Selon Cryptoast, l’université Harvard, institution financière la plus riche des États-Unis, a opéré un revirement spectaculaire sur les cryptomonnaies au cours des derniers mois. Entre la fin 2025 et le premier trimestre 2026, l’établissement a abandonné ses investissements en Ethereum avant de réduire significativement sa présence sur le Bitcoin, comme en témoignent ses déclarations trimestrielles officielles.

Ce qu'il faut retenir

  • En février 2026, Harvard a liquidé l’intégralité de sa position de 87 millions de dollars sur l’ETF Ethereum ETHA de BlackRock, acquise fin 2025.
  • Parallèlement, la valeur de ses avoirs en Bitcoin est passée de 352,6 millions de dollars fin 2025 à environ 117 millions de dollars début 2026, soit une baisse de 43 % de ses parts dans l’ETF IBIT.
  • Le Bitcoin, autrefois première position divulguée, figure désormais à la 10ᵉ place des investissements publics d’Harvard, derrière des géants comme Microsoft ou Nvidia.
  • D’autres universités américaines, comme Dartmouth, maintiennent leurs positions sur Bitcoin et Ethereum tout en diversifiant vers Solana.
  • Le fonds souverain d’Abu Dhabi, Mubadala, a au contraire renforcé ses avoirs en Bitcoin via l’ETF IBIT, portant son exposition à 660 millions de dollars.

Un revirement rapide sur les cryptomonnaies

Les documents trimestriels d’Harvard révèlent une stratégie en dents de scie. Fin 2025, l’université avait pris une position de 87 millions de dollars sur l’ETF Ethereum ETHA de BlackRock, tout en réduisant de 21 % son exposition à l’ETF Bitcoin IBIT. À l’époque, ses avoirs combinés en Bitcoin et Ethereum s’élevaient à 352,6 millions de dollars, selon Cryptoast.

Quelques mois plus tard, le rapport du premier trimestre 2026 montre un abandon total de l’Ethereum, tandis que la valeur des actifs Bitcoin chute à 117 millions de dollars, après une réduction de 43 % du nombre d’actions IBIT détenues. Cette volte-face s’inscrit dans un contexte plus large où les investisseurs institutionnels réorientent leurs capitaux vers des secteurs jugés plus prometteurs, comme l’intelligence artificielle.

Le Bitcoin déclassé, l’IA en tête des priorités

Une analyse des positions publiques d’Harvard au 31 mars 2026 révèle un déclassement spectaculaire du Bitcoin. Autrefois en tête de ses investissements, la cryptomonnaie occupe désormais la 10ᵉ position, derrière des géants technologiques comme Microsoft (190 millions de dollars), Alphabet (177,4 millions de dollars) ou Nvidia (129,7 millions de dollars). L’or physique, avec 200 millions de dollars d’exposition, dépasse désormais le Bitcoin dans le portefeuille de l’institution.

Cette réallocation s’accompagne d’un recentrage sur les valeurs technologiques liées à l’IA. La plus grosse position ouverte par Harvard concerne désormais Taiwan Semiconductor, à hauteur de 232 millions de dollars. Un choix qui reflète une tendance plus large parmi les investisseurs institutionnels, privilégiant les actifs perçus comme moins volatils et porteurs de croissance durable.

D’autres universités conservent leurs positions crypto

Alors qu’Harvard opère un virage à 180 degrés, d’autres établissements américains maintiennent leurs stratégies. Selon Cryptoast, Dartmouth conserve ses avoirs en Bitcoin et Ethereum tout en ajoutant une participation de 3,67 millions de dollars dans l’ETF Solana de Bitwise (BSOL). Une diversification qui contraste avec la prudence d’Harvard.

Ces différences de stratégie illustrent les divergences de vision au sein du monde académique américain face aux cryptomonnaies. Si certaines institutions réduisent leur exposition, d’autres continuent d’explorer de nouveaux actifs numériques, à l’image de Dartmouth avec Solana.

Le fonds souverain d’Abu Dhabi mise au contraire sur le Bitcoin

Contrairement à Harvard, le fonds souverain d’Abu Dhabi Mubadala a renforcé ses positions sur le Bitcoin. Les données compilées par The Block et rapportées par Cryptoast indiquent une augmentation de plus de 90 millions de dollars de sa participation dans l’ETF IBIT de BlackRock. Cette hausse porte son exposition totale à 660 millions de dollars en mars 2026.

Dans le même temps, l’Abu Dhabi Investment Council affiche une position stable sur le Bitcoin, avec 315,8 millions de dollars investis dans l’ETF IBIT. Toutefois, cette valeur enregistre une baisse d’environ 90 millions de dollars depuis le début de l’année, en raison de la volatilité du marché.

Et maintenant ?

La stratégie d’Harvard pourrait préfigurer un mouvement plus large parmi les investisseurs institutionnels, enclins à privilégier des actifs moins risqués ou alignés avec les tendances technologiques dominantes. Les prochaines déclarations trimestrielles, attendues pour l’été 2026, permettront de savoir si cette tendance se confirme ou si l’université revient partiellement sur sa décision. Par ailleurs, la réaction du marché à ces ajustements pourrait influencer d’autres acteurs financiers dans les mois à venir.

Une chose est sûre : la volatilité des cryptomonnaies et leur intégration dans les portefeuilles institutionnels restent un sujet de débat permanent, où les stratégies peuvent évoluer rapidement.

Selon les déclarations trimestrielles de l’université, cette décision s’inscrit dans une réallocation plus large de ses actifs vers des secteurs jugés plus stables ou porteurs, comme l’intelligence artificielle. Aucun motif précis n’a été communiqué, mais cette stratégie reflète une tendance observée chez d’autres investisseurs institutionnels.

Au 31 mars 2026, Harvard estimait la valeur de ses avoirs en Bitcoin à environ 117 millions de dollars, après une réduction de 43 % de ses parts dans l’ETF IBIT par rapport à fin 2025.