À peine sortie d’une canicule historique pour un mois de mai, l’Europe s’apprête à affronter une nouvelle vague de chaleur précoce. Selon Courrier International, un anticyclone en provenance des Açores devrait s’étendre vers l’Europe centrale dans les prochains jours, repoussant vers le nord la dépression atlantique. Ce phénomène météorologique, déjà responsable de températures exceptionnelles il y a deux semaines, va maintenir un temps chaud et sec jusqu’au 22 juin, avec des pointes pouvant atteindre 36 °C en France et 35 °C en Allemagne.

Ce qu'il faut retenir

  • Un anticyclone en provenance des Açores maintient une vague de chaleur jusqu’au 22 juin en Europe.
  • En France, les températures pourraient dépasser 35 °C dans le sud dès ce week-end, puis s’étendre au nord à partir de mardi 16 juin.
  • Des seuils de canicule pourraient être atteints dans plusieurs départements entre mercredi et dimanche.
  • La vague de chaleur survient moins de 15 jours après la canicule de mai, la plus précoce et étendue jamais enregistrée.
  • Les météorologues soulignent que l’été ne fait que commencer, avec des incertitudes sur l’intensité maximale des températures dans le sud.

Dès ce samedi 13 juin, les températures ont commencé à grimper dans le sud de la France. Selon Météo France, des valeurs proches de 35 °C sont attendues en Occitanie, notamment en Languedoc, ainsi qu’en Provence. Ces chiffres dépassent largement les moyennes saisonnières pour cette période de l’année. « L’air chaud va ensuite remonter vers le nord à partir de mardi 16 juin », indique l’établissement public, précisant que des températures supérieures à 30 °C pourraient toucher une grande partie du pays.

Les scénarios de Météo France les plus pessimistes anticipent des maximales comprises entre 32 °C et 37 °C sur les régions les plus exposées entre mercredi et dimanche. Dans ce contexte, plusieurs départements pourraient basculer en situation de canicule, notamment ceux du sud-ouest et du centre-est. À Paris, le mercure pourrait atteindre 33 °C, un niveau élevé pour un mois de juin. « Ces deux vagues de chaleur aussi rapprochées n’augurent rien de bon pour l’été », souligne le météorologue Dominik Jung, interrogé par T-Online.

Un anticyclone tenace et des températures records

La persistance de cet anticyclone, alimenté par des masses d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord, explique cette nouvelle montée des températures. « Un anticyclone venu des Açores qui s’étend vers l’Europe centrale et repousse vers le nord la dépression située au-dessus de l’Atlantique », détaille le météorologue allemand. Ce blocage atmosphérique, qui bloque l’arrivée des perturbations océaniques, devrait perdurer jusqu’à la fin de la troisième semaine de juin. Les prévisionnistes allemands de T-Online anticipent déjà des pointes à 35 °C dans le sud de l’Allemagne, tandis que les régions françaises pourraient subir des températures encore plus élevées.

En France, l’épisode de mai avait déjà battu des records. Avec des températures dépassant 40 °C dans plusieurs villes, il s’agissait de la canicule la plus sévère, longue et étendue jamais enregistrée si tôt dans l’année. Les services de Météo France avaient alors placé 51 départements en vigilance canicule, un nombre exceptionnel pour un mois de mai. La récurrence de ces vagues de chaleur précoces interroge les climatologues, qui y voient un signe tangible du réchauffement climatique.

Des seuils de canicule possibles dès la semaine prochaine

Selon les dernières projections, les seuils de canicule pourraient être atteints ou dépassés dans plusieurs départements entre le 18 et le 21 juin. Les régions les plus exposées incluent l’Occitanie, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que des zones du centre-est, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes. Les températures maximales devraient osciller entre 34 °C et 37 °C dans ces secteurs, avec des minimales nocturnes restant élevées, limitant le rafraîchissement naturel.

« Il ne reste des incertitudes que sur deux points : jusqu’où les températures maximales absolues vont-elles grimper dans le sud, et quand exactement une dépression venue de l’ouest viendra-t-elle perturber le temps », explique Dominik Jung. « En bref : l’été ne fait que commencer ». Les prévisionnistes rappellent que la durée et l’intensité de cet épisode dépendront de l’évolution de la dépression atlantique, dont l’arrivée pourrait mettre fin à la vague de chaleur. Cependant, aucune perturbation majeure n’est attendue avant la fin du mois.

Et maintenant ?

Si la vague de chaleur devait persister jusqu’au 22 juin, les autorités sanitaires pourraient activer des mesures de prévention renforcées, notamment dans les grandes agglomérations. Les services de santé publique pourraient rappeler les gestes essentiels pour limiter les risques liés aux fortes chaleurs, comme l’hydratation régulière ou l’évitement des expositions au soleil aux heures les plus chaudes. Par ailleurs, les agriculteurs et les collectivités locales pourraient adapter leurs activités pour limiter l’impact sur les cultures et les ressources en eau. Reste à voir si une dépression atlantique viendra perturber ce blocage d’ici la fin du mois.

Un contexte climatique qui interroge

La récurrence de ces vagues de chaleur précoces s’inscrit dans un contexte de réchauffement climatique global. Les données de Météo France montrent une augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes caniculaires depuis le début des années 2000. Les scientifiques attribuent cette tendance à l’élévation des températures moyennes, elle-même liée aux émissions de gaz à effet de serre. Selon le rapport du GIEC publié en 2023, les vagues de chaleur devraient devenir plus fréquentes, plus longues et plus intenses en Europe d’ici la fin du siècle.

Cette nouvelle vague de chaleur intervient alors que plusieurs pays européens, dont la France, préparent des plans d’adaptation au changement climatique. Les stratégies incluent la végétalisation des villes, la rénovation thermique des bâtiments ou encore la gestion de l’eau. Cependant, ces mesures prendront du temps à produire leurs effets. En attendant, les citoyens sont invités à rester vigilants face aux températures élevées, surtout dans les zones urbaines où l’effet d’îlot de chaleur amplifie les risques sanitaires.

Que faire face à ces fortes chaleurs ?

Pour limiter les risques liés aux vagues de chaleur, les autorités sanitaires recommandent plusieurs mesures. Il est conseillé de boire régulièrement de l’eau, même en l’absence de soif, et d’éviter les boissons alcoolisées. Les sorties aux heures chaudes (entre 12h et 16h) sont à limiter, surtout pour les personnes fragiles, comme les personnes âgées, les nourrissons ou les malades chroniques. Les vêtements légers, amples et de couleur claire sont également recommandés.

Les collectivités locales peuvent activer des plans canicule, comme des salles rafraîchies ou des distributions d’eau dans les lieux publics. Les employeurs sont aussi invités à adapter les horaires de travail pour les salariés exposés à la chaleur, notamment dans les secteurs du BTP ou de l’agriculture. Enfin, il est essentiel de surveiller les bulletins météo et de se tenir informé des alertes émises par Météo France ou les préfectures.

Selon les météorologues, cette nouvelle vague de chaleur est liée à la persistance d’un anticyclone en provenance des Açores. Ce phénomène bloque l’arrivée des perturbations océaniques et maintient des masses d’air chaud en provenance d’Afrique du Nord. Il survient moins de deux semaines après la canicule de mai, elle-même exceptionnelle par sa précocité et son intensité.

Les régions les plus exposées incluent l’Occitanie, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que des zones du centre-est, comme l’Auvergne-Rhône-Alpes. Les températures pourraient atteindre 37 °C dans ces secteurs, avec des seuils de canicule possibles dès la semaine prochaine.