Huit journalistes de Libération et leurs consœurs issues de la Génération Z ont pris la plume pour répondre publiquement à l’inquiétude exprimée par l’un de leurs collègues, selon lequel l’importance accordée au phallus dans la sexualité contemporaine serait en train de s’éroder.

Ce qu'il faut retenir

  • Huit journalistes de Libération ont cosigné une tribune en réponse à un article publié par un collègue de leur rédaction.
  • Ce dernier s’interrogeait publiquement sur une supposée remise en cause de l’importance du phallus dans la sexualité des jeunes femmes.
  • La tribune collective, signée par des professionnels de la Génération Z, rappelle que l’évolution des pratiques sexuelles ne se réduit pas à une hiérarchie des organes.
  • Les auteurs soulignent que le débat porte davantage sur l’égalité et la diversité des plaisirs que sur une quelconque dévalorisation.
  • Libération a publié cette tribune en réponse à un texte antérieur de leur collègue, daté de début juin 2026.

Un débat interne révélé publiquement

L’échange a débuté par la publication, dans les colonnes de Libération, d’un article signé par un journaliste de la rédaction s’inquiétant de ce qu’il présente comme un « effritement » de l’importance du phallus dans les rapports sexuels, notamment chez les jeunes femmes. Selon son auteur, cette tendance serait le signe d’une « dérive » ou d’une « perte de repères ».

Face à ce constat, huit de leurs collègues, dont plusieurs représentent ce qu’il est convenu d’appeler la Génération Z, ont choisi de répondre par une tribune collective publiée le 6 juin 2026. L’objectif affiché ? Clarifier leur position sur un sujet qui, selon eux, dépasse largement le cadre anatomique.

La Génération Z et l’évolution des normes sexuelles

Dans leur réponse, les signataires rappellent que la sexualité contemporaine s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en question des normes traditionnelles. « Le plaisir ne se mesure pas à l’aune d’un organe », écrivent-ils, ajoutant que « la diversité des pratiques et des préférences est une richesse, pas une menace ».

Ils pointent également du doigt une confusion entre évolution des mœurs et dévalorisation de certains éléments. « La sexualité ne se réduit pas à une performance ou à un schéma unique », a précisé l’un des auteurs, cité par Libération. « Il s’agit avant tout d’une question d’égalité et de respect des choix individuels. »

Un débat qui dépasse le cadre médiatique

Le sujet, bien que déclenché par une tribune interne à Libération, reflète des discussions plus larges au sein de la société française. Les études récentes sur les pratiques sexuelles des 18-30 ans, notamment celles publiées par l’IFOP en 2025, montrent en effet une diversification des rapports, avec une augmentation des pratiques non pénétratives et une remise en cause des stéréotypes de genre.

Les auteurs de la tribune rappellent d’ailleurs que, selon ces mêmes études, 42 % des jeunes femmes de 18 à 24 ans déclarent privilégier des rapports centrés sur le plaisir réciproque plutôt que sur la pénétration, un chiffre en hausse de 15 points depuis 2019. — Autant dire que cette évolution n’est pas anecdotique.

La réaction du collègue visé

Interrogé par Libération, l’auteur de la tribune initiale a indiqué qu’il « ne remettait pas en cause la légitimité des choix individuels », tout en réaffirmant son attachement à « une vision plus traditionnelle de la sexualité ». Il a toutefois reconnu que son article avait « suscité plus de réactions que prévu », ce qui l’a conduit à engager le dialogue avec ses collègues.

« Je ne voulais pas stigmatiser qui que ce soit, a-t-il expliqué. Mon intention était simplement de questionner un phénomène que je perçois comme une rupture avec les normes qui ont structuré ma génération. »

Et maintenant ?

Cette tribune pourrait bien relancer un débat plus large sur la place des médias dans la représentation de la sexualité. Plusieurs associations féministes et LGBTQIA+ ont déjà salué la prise de parole collective, tout en appelant à une « couverture plus inclusive » des sujets intimes dans la presse. Une conférence organisée par le Syndicat national des journalistes est prévue le 20 juin 2026 pour discuter de ces enjeux. Reste à voir si ce type d’initiatives conduira à des changements concrets dans les rédactions.

Quoi qu’il en soit, cette affaire illustre la difficulté à concilier tradition et modernité dans un domaine aussi intime que la sexualité. L’équilibre reste précaire, et les réactions, parfois vives, montrent que le sujet est loin d’être clos.

Les huit journalistes reprochent à leur collègue d’avoir réduit la sexualité à une question de performance ou de domination symbolique liée au phallus. Ils soulignent que cette vision ignore la diversité des pratiques et des préférences, et qu’elle relève d’un phallocentrisme persistant. Leur tribune insiste sur l’égalité des plaisirs et le respect des choix individuels, loin de toute hiérarchie anatomique.