Une espèce de grands singes, l’orang-outan de Tapanuli, a subi un revers dramatique lors du passage du cyclone Senyar fin 2025 en Indonésie. Selon Courrier International, qui s’appuie sur une étude publiée le 10 juin 2026 dans la revue Current Biology, environ **7 % de la population totale** de cette espèce, déjà en danger critique, a été décimée lors de la catastrophe naturelle.
Ce qu'il faut retenir
- Une espèce en danger critique : l’orang-outan de Tapanuli, découvert seulement en 2017, comptait moins de **800 individus** avant le cyclone.
- Un bilan humain et écologique lourd : le cyclone Senyar a causé la mort de **plus de 1 000 personnes** et déplacé des dizaines de milliers d’autres.
- Des pertes animales majeures : entre **50 et 58 orangs-outans** ont péri lors du passage de la tempête, selon les sources.
- Un effondrement des habitats : des versants entiers se sont effondrés sous l’effet des pluies diluviennes, aggravées par le changement climatique.
- Une menace accrue : les chercheurs estiment qu’une perte annuelle de **plus de 1 % de la population** condamnerait l’espèce à l’extinction.
Selon les scientifiques, le cyclone Senyar, qui a balayé le nord-ouest de l’océan Pacifique à la fin de l’année 2025, a laissé des traces indélébiles sur l’écosystème de Sumatra. Courrier International souligne que les pluies diluviennes, intensifiées par le réchauffement climatique d’origine humaine, ont joué un rôle clé dans cette tragédie.
Les chercheurs, parmi lesquels figure Erik Meijaard, coauteur de l’étude, ont été surpris par l’ampleur des glissements de terrain. « Des versants entiers se sont tout simplement effondrés », a-t-il déclaré au New York Times, soulignant que les données initiales lui avaient semblé erronées. Le bilan humain et animal s’élève à **plus de 1 000 morts** et **dizaines de milliers de déplacés**, mais c’est la population d’orangs-outans de Tapanuli qui paie le plus lourd tribut.
Une espèce déjà fragilisée avant la catastrophe
Découverte en 2017, l’orang-outan de Tapanuli est considérée comme la plus menacée des trois espèces d’orangs-outans. Avant le cyclone, les scientifiques estimaient sa population à **moins de 800 individus**, tous concentrés dans les forêts du nord de Sumatra, notamment dans le parc national du Gunung Leuser. Selon la BBC, **58 décès** ont été recensés parmi ces primates, soit près de **7 % de leur effectif total**. Le New York Times évoque quant à lui « plus de cinquante » orangs-outans tués.
Cette perte, bien que chiffrée, reste difficile à évaluer avec précision en raison du manque de données sur le terrain. Les chercheurs rappellent que les cyclones de cette intensité sont devenus plus fréquents et plus violents en raison du changement climatique. « Le changement climatique d’origine humaine a entraîné une augmentation de 10 à 50 % de l’intensité des précipitations liées à cette tempête », indique le New York Times.
« La crise à laquelle est confronté l’orang-outan du Tapanuli met en évidence l’interaction entre l’instabilité climatique, la disparition de la biodiversité et la vulnérabilité, ce qui exige une réponse coordonnée à la hauteur de l’ampleur de la menace. »
— Auteurs de l’étude, Current Biology, juin 2026
Le changement climatique, accélérateur de l’extinction
Les scientifiques s’accordent à dire que le cyclone Senyar n’est pas un phénomène isolé. Les pluies diluviennes qui ont frappé Sumatra en 2025 s’inscrivent dans une tendance plus large : l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes due au réchauffement climatique. Selon les chercheurs, les précipitations liées à ce type d’événements pourraient augmenter de **10 à 50 %** en raison des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.
Pour l’orang-outan de Tapanuli, cette menace est d’autant plus critique que son habitat est déjà réduit et fragmenté. Les glissements de terrain ont détruit des zones forestières essentielles à sa survie, aggravant ainsi sa vulnérabilité. Les auteurs de l’étude rappellent que, selon plusieurs travaux scientifiques, l’espèce disparaîtrait si elle continuait à perdre **plus de 1 % de sa population chaque année**. Avec un bilan de **7 % de pertes en un seul événement**, le risque d’extinction s’en trouve considérablement accru.
Des conséquences irréversibles pour la biodiversité
Les orangs-outans jouent un rôle clé dans la régénération des forêts tropicales. Leur disparition aurait des répercussions en cascade sur l’écosystème, affectant d’autres espèces animales et végétales. Les glissements de terrain, en plus de tuer directement des individus, ont également détruit des habitats déjà fragilisés par la déforestation et l’exploitation minière.
Selon les experts, la survie de l’espèce dépendra de la mise en place de mesures de protection renforcées. Les auteurs de l’étude appellent à une « réponse coordonnée » pour préserver les derniers orangs-outans de Tapanuli. Ils soulignent la nécessité de protéger les forêts restantes et de lutter contre le changement climatique, deux enjeux indissociables pour éviter une disparition définitive de l’espèce.
Le cyclone Senyar a rappelé, une fois de plus, la fragilité des écosystèmes face au changement climatique. Pour les orangs-outans de Tapanuli, chaque jour compte désormais. La communauté internationale devra-t-elle agir à temps pour éviter une nouvelle extinction causée par l’homme ?
Cette espèce, découverte en 2017, ne compte que moins de 800 individus, tous concentrés dans une zone restreinte de Sumatra. Son habitat est menacé par la déforestation, l’exploitation minière et désormais par les cyclones aggravés par le changement climatique. Selon les scientifiques, une perte annuelle de plus de 1 % de sa population pourrait entraîner son extinction.
Les chercheurs appellent à une réponse coordonnée pour renforcer la protection des forêts restantes et lutter contre le changement climatique. Des missions de suivi sont prévues pour évaluer l’état des populations, tandis que des discussions internationales pourraient s’intensifier dans les mois à venir.