai. Aucune autre personne symptomatique n’a pour l’instant été identifiée à bord.
L’ECDC minimise le risque pour l’Europe, mais l’enquête se poursuit
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a tenu à rassurer sur la portée de cette épidémie. Dans un communiqué publié lundi, l’agence a indiqué que « le risque pour la population générale en Europe lié à cette flambée est considéré comme très faible ». Cette évaluation repose sur deux éléments principaux : d’une part, la mise en place de mesures strictes de prévention et de contrôle des infections à bord, et d’autre part, la faible transmissibilité interhumaine des hantavirus. Selon l’ECDC, « les hantavirus se transmettent difficilement d’une personne à l’autre », à l’exception de la souche Andes, présente principalement en Amérique du Sud et dont la transmission nécessite des contacts étroits et prolongés.
L’agence a cependant précisé que plusieurs aspects de cette épidémie restent à éclaircir. Parmi les questions en suspens figurent la définition exacte de la souche virale en cause, l’origine de l’infection, l’ampleur de la propagation parmi les passagers et l’équipage, ainsi que la possibilité de transmissions interhumaines. Pour l’instant, il n’a pas été établi si la transmission s’est produite par exposition environnementale ou entre individus. « On ne sait pas encore si la transmission dans la flambée actuelle s’est produite par exposition environnementale ou entre individus, et le hantavirus spécifique en cause n’a pas encore été identifié », a souligné l’ECDC.
L’Espagne dépêchera une équipe d’épidémiologistes à bord pour évaluer la situation
Le ministère espagnol de la Santé a annoncé mardi l’envoi d’une équipe d’épidémiologistes à bord du m/v Hondius pour y effectuer des dépistages et évaluer les risques. Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une opération coordonnée avec l’OMS. Dans un message publié sur X (ex-Twitter), le ministère a indiqué que « ces éléments contribueront à éclairer les décisions concernant les processus de rapatriement et la route du navire ».
Parallèlement, les autorités néerlandaises, en lien avec la compagnie Oceanwide Expeditions, étudient plusieurs options pour la suite de la traversée. Parmi les scénarios envisagés figure la poursuite de la navigation vers Las Palmas ou Tenerife, aux îles Canaries. Aucune décision définitive n’a encore été prise, les priorités restant la prise en charge des cas symptomatiques et la prévention d’une propagation supplémentaire du virus.
Comprendre le hantavirus : modes de transmission et symptômes
Le terme hantavirus désigne un groupe de virus portés par des rongeurs et transmis à l’être humain principalement par inhalation de particules en suspension provenant de leurs déjections séchées. Le contact avec des rongeurs infectés ou avec leurs excréments – notamment lorsque ceux-ci sont remués et se retrouvent en suspension dans l’air – constitue le principal mode de contamination. Selon l’OMS, les symptômes du syndrome pulmonaire à hantavirus (HPS) apparaissent généralement deux à quatre semaines après l’exposition initiale, mais peuvent se manifester entre une semaine et huit semaines plus tard. Ils se caractérisent par des maux de tête, des vertiges, des frissons, de la fièvre, des douleurs musculaires et des troubles gastro-intestinaux, suivis de difficultés respiratoires et d’une hypotension.
Il est important de noter que la majorité des hantavirus ne se transmettent pas directement entre humains. Seule la souche Andes, principalement présente en Amérique du Sud, peut, dans des cas très spécifiques, être transmise par contact étroit et prolongé. Dans le cadre de l’épidémie actuelle, aucune transmission interhumaine n’a encore été confirmée. — Autant dire que la situation reste sous contrôle, mais que chaque cas doit être pris au sérieux.
La situation rappelle l’importance de la vigilance sanitaire dans les milieux confinés, où les risques de contamination peuvent s’amplifier rapidement. Les autorités européennes et internationales, en collaboration avec les compagnies maritimes, devront tirer les enseignements de cet épisode pour renforcer les protocoles de détection et de réponse aux épidémies en milieu clos.