Le lundi 18 mai 2026, le navire de croisière MV Hondius, où un cas de hantavirus avait été détecté, accostait à Rotterdam après avoir débarqué l’ensemble de ses passagers. Les 27 membres d’équipage et du personnel médical à bord ont été placés en isolement préventif, une mesure jugée « grave, mais dont le risque pour la santé publique reste faible » par le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, selon Courrier International.
Cette annonce contrastait fortement avec la situation en République démocratique du Congo (RDC), où une épidémie d’Ebola avait déjà causé 131 morts au même moment. Face à l’ampleur de la crise, l’OMS a déclenché, dès le dimanche 17 mai, une « urgence de santé publique de portée internationale », son deuxième niveau d’alerte le plus élevé. Cette décision a été saluée par Le Pays, un quotidien burkinabè, qui a souligné « la réactivité de l’OMS, ayant dépêché sans délai des experts en épidémiologie sur place ». « L’Afrique retient son souffle », titrait le journal, reflétant l’inquiétude généralisée.
Ce qu'il faut retenir
- Le MV Hondius, un navire de croisière, a accosté à Rotterdam le 18 mai 2026 avec à son bord 27 personnes placées en isolement après la détection d’un cas de hantavirus.
- En RDC, l’épidémie d’Ebola a fait 131 morts au 17 mai 2026, poussant l’OMS à déclarer une urgence sanitaire internationale.
- L’OMS est critiquée pour ses difficultés budgétaires, avec 2 400 départs en un an et une réduction de ses effectifs à 7 000 employés en mai 2026, contre 9 400 en janvier 2025.
- Aucun traitement ni vaccin n’existe contre le hantavirus, ni contre le variant Bundibugyo d’Ebola identifié en RDC.
L’OMS entre austérité et multiplication des crises sanitaires
La 79e Assemblée mondiale de la santé, qui s’est ouverte à Genève le 18 mai 2026, s’est tenue dans un contexte particulièrement tendu pour l’OMS. Le quotidien suisse Le Temps rappelle que l’organisation traverse « l’une des phases les plus critiques de son existence », marquée par le retrait des contributions des États-Unis et de l’Argentine, ainsi que par des coupes budgétaires imposées par ses 194 États membres. Résultat : en l’espace d’un an, 2 400 collaborateurs ont quitté l’institution, ramenant ses effectifs à 7 000 employés contre 9 400 en janvier 2025. Ces restrictions surviennent alors que l’organisation doit gérer simultanément plusieurs foyers épidémiques majeurs.
Pourtant, malgré ces contraintes, l’OMS a réagi avec célérité face à la crise du hantavirus, comme le note The New York Times. « Le foyer d’infection à hantavirus à bord du MV Hondius braque les projecteurs sur un agent pathogène rare, généralement peu étudié même dans le milieu scientifique », souligne le quotidien américain. Une situation qui illustre les défis posés par des pathogènes émergents ou négligés, pour lesquels les options thérapeutiques restent quasi inexistantes. À ce jour, aucun traitement ni vaccin n’existe contre le hantavirus, pas plus que contre le variant Bundibugyo d’Ebola, responsable de l’épidémie en RDC.
Un manque criant de coordination mondiale face aux pandémies
Si l’OMS semble avoir pris la mesure des crises en cours, la capacité des États à suivre reste incertaine. Début mai 2026, les pays membres n’étaient toujours pas parvenus à un accord sur l’annexe PABS, un texte clé de l’accord sur les pandémies concernant l’accès aux agents pathogènes. « La seule volonté ne suffit pas si les financements ne suivent pas », a averti Le Pays, soulignant que les crises sanitaires actuelles pourraient enfin accélérer les décisions. À cet égard, un signe encourageant est venu des États-Unis, qui ont annoncé le déploiement d’un plan d’intervention en RDC, tout en renforçant les contrôles aux frontières pour les voyageurs en provenance des zones touchées. Ces mesures interviennent à un mois du début de la Coupe du monde, un événement sportif majeur qui pourrait, à son tour, devenir un vecteur de propagation.
Pourtant, malgré ces initiatives, la méfiance persiste. Comme le relève Rubén Amón dans El Confidencial, la couverture médiatique des crises sanitaires est souvent « dominée par une impatience narrative qui relègue le risque biologique au second plan ». Selon lui, « ce n’est pas seulement la peur du risque qui réapparaît avec le hantavirus, mais toute une atmosphère de tension permanente, où l’épidémiologiste endosse le double rôle de prêtre et de météorologue annonçant la fin du monde ». Une critique qui interroge sur la capacité des sociétés modernes à distinguer l’urgence réelle des scénarios catastrophistes.
Des traitements inexistants, une réponse mondiale à construire
Face à l’absence de solutions thérapeutiques contre des virus comme le hantavirus ou le variant Bundibugyo d’Ebola, la priorité reste la prévention et la coordination internationale. The New York Times souligne que les recherches en cours se heurtent à des obstacles majeurs, notamment en raison du manque de financements et de la rareté des cas, qui limite les possibilités d’études cliniques. « Le hantavirus, bien que rare, n’en constitue pas moins une menace réelle », rappelle le quotidien, citant des experts argentins, américains, brésiliens et européens ayant contribué à un dossier spécial publié par Courrier International.
Ce dossier met en lumière les réactions des différents acteurs une fois le virus identifié sur le MV Hondius, ainsi que les défis logistiques et scientifiques pour développer des traitements. Une entreprise d’autant plus complexe que ces pathogènes circulent souvent dans des régions isolées, où l’accès aux soins et aux infrastructures de recherche est limité. « Sans une riposte mondiale coordonnée, chaque nouvelle épidémie risque de devenir un feu de paille impossible à éteindre », avertit un épidémiologiste cité par le journal.
Les crises du hantavirus et d’Ebola rappellent une évidence : dans un monde globalisé, aucune épidémie ne connaît de frontières. Reste à savoir si la communauté internationale saura tirer les leçons de ses échecs récents.
Le hantavirus est un virus rare qui se transmet principalement par inhalation de particules virales provenant des excréments ou de l’urine de rongeurs infectés. Il peut provoquer une fièvre hémorragique avec syndrome rénal ou une cardiopulmonaire, selon les souches. Dans le cas du MV Hondius, la transmission à bord a soulevé des questions sur les risques liés aux voyages en milieu confiné.
L’OMS a déclenché une « urgence de santé publique de portée internationale » pour Ebola en RDC en raison de l’ampleur et de la rapidité de la propagation. Avec 131 morts en quelques semaines et un variant (Bundibugyo) pour lequel aucun vaccin n’existe, la situation justifiait une réponse mondiale coordonnée pour éviter une propagation régionale ou internationale.