Depuis le début de l’année, 115 000 hectares ont été parcourus par les flammes en France, selon les dernières estimations. Un bilan provisoire qui confirme l’ampleur exceptionnelle des incendies de 2026, avec des conséquences économiques déjà perceptibles, notamment dans les départements de la Gironde et des Landes. Ces deux territoires, parmi les plus touchés par les feux de forêt, concentrent à eux seuls 42 000 hectares brûlés et ont conduit à l’évacuation de 220 000 personnes. Face à cette situation, le ministère de l’Économie organise ce lundi 27 juillet deux réunions majeures avec les acteurs économiques des secteurs clés, afin d’évaluer les dégâts et d’anticiper les répercussions sur l’activité locale.
Ce qu’il faut retenir
- Depuis janvier 2026, 115 000 hectares ont été ravagés par les incendies en France, une situation qualifiée d’« exceptionnelle » par le ministre de l’Intérieur.
- En Gironde, 42 000 hectares ont brûlé, entraînant l’évacuation de 220 000 personnes.
- Le ministère de l’Économie réunit ce 27 juillet les acteurs du tourisme, de l’énergie, des assurances et des télécoms pour coordonner la réponse économique.
- L’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) alerte sur les effets « loin d’être négligeables » des catastrophes climatiques répétées sur l’économie.
- Une cellule de crise économique va être ouverte à Bordeaux, selon le maire Thomas Cazenave.
Un bilan humain et matériel déjà lourd
Les incendies qui frappent actuellement la Gironde et les Landes s’inscrivent dans une dynamique inquiétante pour 2026. « Il s’agit d’une situation exceptionnelle », a reconnu le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ce dimanche 26 juillet, lors d’un point d’étape sur la gestion des feux. En Gironde, où 42 000 hectares ont été détruits, les autorités ont dû procéder à l’évacuation de 220 000 personnes, un chiffre qui illustre l’urgence de la situation. Ces incendies ne se contentent pas de dévaster des espaces naturels ; ils perturbent également les infrastructures locales, les activités agricoles et les circuits touristiques, des secteurs clés pour ces départements.
Le bilan national, avec 115 000 hectares parcourus par les flammes depuis janvier, dépasse déjà les estimations des années précédentes. Pour Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint du département Analyse et Prévision de l’OFCE, ce chiffre reflète une tendance de fond : « Jusqu’à présent, on considérait ces épisodes comme isolés. À partir du moment où ils deviennent récurrents, la question de l’adaptation de notre économie se pose avec acuité. »
L’économie en ligne de mire : des secteurs sous pression
Les répercussions des incendies sur l’activité économique sont multiples. L’OFCE met en garde contre les effets en cascade sur des secteurs aussi variés que le tourisme, l’agriculture, l’énergie ou encore les télécoms. « Une canicule ou un feu de forêt, s’il se prolonge ou prend une grande ampleur, a des répercussions sur l’économie, les infrastructures, le rendement agricole ou le tourisme », détaille Mathieu Plane. Ces impacts, bien que difficiles à quantifier avec précision pour l’heure, s’annoncent « loin d’être négligeables », insiste-t-il. La récurrence de ces catastrophes naturelles interroge en effet sur la résilience du modèle économique français face à ces nouveaux défis climatiques.
Pour y répondre, le gouvernement a convoqué ce lundi 27 juillet une première réunion avec les acteurs économiques des territoires sinistrés. Parmi eux, des représentants du tourisme, de l’énergie, des assurances et des télécoms étaient conviés. L’objectif ? « Faire un premier point de situation, identifier les besoins prioritaires et assurer la continuité de l’activité économique dans les territoires touchés », précise le ministère de l’Économie. Une seconde rencontre, élargie aux fédérations professionnelles et aux ministres délégués à l’Énergie, à l’Industrie et au Numérique, est prévue dans l’après-midi pour affiner la coordination et accélérer la mobilisation des dispositifs de soutien aux entreprises.
Gironde : le tourisme en première ligne
La Gironde, épicentre des incendies en 2026, paie un lourd tribut. Avec 42 000 hectares brûlés, le département voit son attractivité touristique mise à rude épreuve. La préfète de Gironde a même appelé les vacanciers à « envisager une autre destination » pour éviter d’aggraver la situation. Une recommandation qui s’ajoute aux mesures d’urgence déjà en place, comme l’ouverture d’une cellule de crise économique à Bordeaux, annoncée par le maire Thomas Cazenave. Cette structure vise à centraliser les informations et à faciliter l’accès des entreprises aux aides publiques.
Les professionnels du tourisme, déjà fragilisés par les années précédentes, redoutent une saison estivale en demi-teinte. Les campings, les hôtels et les locations saisonnières, souvent situés en périphérie des zones boisées, pourraient subir des annulations de dernière minute. Les acteurs de l’énergie et des télécoms, eux, doivent composer avec les risques de coupures de réseaux ou de perturbations des lignes électriques, liées aux incendies ou aux opérations de sécurité. Quant aux assureurs, ils anticipent une hausse des sinistres et des coûts de couverture, un phénomène qui pourrait se répercuter sur les primes des particuliers et des entreprises.
L’OFCE appelle à repenser la résilience économique
Pour l’économiste Mathieu Plane, les incendies de 2026 ne sont pas un simple accident de parcours. Ils s’inscrivent dans une « récurrence » de catastrophes climatiques qui impose une réflexion de fond sur l’adaptation de l’économie française. « La résilience va devenir un enjeu central », souligne-t-il. Jusqu’à présent, les pouvoirs publics et les entreprises ont traité ces épisodes comme des crises ponctuelles. Mais avec la multiplication des feux de forêt, des canicules et des inondations, la donne change. « On ne peut plus se contenter de gérer l’urgence. Il faut sécuriser les chaînes de valeur, diversifier les activités locales et investir dans des infrastructures moins vulnérables », plaide-t-il.
Cette prise de conscience s’étend au-delà des zones sinistrées. Les entreprises de tous secteurs, y compris les plus éloignées géographiquement, pourraient être contraintes de revoir leurs stratégies de continuité d’activité. Les risques liés aux aléas climatiques, autrefois perçus comme marginaux, deviennent un facteur de décision majeur pour les investisseurs et les assurances. « L’organisation du travail, la localisation des sites de production, la gestion des chaînes d’approvisionnement… Tout cela doit être repensé », martèle Mathieu Plane.
Les réunions prévues ce 27 juillet à Paris et Bordeaux devraient apporter des premières réponses concrètes. Reste à savoir si ces mesures suffiront à limiter l’impact économique d’un phénomène appelé, selon les experts, à se répéter.
Les secteurs les plus exposés sont le tourisme, l’agriculture et les télécoms. Les campings, hôtels et locations saisonnières risquent des annulations, tandis que les infrastructures agricoles (vignobles, élevages) pourraient subir des pertes. Les télécoms et l’énergie doivent aussi gérer les risques de coupures liées aux incendies ou aux opérations de sécurité.
Les entreprises sont encouragées à diversifier leurs activités, investir dans des infrastructures résilientes et adapter leurs chaînes d’approvisionnement. Les assurances pourraient aussi revoir leurs modèles de couverture pour intégrer ces nouveaux risques. Une réflexion sur la localisation des sites de production ou des bureaux s’impose également.