Selon Franceinfo - Santé, les analyses menées dans la province argentine de Mendoza confirment qu’aucun des rongeurs capturés ne porte la souche « Andes » de l’hantavirus, responsable de l’épidémie apparue à bord du MV Hondius. Ce rapport préliminaire, publié ce 12 juin 2026, met fin aux craintes d’une propagation locale de ce virus, dont 13 cas humains et trois décès ont été recensés début mai après le départ du navire de croisière depuis Ushuaïa.
Ce qu'il faut retenir
- La province de Mendoza ne présente aucune circulation avérée de la souche « Andes » de l’hantavirus.
- Aucun spécimen d’Oligoryzomys longicaudatus, principal réservoir du virus, n’a été détecté lors des captures.
- Le « patient zéro », identifié avant l’embarquement sur le MV Hondius, avait parcouru l’Argentine pendant quatre mois.
- Des missions similaires ont été menées à Ushuaïa, où le navire avait appareillé, sans plus de résultats.
- Trois provinces patagoniennes (Chubut, Río Negro et Neuquén) sont également exemptes de cette souche.
Un foyer limité au MV Hondius, mais une vigilance maintenue
L’enquête sanitaire s’est concentrée sur Mendoza après qu’un cas d’hantavirus ait été signalé chez un passager ayant transité par la province avant de monter à bord du MV Hondius. Ce navire, parti d’Ushuaïa le 5 mai 2026, a ensuite déclenché une alerte mondiale lorsque plusieurs cas ont été confirmés chez des voyageurs et membres d’équipage. Selon les autorités sanitaires argentines, aucun nouveau cas n’a été détecté depuis lors, mais les recherches se poursuivent pour identifier l’origine exacte de l’épidémie.
À Ushuaïa, où le navire avait accosté, des prélèvements ont également été effectués sur des rongeurs. Comme à Mendoza, aucun spécimen d’Oligoryzomys longicaudatus n’a été identifié. Cette espèce, connue pour être le principal vecteur du virus « Andes », circule principalement dans certaines régions d’Amérique du Sud, notamment en Patagonie. Pourtant, ni la Terre de Feu ni Mendoza ne font partie des zones endémiques, précise le ministère argentin de la Santé dans son rapport.
Des analyses qui écartent toute hypothèse de transmission locale
Le rapport préliminaire du ministère argentin de la Santé, rendu public ce 12 juin, repose sur l’analyse de rongeurs capturés dans plusieurs zones de Mendoza. Plus d’une vingtaine d’individus ont été examinés, mais aucun ne portait le virus. «
Lors de l’identification préliminaire effectuée sur le terrain, aucun spécimen d’Oligoryzomys longicaudatus, principal réservoir connu du virus ‘Andes’, n’a été détecté», a indiqué le ministère dans un communiqué. Cette conclusion permet d’écarter l’hypothèse d’une transmission locale entre humains, un phénomène rare mais documenté pour cette souche.
Les autorités sanitaires rappellent que l’hantavirus se transmet principalement par inhalation de particules virales issues des excréments ou de l’urine de rongeurs infectés. La souche « Andes » se distingue par sa capacité à se propager d’humain à humain, ce qui a motivé une surveillance accrue depuis le début de l’épidémie. À ce stade, les 13 cas confirmés et les trois décès restent limités aux passagers et à l’équipage du MV Hondius, sans lien avec un réservoir animal local.
Un « patient zéro » aux déplacements étendus en Argentine
L’enquête épidémiologique a retracé les mouvements du premier cas identifié, avant son embarquement sur le navire. Selon les autorités, cette personne avait séjourné dans plusieurs provinces argentines, dont Mendoza, entre janvier et avril 2026. Cependant, aucune preuve ne lie directement son infection à un contact avec des rongeurs dans ces régions. « Le risque de contamination locale dans ces zones est donc extrêmement faible », a souligné un responsable du ministère argentin de la Santé, cité par Franceinfo - Santé.
Cette situation rappelle que les foyers d’hantavirus peuvent survenir de manière sporadique, même dans des zones où le virus n’est pas endémique. Les experts rappellent que la prévention repose avant tout sur l’évitement des contacts avec les rongeurs et le respect des mesures d’hygiène dans les zones rurales ou sauvages. En Argentine, les campagnes de sensibilisation se multiplient, notamment dans les provinces du sud, où le risque de cohabitation avec les rongeurs est plus élevé.
Bref, si cette enquête lève une partie des incertitudes, elle souligne aussi l’importance d’une vigilance constante face aux maladies zoonotiques. Mendoza, comme d’autres provinces, reste sous surveillance, mais le risque immédiat semble désormais écarté.
Il s’agit de la souche « Andes », un variant de l’hantavirus capable de se transmettre d’humain à humain, contrairement à la plupart des autres souches.
Cette espèce de rongeur est le principal réservoir naturel du virus « Andes ». Sa présence dans une région augmente significativement le risque de transmission à l’homme.