Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a rendu public ce lundi 18 mai 2026 un rapport accablant sur la situation à Gaza et en Cisjordanie, exigeant qu’Israël prenne « toutes les mesures possibles » pour empêcher des actes de « génocide ». Selon BMF - International, cette publication intervient alors que les Nations unies dénoncent des « violations flagrantes » du droit international attribuées aux actions israéliennes depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023.

Dans ce document, les experts onusiens pointent également des signes de « nettoyage ethnique » dans les deux territoires palestiniens, une accusation qui s’ajoute à celle de « crimes de guerre et autres atrocités ». Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a rappelé que Israël devait se conformer à une ordonnance de la Cour internationale de justice (CIJ) de 2024, l’enjoignant de prévenir tout acte génocidaire. « Il doit veiller avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide et prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide », a-t-il déclaré.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme accuse Israël de « violations flagrantes » du droit international à Gaza, évoquant des risques de « génocide » et de « nettoyage ethnique ».
  • Volker Türk, Haut-Commissaire, appelle Israël à respecter une ordonnance de la Cour internationale de justice (2024) visant à prévenir les actes génocidaires.
  • Depuis le 7 octobre 2023, le conflit a causé la mort de 1 221 Israéliens, majoritairement des civils, selon les données officielles rapportées par l’AFP.
  • Côté palestinien, plus de 72 700 morts ont été recensés à Gaza, selon le ministère de la Santé local, contrôlé par le Hamas mais dont les chiffres sont considérés fiables par l’ONU.
  • Le rapport couvre la période allant du 7 octobre 2023 au 18 mai 2026 et condamne aussi les « violations graves » commises par des groupes armés palestiniens.

Un rapport accablant sur deux ans de conflit

Le document publié ce jour par le Haut-Commissariat onusien dresse un bilan sans appel des deux années de guerre à Gaza. Selon BMF - International, les Nations unies estiment que les actions militaires israéliennes constituent des « violations flagrantes » du droit international humanitaire. Parmi les griefs principaux figurent des destructions massives d’infrastructures civiles, des déplacements forcés de populations et des conditions de vie qualifiées d’« insoutenables » par les observateurs.

Les Nations unies soulignent également que ces agissements pourraient s’apparenter à des « crimes de guerre », voire à des « atrocités » dans certains cas. Le rapport précise que ces accusations s’appuient sur des éléments recueillis depuis le déclenchement de la guerre, consécutive à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 contre Israël. — Autant dire que la situation à Gaza reste sous haute surveillance internationale, malgré les dénégations répétées des autorités israéliennes.

Des accusations de « nettoyage ethnique » en Cisjordanie également

Si Gaza concentre l’essentiel des critiques, le rapport onusien étend ses récriminations à la Cisjordanie. Selon les termes employés par les experts, des signes de « nettoyage ethnique » y auraient été observés. Cette qualification, lourde de conséquences juridiques, suggère une politique délibérée visant à modifier la composition démographique d’un territoire. Les Nations unies n’ont pas détaillé les exemples concrets, mais cette mention élargit le spectre des violations attribuées aux autorités israéliennes.

Les tensions en Cisjordanie, déjà élevées avant le conflit à Gaza, se sont aggravées depuis octobre 2023. Les colons israéliens, dont l’expansion est régulièrement dénoncée par la communauté internationale, sont pointés du doigt pour leur rôle dans l’escalade des violences. — Reste à savoir si ces accusations trouveront un écho au sein des instances judiciaires internationales.

Israël sommée de respecter l’ordonnance de la CIJ

Dans ce contexte, Volker Türk a insisté sur la nécessité pour Israël de se plier aux directives de la Cour internationale de justice. En janvier 2024, la CIJ avait ordonné à Israël de « prendre toutes les mesures en son pouvoir » pour prévenir tout acte de génocide à Gaza. Trois mois plus tard, en mars 2024, une ordonnance complémentaire avait été adoptée, renforçant les exigences en matière de protection des civils.

« Israël doit veiller avec effet immédiat à ce que son armée ne se livre pas à des actes de génocide et prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir l’incitation au génocide. »
Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme

Pourtant, malgré ces injonctions, les frappes israéliennes se poursuivent à Gaza, où la population civile, déjà exsangue, subit les conséquences d’un blocus strict et de l’effondrement des services publics. La question de l’application effective de ces décisions judiciaires reste entière, d’autant que le gouvernement israélien a toujours contesté la légitimité de la CIJ dans cette affaire.

Un bilan humain toujours plus lourd

Les chiffres du conflit, régulièrement mis à jour par les autorités locales et les organisations humanitaires, témoignent de l’ampleur de la catastrophe. Selon le ministère de la Santé de Gaza — placé sous l’autorité du Hamas mais dont les statistiques sont jugées fiables par l’ONU —, plus de 72 700 Palestiniens ont péri dans les opérations militaires israéliennes depuis octobre 2023. Ce bilan, parmi les plus lourds de l’histoire récente du conflit israélo-palestinien, dépasse largement celui des précédentes escalades.

Côté israélien, le bilan officiel fait état de 1 221 morts, dont une majorité de civils, lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Depuis, les représailles israéliennes ont provoqué une crise humanitaire sans précédent à Gaza, où des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions précaires, souvent sous des tentes de fortune. — Autant dire que le coût humain de ce conflit continue de peser sur les consciences internationales.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes. La pression diplomatique sur Israël s’intensifie, notamment au sein de l’ONU, où plusieurs pays ont déjà annoncé leur intention de saisir la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes de guerre présumés. Par ailleurs, la Cour internationale de justice pourrait être amenée à se prononcer plus avant sur la question du génocide, une procédure qui pourrait aboutir à de nouvelles sanctions. Enfin, la situation humanitaire à Gaza, déjà catastrophique, risque de se dégrader davantage avec l’arrivée de l’été et l’augmentation des températures, aggravant les risques de maladies et de malnutrition.

Une chose est sûre : l’absence de perspective politique pour une solution négociée laisse craindre que ce conflit ne s’enlise dans une logique de violence durable. Les prochaines réunions du Conseil de sécurité de l’ONU, prévues en juin 2026, seront scrutées avec attention pour évaluer l’évolution de la réponse internationale.

Plusieurs voies judiciaires sont envisagées. D’une part, la Cour internationale de justice (CIJ) pourrait être saisie pour un nouveau jugement sur le respect de son ordonnance de 2024. D’autre part, la Cour pénale internationale (CPI) a déjà ouvert une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis par toutes les parties. Enfin, plusieurs États pourraient déposer des plaintes individuelles auprès de juridictions nationales, comme l’a fait récemment l’Afrique du Sud contre Israël.

Jusqu’à présent, le gouvernement israélien a rejeté en bloc les conclusions du rapport onusien, les qualifiant de « partiales » et de « politisées ». Le ministre israélien des Affaires étrangères a réaffirmé que les opérations militaires à Gaza visaient uniquement des cibles du Hamas, tout en dénonçant l’absence de mention des otages détenus par le mouvement islamiste. Aucune déclaration officielle n’a encore annoncé de changement de stratégie militaire.