Une trentaine de militants anti-OGM se sont introduits, lundi 29 juin 2026, dans un entrepôt du site Seveso seuil haut de l’usine BASF à Genay, au nord de Lyon. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une « inspection citoyenne », menée un an après une première visite similaire sur ce même site. Selon Reporterre, les Faucheurs et faucheuses volontaires ont notamment découvert la présence d’un produit formulé à base d’alpha-cyperméthrine, commercialisé sous le nom de Stedfast. Un insecticide dont l’usage est strictement interdit en France depuis plusieurs années.
Ce qu'il faut retenir
- Une inspection citoyenne menée par une trentaine de militants anti-OGM a eu lieu le 29 juin 2026 sur le site Seveso seuil haut de BASF à Genay.
- Les participants ont découvert la présence d’un insecticide interdit, le Stedfast, à base d’alpha-cyperméthrine.
- Cette action s’inscrit dans le cadre d’une campagne de surveillance citoyenne contre les produits chimiques non autorisés dans les usines françaises.
- Plusieurs militants ont fait l’objet de contrôles d’identité après leur intrusion sur le site industriel.
Une opération de surveillance citoyenne sur un site classé Seveso
L’intervention des militants anti-OGM s’est déroulée sur le site industriel de BASF à Genay, un établissement classé Seveso seuil haut, ce qui signifie qu’il présente des risques importants d’accidents majeurs. Reporterre précise que cette visite s’inscrit dans la continuité d’une première inspection menée en 2025 sur le même site. Lors de cette nouvelle action, les participants ont pu accéder à un entrepôt où était stocké le Stedfast, un insecticide à base d’alpha-cyperméthrine, une substance active interdite en France depuis plusieurs années en raison de sa toxicité avérée pour les organismes aquatiques et les pollinisateurs.
Les militants ont indiqué avoir filmé et photographié la présence du produit, avant de quitter les lieux sans incident majeur. Cependant, plusieurs d’entre eux ont été interpellés par les forces de l’ordre pour contrôle d’identité, une procédure classique en cas d’intrusion sur un site industriel sensible. Selon les organisateurs, cette action vise à dénoncer la présence de substances dangereuses dans des usines françaises, malgré les interdictions en vigueur.
L’alpha-cyperméthrine, une substance controversée et interdite
L’alpha-cyperméthrine est un insecticide de la famille des pyréthrinoïdes, largement utilisé en agriculture avant son interdiction progressive en Europe. En France, son autorisation de mise sur le marché a été retirée en 2020 pour les usages agricoles, en raison de son impact sur la biodiversité et de sa persistance dans l’environnement. Pourtant, des traces de cette substance continuent d’être retrouvées dans des produits stockés dans des usines chimiques, comme en témoigne cette découverte chez BASF.
Les militants dénoncent un manque de contrôle des autorités sur les stocks de produits chimiques dans les sites industriels, malgré les réglementations strictes en vigueur. « On découvre régulièrement des produits interdits dans des usines qui devraient les avoir éliminés depuis longtemps », a déclaré l’un des organisateurs de l’opération, qui a souhaité garder l’anonymat. Selon Reporterre, cette situation illustre les failles du système de surveillance des substances chimiques en France, où les contrôles officiels restent limités.
Les réactions des autorités et les suites de l’affaire
Contacté par Reporterre, le groupe BASF n’a pas encore réagi publiquement à cette découverte. De son côté, la préfecture du Rhône a confirmé avoir été informée de l’intrusion des militants, mais n’a pas précisé si des sanctions ou des investigations supplémentaires seraient engagées à l’encontre de l’entreprise. Les Faucheurs volontaires, eux, appellent à une enquête indépendante sur la gestion des stocks de produits chimiques dans les usines françaises.
Cette affaire intervient alors que le gouvernement français a récemment renforcé les contrôles sur les sites Seveso, dans le cadre de sa stratégie nationale pour réduire les risques industriels. Pourtant, les militants anti-OGM estiment que ces mesures restent insuffisantes face à la persistance de substances interdites dans les usines. « Tant qu’on ne contrôlera pas systématiquement les stocks, des produits comme l’alpha-cyperméthrine continueront d’être présents dans nos usines », a souligné un porte-parole des Faucheurs volontaires.
Les prochaines étapes dépendront des réactions des pouvoirs publics et de la direction de BASF. Une chose est sûre : la question de la gestion des stocks de produits chimiques interdits reste un sujet de préoccupation majeure pour les associations environnementales et les riverains des sites industriels.