« Il faut arrêter de se limiter à telle ou telle catégorie d’avion », a déclaré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ce lundi 27 juillet 2026, à l’issue du conseil des ministres, alors que la polémique sur l’efficacité des Canadairs mobilisés contre les incendies s’intensifie. Selon BFM Business, il a rappelé que la France dispose de l’une des flottes aériennes les plus importantes d’Europe pour lutter contre les feux de forêt, malgré les critiques sur le renouvellement de ses moyens aériens.

Ce qu'il faut retenir

  • La France compte 12 Canadairs, mais une partie d’entre eux est régulièrement indisponible en raison de maintenance, a expliqué Laurent Nuñez.
  • Le pays dispose au total de 67 vecteurs aériens en incluant les moyens des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), soit l’une des flottes les plus importantes d’Europe.
  • Pour l’incendie de Gironde, 18 vecteurs aériens et 2 500 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, dont 1 900 renforts en provenance d’autres départements.
  • Le budget de la sécurité civile a presque doublé depuis 2017, passant de 450 à 800 millions d’euros, a souligné la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
  • Deux Canadairs supplémentaires ont été commandés en juin 2026, mais ne seront livrés qu’en 2032 en raison des délais de production.

Une flotte diversifiée, mais des critiques persistantes

Face aux remises en question sur la capacité de la France à renouveler ses moyens aériens, Laurent Nuñez a insisté sur la diversité des outils disponibles. Outre les Canadairs, le pays utilise des Dash, capables de projeter jusqu’à 10 000 litres d’eau ou de produit retardant, ainsi que 10 hélicoptères bombardiers d’eau et 6 avions. « On a au total 67 vecteurs, en ajoutant les moyens des SDIS, ce qui en fait l’une des flottes les plus importantes d’Europe », a-t-il martelé. — Autant dire que les moyens aériens français sont loin d’être négligeables, même si leur efficacité dépend aussi de leur disponibilité opérationnelle.

Le ministre a par ailleurs rappelé que la maintenance des appareils est essentielle, non seulement pour leur longévité, mais aussi pour la sécurité des pilotes. « Derrière tout ça, c’est la sécurité de nos pilotes », a-t-il souligné. Une partie des 12 Canadairs français est en effet régulièrement indisponible pour entretien, ce qui limite leur déploiement en cas de crise.

Gironde : 42 000 hectares brûlés et une mobilisation massive

L’incendie qui ravage la Gironde depuis plusieurs jours a servi de terrain d’exemple pour illustrer la réponse française. Selon les chiffres avancés par Laurent Nuñez, 18 vecteurs aériens et 2 500 sapeurs-pompiers étaient engagés sur place dimanche 26 juillet. Le SDIS 33, qui compte normalement 600 sapeurs-pompiers, a bénéficié du renfort de 1 900 effectifs supplémentaires venus d’autres départements pour tenter de contenir les flammes.

Les moyens déployés ne se limitent pas à l’extinction pure : les forces terrestres ont également travaillé à la création de pares-feux pour limiter la propagation du feu. « Toutes ces personnes ont travaillé avec les engins à terre », a précisé le ministre. Dans les airs, les avions et hélicoptères ont non seulement aspergé les zones en feu, mais aussi projeté des produits retardants sur des zones encore non touchées pour prévenir l’extension du sinistre.

L’A400M, un outil préventif controversé

Certains observateurs ont critiqué l’envoi de l’A400M en Gironde, jugé comme un simple « pansement » face à l’ampleur de l’incendie. Laurent Nuñez a défendu son utilité, expliquant que son rôle est avant tout préventif. « Il s’agit de projeter du produit retardant sur des zones qui ne sont pas habitées et qui n’ont pas été brûlées », a-t-il indiqué. L’objectif : éviter que le feu ne gagne de nouveaux territoires et ne s’étende davantage. — Une stratégie qui, selon lui, s’inscrit dans une logique de protection à long terme, même si son impact immédiat peut sembler limité.

Un budget en hausse, mais des délais de livraison longs

Pour étayer les arguments du gouvernement, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a rappelé que le budget de la sécurité civile a presque doublé depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017. « Il est passé de 450 à 800 millions d’euros », a-t-elle souligné, soit une augmentation de près de 78 %. Une hausse significative, mais qui ne suffit pas à apaiser toutes les critiques, notamment sur la lenteur des livraisons de nouveaux appareils.

Début juin 2026, le gouvernement a annoncé la commande de deux Canadairs supplémentaires, une décision saluée par certains, mais dont l’impact réel ne se fera sentir qu’en 2032. « Compte tenu des délais de production, ces appareils ne seront pas disponibles avant cette date », a confirmé Laurent Nuñez. Une échéance lointaine qui laisse planer des doutes sur la capacité de la France à anticiper efficacement les prochaines saisons d’incendies.

Et maintenant ?

La polémique autour des Canadairs devrait persister dans les mois à venir, d’autant que la saison des incendies n’est pas encore terminée. Les prochaines livraisons de nouveaux appareils, comme les deux Canadairs commandés en 2026, ne seront effectives qu’en 2032. En attendant, les autorités devront composer avec une flotte déjà importante, mais dont une partie reste indisponible en raison de maintenance. La question de l’équilibre entre renouvellement des moyens et délais de livraison restera donc au cœur des débats.

Si la France dispose aujourd’hui de l’une des flottes aériennes les plus étoffées d’Europe, son efficacité dépendra aussi de la rapidité avec laquelle les nouveaux appareils seront livrés. — Autant dire que les prochains étés pourraient encore être marqués par des tensions sur la gestion des feux de forêt.

Selon Laurent Nuñez, une partie des 12 Canadairs de la flotte française est régulièrement en maintenance pour garantir leur fiabilité et la sécurité des pilotes. Ces opérations, bien que nécessaires, réduisent temporairement le nombre d’appareils opérationnels disponibles en cas de crise.

En plus des Canadairs, la France utilise des Dash capables de projeter jusqu’à 10 000 litres d’eau ou de produit retardant, ainsi que 10 hélicoptères bombardiers d’eau et 6 avions. Au total, avec les moyens des SDIS, la flotte aérienne française compte 67 vecteurs.