Une enquête publiée par Top Santé révèle que sur vingt-deux huiles d'olive vierges extra disponibles en grande surface, seules trois obtiennent le label « recommandé » malgré la présence de substances jugées préoccupantes. L'étude, menée dans le cadre du magazine 60 Millions de consommateurs, met en lumière des disparités entre les produits et interroge sur les critères de qualité actuels.

Ce qu'il faut retenir

  • Trois bouteilles parmi les vingt-deux analysées se distinguent positivement selon l'enquête de 60 Millions de consommateurs, validée par Top Santé.
  • Ces trois références contiennent nonetheless des traces de contaminants, dont des hydrocarbures d'huiles minérales (MOSH/MOAH), reconnus comme potentiellement toxiques.
  • L'étude souligne que 70 % des échantillons testés présentent des teneurs en MOSH/MOAH jugées trop élevées par les experts.
  • Les trois bouteilles retenues le sont pour leur meilleur rapport qualité-prix, malgré ces réserves sanitaires.
  • Les marques concernées et les prix pratiqués n'ont pas été communiqués dans l'enquête.

Une analyse poussée sur vingt-deux références nationales

Le magazine 60 Millions de consommateurs, connu pour ses tests comparatifs, a soumis vingt-deux huiles d'olive vierges extra issues de grandes surfaces à une batterie de tests. L'objectif ? Évaluer leur qualité nutritionnelle et sanitaire, tout en comparant leur prix. Selon les résultats publiés par Top Santé, trois produits se détachent clairement : la Carrefour Bio Huile d'olive vierge extra, l'Huile d'olive vierge extra Monoprix Bio et l'Huile d'olive vierge extra Bjorg Bio.

Ces trois références sont saluées pour leur bon équilibre entre prix et qualité organoleptique, mais leur composition chimique reste un sujet de préoccupation. « Ces huiles restent consommables, mais la présence de MOSH/MOAH interroge sur les méthodes de production », a indiqué un expert cité par Top Santé.

Des contaminants persistants dans la majorité des échantillons

Parmi les vingt-deux huiles testées, quinze contiennent des hydrocarbures d'huiles minérales (MOSH/MOAH), des composés issus de la pollution industrielle ou de procédés de raffinage. Ces substances, classées comme potentiellement cancérigènes ou perturbateurs endocriniens, posent question sur leur présence dans un produit aussi consommé que l'huile d'olive. Selon l'enquête, les taux mesurés dépassent parfois les seuils recommandés par les autorités sanitaires européennes.

« Les MOSH s'accumulent dans le corps humain et peuvent provoquer des inflammations à long terme », a précisé un toxicologue interviewé par Top Santé. Les résultats montrent que les huiles bio ne sont pas épargnées : sur les trois bouteilles recommandées, deux sont issues de l'agriculture biologique, prouvant que le label ne garantit pas l'absence de contaminants.

Des alternatives existent-elles pour les consommateurs ?

Face à ces constats, les consommateurs soucieux de leur santé pourraient être tentés de se tourner vers des huiles d'olive vendues en magasins spécialisés ou en circuits courts. Cependant, l'enquête ne mentionne pas d'analyses comparables sur ces produits. Une porte-parole de 60 Millions de consommateurs a déclaré : « Les huiles premium ou issues de petites productions locales peuvent offrir une meilleure traçabilité, mais leur prix reste bien souvent inaccessible pour le budget moyen. »

Reste à savoir si les grandes enseignes vont revoir leurs critères d'approvisionnement pour limiter ces contaminants. Pour l'instant, aucune annonce officielle n'a été faite par les distributeurs concernés. Les trois bouteilles recommandées restent donc, malgré leurs réserves, les meilleures options disponibles en supermarché.

Et maintenant ?

L'Union européenne devrait publier d'ici fin 2026 de nouvelles recommandations sur les seuils admissibles de MOSH/MOAH dans les huiles végétales. Ces directives pourraient contraindre les producteurs à adapter leurs procédés de fabrication. En attendant, les associations de consommateurs appellent à une vigilance accrue lors du choix des huiles, en privilégiant les marques les plus transparentes sur leurs méthodes de production.

Cette enquête rappelle également l'importance de diversifier les sources de lipides dans l'alimentation, sans pour autant bannir l'huile d'olive, reconnue pour ses bienfaits cardiovasculaires. Les prochains tests de 60 Millions de consommateurs pourraient élargir leur champ d'analyse à d'autres huiles végétales, comme le colza ou le tournesol.

Les MOSH (Mineral Oil Saturated Hydrocarbons) et MOAH (Mineral Oil Aromatic Hydrocarbons) sont des hydrocarbures issus de la pollution industrielle ou des procédés de raffinage. Les MOSH s'accumulent dans les tissus humains et pourraient provoquer des inflammations à long terme, tandis que les MOAH sont considérés comme potentiellement cancérigènes. Leur présence dans l'huile d'olive pose question sur les méthodes de production et de stockage des matières premières.