Cinq pays continuent de proposer des dispositifs d'immigration par l'investissement, souvent appelés « visas en or », malgré le durcissement progressif de ces programmes dans le monde. Selon Courrier International, qui s'appuie sur une analyse du New York Times, ces dispositifs permettent d'obtenir une résidence longue durée, voire une citoyenneté, en échange d'un investissement financier important. Destinés initialement à relancer l'économie après la crise financière de 2008, ces programmes ont souvent été critiqués pour leur rôle dans la gentrification des pays d'accueil, ainsi que pour les risques de fraude fiscale ou de blanchiment d'argent.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq pays maintiennent des « visas en or » en 2026 : le Costa Rica, la Grèce, le Panama, le Portugal et Sao Tomé-et-Principe.
- Les montants d'investissement varient entre 90 000 dollars (Sao Tomé-et-Principe) et 250 000 euros (Grèce ou Portugal).
- Le Panama se distingue par son visa spécial pour les investisseurs dans le reboisement, notamment des forêts de teck.
- Le passeport de Sao Tomé-et-Principe offre un accès sans visa à plus de 60 pays, principalement dans les régions du Sud.
Un dispositif conçu pour attirer les capitaux étrangers
Ces programmes d'immigration par l'investissement ont été créés pour relancer les économies locales après la crise financière de 2008, précise Courrier International. Leur principe est simple : un État propose une résidence, ou une voie vers la citoyenneté, à des étrangers capables d'investir des sommes importantes. Cependant, ces dispositifs ont souvent été associés à des effets indésirables, comme la hausse des prix de l'immobilier ou des soupçons de fraudes financières. Certains pays, comme le Royaume-Uni ou l'Australie, ont ainsi réduit ou supprimé ces programmes ces dernières années.
Pourtant, cinq destinations restent attractives en 2026, avec des coûts d'entrée jugés « raisonnables » par le New York Times. Ces pays attirent particulièrement les retraités fortunés ou les investisseurs cherchant à diversifier leur patrimoine. Parmi eux, le Costa Rica et le Panama se distinguent par des programmes spécifiques pour les seniors, tandis que l'Europe mise sur des avantages liés à l'espace Schengen.
Le Costa Rica et le Panama, deux options phares en Amérique latine
Le Costa Rica propose un visa spécial pour les retraités, accessible à partir de 150 000 dollars d'investissement. Ce pays, connu pour sa stabilité politique et son cadre de vie, attire une clientèle aisée souhaitant profiter d'un climat tropical et d'un système de santé performant. De son côté, le Panama offre une solution encore plus accessible, avec un investissement minimal de 100 000 dollars. Le pays met en avant sa qualité de vie, son secteur des services dynamique et son système de santé, dont un hôpital affilié à l'américain Johns Hopkins à Panama.
Le Panama se distingue également par un visa en or dédié aux investisseurs dans le reboisement, notamment pour la plantation de forêts de teck. Ce programme s'inscrit dans une logique écologique, tout en offrant une résidence aux investisseurs. Enfin, le pays propose des formalités simplifiées pour les candidats, avec des procédures administratives accessibles en ligne.
L'Europe mise sur l'espace Schengen et des conditions assouplies
En Europe, la Grèce et le Portugal restent deux destinations prisées malgré un durcissement récent de leurs critères. Pour obtenir le visa en or portugais, il faut investir 250 000 euros, un montant qui ouvre la porte à la résidence, puis à la citoyenneté après cinq ans. L'avantage majeur réside dans l'accès à l'espace Schengen, permettant une libre circulation dans 26 pays européens. La Grèce, avec le même investissement, propose un parcours similaire, tout en restant l'un des pays les plus attractifs de la région.
Ces deux pays ont récemment renforcé leurs contrôles pour limiter les risques de fraude, mais conservent un attrait certain pour les investisseurs. Le Portugal, par exemple, a assoupli certaines conditions pour les retraités, tout en maintenant des incitations fiscales pour les nouveaux résidents. La Grèce, quant à elle, mise sur son patrimoine culturel et son climat méditerranéen pour séduire les candidats.
Sao Tomé-et-Principe, une destination atypique et avantageuse
Parmi les options les plus originales figure Sao Tomé-et-Principe, un petit État insulaire d'Afrique centrale. Ce pays propose un investissement minimal de 90 000 dollars pour obtenir une résidence, avec la possibilité de faire toutes les démarches à distance. Son principal atout réside dans son passeport, qui offre un accès sans visa à plus de 60 pays, principalement en Afrique et en Amérique latine. Ce dispositif est particulièrement intéressant pour les investisseurs souhaitant étendre leur réseau professionnel ou personnel.
Les formalités administratives sont également simplifiées, avec un délai de traitement de trois mois. Sao Tomé-et-Principe mise sur son statut de destination encore peu saturée par les programmes d'immigration, tout en offrant un cadre de vie paisible et des paysages préservés.
Ces programmes continueront probablement d'évoluer en fonction des pressions politiques et des besoins économiques des pays hôtes. Une chose est sûre : malgré les critiques, les « visas en or » restent une option viable pour ceux qui disposent des capitaux nécessaires et souhaitent s'installer à l'étranger.
Les principaux risques incluent les suspicions de blanchiment d'argent, la hausse des prix de l'immobilier dans les zones prisées et les changements réglementaires fréquents. Certains pays renforcent leurs contrôles, tandis que d'autres pourraient supprimer ces dispositifs à l'avenir.
Non, la plupart des programmes proposent d'abord une résidence longue durée, généralement valable cinq ans. La citoyenneté est ensuite accessible après plusieurs années de résidence, sous réserve de remplir certaines conditions, comme un séjour minimal dans le pays.