Depuis le début de l’année scolaire 2026-2027, les élèves du collège Victor Schoelcher d’Ensisheim, dans le Haut-Rhin, doivent se plier à une règle inédite dès leur arrivée dans l’établissement : déposer leur téléphone portable dans une pochette sécurisée avant d’entrer en classe. Une méthode radicale, mais jugée « très efficace » par Isabelle Anastasi, la principale de l’établissement, qui en détaille le fonctionnement et les bénéfices selon nos confères du Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Les élèves du collège Victor Schoelcher à Ensisheim doivent ranger leur téléphone dans une pochette sécurisée dès leur arrivée.
  • Cette mesure s’applique depuis le début de l’année scolaire 2026-2027, selon les informations du Figaro.
  • La principale de l’établissement, Isabelle Anastasi, présente cette solution comme « très efficace » pour lutter contre l’usage des téléphones en classe.
  • Le dispositif repose sur des pochettes fournies par l’établissement, où les portables restent inaccessibles pendant toute la durée des cours.

Une solution radicale pour une interdiction déjà en vigueur

Depuis 2018, la loi française interdit l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires. Pourtant, son application reste difficile à contrôler, notamment en raison des comportements individuels et des tentations constantes. À Ensisheim, la direction du collège Victor Schoelcher a choisi de passer à la vitesse supérieure en adoptant un système de pochettes sécurisées, inspiré de méthodes déjà testées dans d’autres pays européens. Ces pochettes, une fois fermées, ne peuvent être rouvertes qu’à l’aide d’un outil spécifique, rendant ainsi tout accès au téléphone impossible pendant les heures de cours.

Isabelle Anastasi, principale de l’établissement depuis trois ans, explique que cette mesure s’inscrit dans une volonté de « responsabiliser les élèves » tout en garantissant un cadre d’apprentissage serein. « On ne peut pas lutter contre l’omniprésence des écrans si on ne prend pas des mesures concrètes, a-t-elle déclaré au Figaro. Cette solution radicale est la seule qui fonctionne vraiment. » La cheffe d’établissement souligne également que le dispositif a été accueilli favorablement par une majorité des parents d’élèves, bien que certains aient exprimé des réticences initiales.

Un fonctionnement simple, mais des résultats immédiats

Le principe est le suivant : chaque élève dispose d’une pochette personnalisée, qu’il doit ouvrir au moment de franchir les portes de l’établissement. Une fois le téléphone placé à l’intérieur, la pochette est refermée et scellée à l’aide d’un système de verrouillage magnétique. Seuls les membres de l’équipe éducative possèdent la clé permettant de les rouvrir, et ce uniquement en cas d’urgence. « Cela prend moins de dix secondes par élève, et l’organisation est fluide, a précisé Isabelle Anastasi. Côté efficacité, c’est radical : plus de tentations, plus de distractions, et surtout, plus de conflits liés à l’usage des téléphones. »

Selon les premiers retours de l’équipe pédagogique, les résultats sont déjà visibles. Les enseignants constatent une meilleure concentration des élèves en classe, une réduction des incidents liés aux réseaux sociaux, et une amélioration globale du climat scolaire. « Les professeurs nous ont signalé une baisse significative des perturbations en cours, notamment en mathématiques et en français, deux matières particulièrement affectées par les écrans, explique la principale. Bref, le dispositif tient ses promesses. »

Et maintenant ?

À ce stade, le collège Victor Schoelcher reste le seul établissement alsacien à avoir adopté cette solution, mais Isabelle Anastasi espère que d’autres établissements suivront son exemple. « On est en contact avec plusieurs collèges et lycées en France, et certains envisagent sérieusement de tester le système à leur tour, a-t-elle indiqué. La prochaine étape ? Évaluer l’impact sur le long terme et éventuellement adapter le dispositif si nécessaire. » Une réunion est prévue avec les inspecteurs académiques d’ici la fin du premier trimestre pour faire un premier bilan.

Reste à savoir si cette initiative fera des émules dans d’autres régions. Pour l’heure, le collège Victor Schoelcher sert de laboratoire grandeur nature à une méthode qui pourrait bien devenir la norme dans les années à venir. Une chose est sûre : en matière de lutte contre les écrans, l’innovation ne manque pas.

Selon Isabelle Anastasi, interrogée par le Figaro, le coût est pris en charge par l’établissement. « Les pochettes sont fournies gratuitement à chaque élève, précise-t-elle. Aucun frais supplémentaire n’est demandé aux familles. »