Les arrestations arbitraires ciblant les fidèles de la foi bahaïe se sont intensifiées ces derniers mois en Iran, selon nos confrères de Ouest France. Née au XIXe siècle dans ce pays, cette communauté religieuse, non reconnue par la République islamique, subit une persécution systématique dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis.

Ce qu'il faut retenir

  • 200 à 250 bahaïs seraient actuellement détenus en Iran, selon les dernières estimations des ONG internationales.
  • La foi bahaïe, fondée en 1863 par Bahá'u'lláh, compte environ 300 000 adeptes en Iran, malgré une reconnaissance officielle refusée par les autorités.
  • Les arrestations récentes s'inscrivent dans un contexte de conflit diplomatique entre Téhéran et Washington, le régime accusant les bahaïs de liens avec l'étranger.
  • Plusieurs rapports d'ONG dénoncent des violations systématiques des droits humains à l'encontre de cette minorité.
  • La communauté internationale, notamment l'ONU et l'Union européenne, a multiplié les appels à la libération des prisonniers bahaïs.

Une foi historique, une répression persistante

La communauté bahaïe iranienne, issue d'un mouvement spirituel apparu au XIXe siècle dans la ville de Shiraz, est la plus grande minorité religieuse non musulmane du pays. Pourtant, depuis la révolution islamique de 1979, ses membres subissent une discrimination institutionnalisée. Leur foi est officiellement considérée comme une « déviation » par les autorités, ce qui les prive de droits fondamentaux comme l'accès à l'éducation supérieure ou à la propriété.

Selon Ouest France, les arrestations récentes visent principalement des figures religieuses et des membres actifs de la communauté. « Ces détentions s'accompagnent souvent de conditions de détention déplorables et de procès inéquitables », a indiqué un porte-parole de l'Association des droits de l'homme en Iran, cité par le quotidien.

Un contexte géopolitique tendu

Le durcissement des mesures contre les bahaïs coïncide avec l'escalade des tensions entre l'Iran et les États-Unis. Depuis 2024, Téhéran multiplie les accusations contre cette minorité, l'accusant de servir d'agent d'influence occidental. « Le régime instrumentalise cette crise pour mobiliser sa base conservatrice et détourner l'attention des difficultés économiques », explique un analyste iranien sous couvert d'anonymat.

En août 2026, deux bahaïs ont été condamnés à 10 ans de prison pour « espionnage » après un procès expéditif. Leurs avocats n'ont pas été autorisés à consulter les preuves à charge, selon des sources judiciaires locales rapportées par Ouest France.

La communauté internationale se mobilise

Face à l'aggravation de la situation, plusieurs organisations internationales ont réagi. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a dénoncé, dans un rapport publié en juillet 2026, « une campagne de répression systématique » contre les bahaïs. « Les autorités iraniennes doivent mettre fin à ces persécutions et libérer immédiatement tous les prisonniers de conscience », a déclaré Michelle Bachelet, alors Haut-Commissaire, avant la fin de son mandat.

L'Union européenne, de son côté, a adopté en juin 2026 un nouveau train de sanctions ciblant les responsables des violations des droits humains en Iran. Ces mesures visent notamment des hauts fonctionnaires du ministère du Renseignement, impliqués dans la répression des minorités religieuses.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des pressions internationales sur Téhéran. Une résolution condamnant la situation des bahaïs devrait être soumise au Conseil des droits de l'homme de l'ONU d'ici la fin septembre 2026. Par ailleurs, plusieurs ONG préparent des recours devant la Cour pénale internationale pour crime contre l'humanité, au vu de la répétition des persécutions.

Pour l'heure, la communauté bahaïe en Iran reste sous haute surveillance. Les autorités continuent de justifier leur politique par des arguments sécuritaires, tout en refusant toute négociation avec les représentants de cette minorité. La question de leur survie comme entité religieuse organisée en Iran dépendra en grande partie de la réponse internationale dans les mois à venir.

L'Iran considère la foi bahaïe comme une hérésie issue d'une déviation de l'islam chiite. Depuis 1979, la République islamique refuse toute reconnaissance officielle, qualifiant cette religion de « secte illégale ». Les bahaïs sont ainsi privés de droits civiques de base et systématiquement discriminés dans l'accès à l'emploi, à l'éducation et à la propriété.