Une vidéo publiée par la psychoneuroimmunologue Blanca Gómez, devenue virale ces derniers jours, relance le débat sur la présence de métaux lourds dans l’huile des conserves de poisson. Selon Top Santé, cette spécialiste alerte sur un phénomène méconnu du grand public, mais documenté par la science : l’accumulation de substances toxiques dans le liquide de conservation, souvent consommé sans précaution particulière.

Ce qu'il faut retenir

  • La psychoneuroimmunologue Blanca Gómez affirme que l’huile des conserves de poisson concentre les métaux lourds, selon Top Santé.
  • Cette huile, souvent utilisée pour aromatiser salades ou plats, peut représenter une source non négligeable d’exposition aux contaminants.
  • Les métaux lourds concernés incluent notamment le plomb, le cadmium et le mercure, reconnus pour leurs effets toxiques à long terme.
  • Blanca Gómez souligne que cette problématique est peu médiatisée malgré son caractère préoccupant.
  • L’experte appelle à une prise de conscience des consommateurs et à des recommandations sanitaires actualisées.

Blanca Gómez, chercheuse et praticienne spécialisée dans l’impact des toxines sur la santé immunitaire, a attiré l’attention dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Dans son intervention, elle explique que l’huile des conserves de poisson – souvent riche en oméga-3 – agit comme un solvant naturel pour certains métaux lourds présents dans le muscle du poisson. « L’huile extraite des conserves contient une concentration de métaux lourds bien supérieure à celle de la chair », précise-t-elle. Cette affirmation s’appuie sur des études toxicologiques, bien que leur portée reste limitée dans le débat public.

Les métaux lourds en question – plomb, cadmium, mercure notamment – sont des contaminants ubiquitaires dans l’environnement marin. Leur présence dans les écosystèmes aquatiques s’explique par des décennies de pollution industrielle, agricole et urbaine. Les poissons, en particulier ceux situés en haut de la chaîne alimentaire comme le thon ou l’espadon, accumulent ces substances au fil de leur croissance. « Plus le poisson est grand et prédateur, plus sa charge en métaux lourds est élevée », rappelle Blanca Gómez. Quand ce poisson est ensuite mis en conserve avec son huile, une partie de ces contaminants migre vers le liquide de conservation.

L’enjeu n’est pas anodin. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe le mercure et le plomb parmi les dix produits chimiques posant les plus grands risques pour la santé publique. Une exposition chronique, même à faible dose, peut entraîner des troubles neurologiques, des maladies rénales ou des effets sur la reproduction. Selon les données de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), l’alimentation représente la principale source d’exposition au mercure en France, devant les amalgames dentaires. Pour les femmes enceintes et les jeunes enfants, les recommandations sanitaires sont strictes : limiter la consommation de poissons prédateurs (thon rouge, espadon, marlin) à une fois par semaine maximum.

Et maintenant ?

Les autorités sanitaires françaises, comme l’Anses, devraient-elles réévaluer leurs recommandations concernant la consommation de l’huile des conserves de poisson ? Pour l’instant, aucune directive officielle n’a été publiée sur ce point précis. La question pourrait être abordée lors de la prochaine mise à jour du guide alimentaire du Programme national nutrition santé (PNNS), prévue pour 2027. En attendant, Blanca Gómez encourage les consommateurs à jeter l’huile des conserves plutôt que de l’utiliser pour assaisonner leurs plats. Une pratique simple, mais encore trop méconnue.

Cette alerte intervient dans un contexte où la transparence sur la qualité des produits alimentaires est de plus en plus exigée par les consommateurs. Les scandales sanitaires récents – comme celui des œufs contaminés au fipronil en 2017 – ont renforcé la méfiance envers les chaînes d’approvisionnement industrielles. Pourtant, les conserves de poisson restent un pilier de l’alimentation en France, avec une consommation annuelle de plus de 2 kg par habitant. Selon FranceAgriMer, les sardines et les maquereaux en conserve représentent à eux seuls près de 60 % du marché.

Face à cette situation, les industriels du secteur pourraient-ils être incités à modifier leurs procédés de fabrication ? Certains fabricants, interrogés par Top Santé, indiquent déjà pratiquer des analyses régulières sur leurs huiles de conservation. « Nous surveillons en permanence les taux de métaux lourds dans nos produits », affirme un porte-parole du groupe Fleury Michon, leader français des conserves de poisson. Cependant, ces contrôles ne sont pas uniformes dans toute l’industrie, ce qui laisse planer des zones d’ombre.

La vidéo de Blanca Gómez a relancé les discussions sur les limites des réglementations actuelles. En Europe, le règlement (CE) n°1881/2006 fixe des teneurs maximales pour certains contaminants dans les denrées alimentaires, mais il ne mentionne pas spécifiquement l’huile des conserves. Une lacune que l’experte souhaite voir comblée. « Il est urgent d’intégrer cette problématique dans les évaluations sanitaires », conclut-elle. Entre science, santé publique et enjeux industriels, l’affaire des métaux lourds dans l’huile des conserves de poisson soulève une question plus large : jusqu’où les consommateurs peuvent-ils encore faire confiance aux produits transformés ?

Blanca Gómez recommande de ne pas l’utiliser pour cuisiner ou assaisonner, en raison du risque de concentration en métaux lourds. Cependant, une consommation ponctuelle ne présente pas de danger avéré, selon les experts. L’Anses n’a pas émis d’avis spécifique sur ce point à ce jour.