Alors que les tensions persistent au Liban malgré une trêve prolongée, le président libanais Joseph Aoun a réaffirmé lundi sa volonté de mettre un terme au conflit avec Israël, malgré les frappes qui continuent de frapper le sud du pays. Selon Le Figaro, les négociations engagées sous l’égide des États-Unis ont abouti à une nouvelle prolongation de 45 jours du cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.

Ce qu'il faut retenir

  • Le président libanais Joseph Aoun a promis de faire « l’impossible » pour arrêter la guerre contre le Liban, selon un communiqué de la présidence publié ce lundi 18 mai 2026.
  • Les États-Unis ont annoncé vendredi la prolongation de 45 jours du cessez-le-feu entre Israël et le Liban, après deux journées de pourparlers à Washington.
  • Malgré cette trêve, le Hezbollah a revendiqué une attaque contre une plateforme du Dôme de fer israélien dans le nord d’Israël, en représailles à des violations présumées du cessez-le-feu.
  • Des frappes israéliennes au Liban ont fait sept morts dimanche, dont un chef du Jihad islamique palestinien, selon un bilan préliminaire du ministère de la Santé libanais.
  • L’Iran, acteur clé de la région, a multiplié les annonces ces derniers jours, notamment la création d’un organisme pour gérer le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le commerce mondial.

Une trêve fragile malgré les efforts diplomatiques

Le président libanais Joseph Aoun a réitéré sa détermination à mettre fin aux hostilités avec Israël, alors que les négociations sous médiation américaine se poursuivent. « Il est de mon devoir et de ma responsabilité de faire l’impossible pour arrêter la guerre contre le Liban et son peuple », a-t-il déclaré dans un communiqué officiel. Les pourparlers, menés à Washington, visent notamment à obtenir le retrait des forces israéliennes du Liban et le retour des déplacés internes.

Cette annonce intervient alors que les États-Unis ont prolongé de 45 jours le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril, après une deuxième journée de discussions entre les délégations libanaise et israélienne. Pourtant, malgré cette trêve, les tensions restent vives. Le Hezbollah, mouvement pro-iranien, a revendiqué une attaque au drone contre une plateforme du Dôme de fer israélien, accusant Israël de violer l’accord. Une riposte présentée comme une réponse aux « violations » du cessez-le-feu par l’armée israélienne.

Des frappes israéliennes font sept morts au Liban malgré la trêve

Dimanche 17 mai, des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont causé la mort de sept personnes, dont un chef du Jihad islamique palestinien. Selon un bilan préliminaire du ministère de la Santé libanais, trois personnes ont été tuées à Tayr Felsay et deux autres à Tayr Debba, dont un enfant dans chaque localité. Une quinzaine de personnes ont également été blessées lors de ces raids ciblant des zones frontalières.

Ces incidents rappellent la fragilité de la trêve en place depuis le 17 avril. L’armée israélienne avait précédemment appelé à l’évacuation de plusieurs villages situés parfois à des dizaines de kilomètres de la frontière, illustrant l’étendue des zones touchées par les tensions. Malgré les appels au calme, les échanges de tirs et les frappes sporadiques persistent, alimentant un climat d’incertitude.

L’Iran renforce son contrôle sur le détroit d’Ormuz

Parallèlement aux tensions au Liban, l’Iran a annoncé la création officielle d’un organisme chargé de gérer le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle pour le transport d’hydrocarbures. Cette décision s’inscrit dans un contexte de montée des tensions régionales, alors que Téhéran cherche à renforcer son emprise sur cette zone stratégique.

L’Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA) a désormais son propre compte sur les réseaux sociaux, où elle publie des « mises à jour en temps réel sur les opérations » dans le détroit. Cette annonce intervient alors que les États-Unis et leurs alliés s’inquiètent d’une possible fermeture de cette route, qui verrait transiter un cinquième du brut mondial. L’Iran multiplie en effet les démonstrations de force, comme en témoignent ses frappes récentes contre des groupes « agissant pour le compte des États-Unis et d’Israël » dans l’ouest du pays, près de la frontière irakienne.

La situation humanitaire et les enjeux régionaux

La guerre au Liban s’inscrit dans un contexte plus large de tensions au Moyen-Orient, marqué par le conflit à Gaza et les rivalités géopolitiques entre Israël, l’Iran et leurs alliés. L’ONU a de nouveau pointé du doigt les actions israéliennes à Gaza, dénonçant des « violations flagrantes » du droit international et des actes pouvant s’apparenter à des « crimes de guerre ». Selon un rapport du Haut-commissariat aux droits de l’homme, plus de 72 700 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023.

Par ailleurs, la militante iranienne des droits humains Narges Mohammadi, lauréate du prix Nobel de la paix 2023, a été libérée sous caution le 10 mai après une détérioration grave de son état de santé. Hospitalisée en soins intensifs, elle a finalement pu regagner son domicile, mais sa fondation met en garde contre les risques pour sa santé en cas de réincarcération. Son état reste directement lié à des années de pression psychologique et de stress chronique, selon ses proches.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Les négociations entre Israël et le Liban doivent se poursuivre, mais la persistance des violences laisse planer un doute sur la solidité de la trêve. La communauté internationale, notamment les États-Unis, pourrait jouer un rôle clé dans la recherche d’un accord durable. Par ailleurs, l’Iran, acteur majeur de la région, reste au cœur des tensions, avec des annonces symboliques comme la création de la PGSA, qui pourraient avoir des répercussions sur le commerce mondial. La situation humanitaire au Liban et à Gaza, ainsi que l’évolution des rapports de force entre les différentes parties, seront également à surveiller de près.

Reste à savoir si les efforts diplomatiques suffiront à apaiser les tensions, ou si le risque d’une escalade militaire persistera. Une chose est sûre : la stabilité de la région dépendra en grande partie de la capacité des acteurs à trouver un terrain d’entente dans les semaines à venir.

Le détroit d’Ormuz est une voie maritime stratégique par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial. Toute perturbation de son accès aurait des conséquences majeures sur les prix de l’énergie et l’économie mondiale. L’Iran, qui en contrôle l’accès, cherche à renforcer son influence en la gestion de cette zone, ce qui inquiète les États-Unis et leurs alliés.