Un homme de 63 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire pour homicide par conjoint, après la mort violente de son épouse, une femme de 68 ans, retrouvée sans vie en pleine rue à Saint-Prix (Val-d’Oise) le 16 mai 2026. Selon BFM - Faits Divers, le suspect a été déféré devant la justice le 17 mai, au terme d’une garde à vue, avant d’être écroué dans le cadre d’une enquête ouverte pour « homicide par conjoint ou concubin ».

Les circonstances exactes de la mort de la victime, dont l’identité n’a pas été révélée, n’ont pas été détaillées par le parquet de Pontoise. Le procureur Guirec Le Bras s’est contenté d’indiquer, ce lundi 18 mai, que « l’enquête judiciaire a été ouverte du chef d’homicide par conjoint ou concubin de la victime ». Le mis en cause, dont le nom n’a pas été communiqué, reste à ce stade le seul suspect dans cette affaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Une femme de 68 ans a été retrouvée morte en pleine rue à Saint-Prix (Val-d’Oise) le 16 mai 2026.
  • Son mari, un homme de 63 ans, a été mis en examen et incarcéré pour homicide par conjoint.
  • Le suspect a été déféré le 17 mai 2026 après une garde à vue et placé en détention provisoire.
  • L’enquête est ouverte pour « homicide par conjoint ou concubin » par le parquet de Pontoise.
  • Les associations féministes alertent sur l’augmentation des féminicides en 2024 (+11 % entre 2023 et 2024).
  • Depuis le début de l’année, 36 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon en France.

Un féminicide de plus dans le Val-d’Oise

L’affaire survient alors que la région Île-de-France reste particulièrement touchée par les violences conjugales. Le corps de la victime, une femme de 68 ans, a été découvert dans la commune de Saint-Prix, située au nord-ouest de Paris. Les forces de l’ordre ont rapidement orienté leurs investigations vers son conjoint, âgé de 63 ans, qui a été interpellé dans les heures suivant le drame. Après une garde à vue de 48 heures, il a été présenté au parquet de Pontoise, où il a été mis en examen pour homicide par conjoint avant d’être écroué en attendant son procès.

D’après les premiers éléments de l’enquête, la victime n’avait pas signalé de violences conjugales préalables. Les associations locales de défense des droits des femmes ont toutefois souligné que de nombreux féminicides surviennent sans avertissement apparent, dans des contextes où les victimes ne parviennent pas à alerter les autorités.

Un phénomène en hausse malgré les alertes répétées

Ce drame intervient dans un contexte national marqué par une recrudescence des féminicides conjugaux. Les dernières statistiques officielles, publiées en octobre 2025, révèlent une augmentation de 11 % du nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint entre 2023 et 2024, avec un total de 107 victimes. Un chiffre qui avait conduit le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à qualifier la situation d’« insupportable » et à promettre une mobilisation renforcée des forces de l’ordre.

Les associations féministes, qui avaient déjà tiré la sonnette d’alarme début mai, rappellent que 36 femmes ont péri sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon depuis le début de l’année 2026, dont six en seulement neuf jours. Ces chiffres, compilés par des collectifs comme #NousToutes ou la Fondation des Femmes, mettent en lumière l’urgence d’une réponse judiciaire et sociale plus efficace. — Autant dire que la répétition de ces drames interroge sur l’efficacité des dispositifs de protection existants.

Un précédent tragique dans le département

Le Val-d’Oise n’est malheureusement pas épargné par ces violences. À peine une semaine avant ce féminicide, un policier municipal de Villers-en-Arthies avait été soupçonné d’avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans, avant de se suicider avec son arme de service. Cet autre drame, survenu le 10 mai 2026, avait déjà choqué l’opinion publique et relancé le débat sur la prévention des violences intra-familiales.

Les autorités locales et les associations appellent désormais à un renforcement des mesures de protection, notamment pour les femmes les plus vulnérables. Certaines initiatives, comme le port du bracelet anti-rapprochement ou l’extension des places en hébergement d’urgence, ont été évoquées, mais leur déploiement reste inégal selon les territoires.

Et maintenant ?

L’enquête pour homicide par conjoint devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, avec notamment l’expertise médico-légale du corps de la victime et l’audition de témoins éventuels. Le mis en cause, actuellement incarcéré en attente de son procès, pourrait être jugé dans un délai de plusieurs mois, selon l’ampleur des investigations nécessaires. Dans l’immédiat, le parquet de Pontoise n’a pas précisé si d’autres personnes feraient l’objet de poursuites. Par ailleurs, les associations féministes devraient maintenir la pression sur les pouvoirs publics pour obtenir des mesures concrètes de prévention et de protection des femmes en danger.

Réactions et prises de position attendues

Si le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement à ce drame, les associations de défense des droits des femmes ont d’ores et déjà appelé à une mobilisation nationale. Le Collectif #NousToutes, qui dénonce régulièrement l’inaction des pouvoirs publics, a rappelé que 72 femmes avaient été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en 2025, un chiffre en hausse constante depuis plusieurs années. — Bref, la question de l’efficacité des politiques publiques en matière de lutte contre les violences conjugales reste entière.

Du côté des forces de l’ordre, le ministère de l’Intérieur a indiqué que les policiers et gendarmes étaient « pleinement mobilisés » pour endiguer ce fléau. Cependant, les professionnels du secteur soulignent que le manque de moyens humains et financiers limite encore l’efficacité des dispositifs existants, comme les téléphones grave danger ou les ordonnances de protection.

En France, un homicide commis par un conjoint ou un ex-conjoint est qualifié d’homicide volontaire et peut être puni de la réclusion criminelle à perpétuité, selon l’article 221-4 du Code pénal. La peine maximale est encourue si l’infraction est commise avec préméditation ou guet-apens. Dans les autres cas, la peine peut aller jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle. Les circonstances aggravantes, comme la vulnérabilité de la victime ou l’utilisation d’une arme, alourdissent la sanction.

Plusieurs dispositifs existent pour signaler des violences conjugales : le 3919 (numéro national gratuit et anonyme), le 17 (police/gendarmerie) en cas d’urgence, ou le site internet arretonslesviolences.gouv.fr. Les victimes ou témoins peuvent également se rendre dans un commissariat, une gendarmerie ou contacter une association locale spécialisée. Depuis 2020, le gouvernement a mis en place un système de signalement en ligne via le formulaire « Pré-plainte en ligne » pour les violences conjugales.