Six mois après la tragédie qui a ravagé la station valaisanne de Crans-Montana le 3 janvier 2026, l’enquête judiciaire autour du couple Moretti, gérants du bar le Constellation, prend une nouvelle dimension. Poursuivis pour « homicide par négligence », les deux responsables pourraient voir leur chef d’inculpation aggravé, selon Libération. Une procédure hors norme, impliquant trois procureures et plus d’une centaine de victimes, s’étale sur des milliers de pages et pourrait s’étaler sur plusieurs années.

Ce qu'il faut retenir

  • Homicide par négligence : les gérants du bar le Constellation sont poursuivis pour ce chef d’accusation après l’incendie du 3 janvier 2026 à Crans-Montana.
  • Chef d’inculpation aggravé : les autorités judiciaires envisagent de durcir les charges retenues contre le couple Moretti.
  • Enquête complexe : trois procureures, une centaine de victimes et des milliers de pages de procédures composent ce dossier exceptionnel.
  • Durée indéterminée : les investigations pourraient s’étendre sur plusieurs années, selon les premières estimations.

Un incendie meurtrier et ses conséquences judiciaires

L’incendie qui a ravagé le bar le Constellation le 3 janvier 2026 a causé la mort de 12 personnes et fait 47 blessés, selon le dernier bilan officiel. Les autorités suisses avaient rapidement pointé du doigt des manquements dans la sécurité du lieu, notamment l’absence de détecteurs de fumée et des issues de secours insuffisantes. C’est dans ce contexte que le couple Moretti, en charge de l’établissement, a été mis en examen pour « homicide par négligence », une qualification juridique qui pourrait désormais être aggravée.

D’après Libération, les investigations ont révélé des dysfonctionnements graves dans la gestion des risques par les responsables du bar. Les rapports d’experts, rendus publics en mars 2026, ont confirmé que les normes de sécurité n’avaient pas été respectées, malgré des alertes répétées de la part des autorités locales. « Les manquements sont patents et systématiques », a déclaré un porte-parole du parquet de Sion, cité par le quotidien.

Une procédure judiciaire d’une ampleur inédite

Ce dossier judiciaire se distingue par son ampleur et sa complexité. Trois procureures, dont une spécialisée dans les affaires de sécurité publique, ont été désignées pour mener les investigations. Leur mission : établir les responsabilités pénales et civiles de chaque acteur impliqué, des gérants aux autorités locales qui avaient validé le fonctionnement du bar. Plus de 150 victimes et familles de victimes ont été auditionnées depuis le début de l’enquête, et les auditions devraient se poursuivre jusqu’à l’automne 2026.

Les documents judiciaires, qui s’étendent sur plusieurs milliers de pages, détaillent les témoignages, les expertises techniques et les relevés administratifs. « Nous sommes face à un puzzle géant », a expliqué une source proche du dossier à Libération. « Chaque pièce doit être vérifiée avant de pouvoir établir un lien de causalité entre les négligences et les victimes. »

Les victimes et leurs familles dans l’attente de réponses

Pour les familles des victimes, l’attente est insoutenable. Beaucoup ont déposé des plaintes contre X, espérant que l’enquête permettra d’identifier d’autres responsables. Une association, Vigilance Sécurité, a été créée pour accompagner les victimes et faire pression pour une justice rapide. « Nous voulons que justice soit rendue, mais nous savons que cela prendra du temps », a déclaré sa présidente, Sophie Lambert, lors d’une conférence de presse en juin 2026.

Côté autorités, la pression est également forte. Le gouvernement valaisan a promis une refonte complète des normes de sécurité pour les établissements recevant du public, mais les associations de victimes réclament des sanctions immédiates contre les responsables du bar. « La prévention, c’est bien, mais la punition des coupables, c’est mieux », a réagi un membre du collectif Crans-Montana en Colère.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l’enquête dépendront des conclusions des expertises en cours. Une audience préliminaire est prévue pour le 15 septembre 2026, lors de laquelle les procureures devraient présenter leurs premières conclusions. Si les charges sont aggravées, le couple Moretti pourrait être renvoyé devant le tribunal correctionnel d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, une commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des établissements recevant du public en Suisse devrait rendre son rapport au printemps 2027.

Reste à voir si cette procédure, déjà exceptionnelle par son ampleur, permettra d’apporter les réponses nécessaires aux familles des victimes. Une chose est sûre : l’affaire du bar Constellation restera dans les mémoires comme un symbole des lacunes en matière de sécurité publique en Suisse.

Les procureures pourraient retenir des circonstances aggravantes, comme la répétition des manquements aux normes de sécurité ou la connaissance des risques par les gérants. Selon Libération, les rapports d’experts ont révélé que les alertes sur l’absence de détecteurs de fumée et d’issues de secours avaient été ignorées malgré des contrôles antérieurs.