Vingt-et-un militants de la fondation Sea Shepherd, à bord d’un navire de l’organisation, viennent d’être priés de quitter l’Islande. Les autorités locales ont en effet ordonné leur expulsion après l’arraisonnement de leur bateau, intervenu la semaine dernière alors qu’ils tentaient de s’opposer à une campagne de chasse à la baleine. C’est ce qu’a annoncé la police islandaise à l’AFP, mercredi 5 août 2026, selon Ouest France.
Ce qu'il faut retenir
- 21 militants ont été visés par une mesure d’expulsion ordonnée par les autorités islandaises.
- Leur navire a été arraisonné la semaine dernière alors qu’ils menaient une action contre la chasse à la baleine.
- La décision a été communiquée par la police islandaise à l’AFP le 5 août 2026.
- Cette mesure s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes autour de la chasse baleinière en Islande.
Une opération policière sur fond de tensions environnementales
Le navire en question appartient à la fondation Sea Shepherd, dirigée par le militant emblématique des droits des animaux, Paul Watson. Les autorités islandaises ont justifié l’intervention par le non-respect des règles locales en matière d’activisme maritime. Selon les informations rapportées par Ouest France, les militants auraient tenté de perturber une campagne de chasse à la baleine en cours dans les eaux islandaises, une pratique autorisée dans le pays malgré les critiques internationales.
La police islandaise a confirmé l’arraisonnement du bateau et précisé que les passagers, désormais en situation irrégulière sur le territoire, devaient quitter le pays dans les meilleurs délais. Aucune arrestation n’a été signalée à ce stade, mais les autorités ont indiqué que des poursuites pourraient être engagées si les militants revenaient sur le territoire sans autorisation.
Sea Shepherd et l’Islande : une opposition de longue date
Cette affaire s’ajoute à une longue série de conflits entre les autorités islandaises et les organisations de défense des animaux. Depuis des années, l’Islande est régulièrement pointée du doigt pour sa pratique de la chasse à la baleine, notamment par des groupes comme Sea Shepherd, qui multiplient les actions pour y mettre fin. En 2023 encore, des militants avaient été expulsés après avoir tenté d’interférer avec des navires baleiniers.
Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, est une figure controversée. Connu pour ses méthodes radicales dans la défense des océans, il a déjà été condamné dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et au Canada, pour des actions jugées illégales. En Islande, où il n’a plus le droit de séjour, son organisation continue d’agir via des militants locaux et internationaux, malgré les restrictions imposées par Reykjavik.
Réactions et conséquences immédiates
Côté islandais, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de défendre sa souveraineté sur ses eaux territoriales et de faire respecter ses lois en matière de pêche. « Les actions de Sea Shepherd violent nos réglementations et menacent la sécurité des opérations baleinières », a déclaré un porte-parole du ministère de la Pêche islandais, cité par Ouest France.
De leur côté, les militants expulsés ont dénoncé une décision « arbitraire » et annoncé qu’ils comptaient contester la mesure devant les instances européennes. « Nous ne sommes pas des criminels, nous défendons une cause juste », a réagi un représentant de Sea Shepherd, sans préciser si l’organisation envisageait de nouvelles actions en Islande.
Cette affaire rappelle que la question de la chasse à la baleine reste un sujet sensible en Islande, où elle est perçue comme une tradition à préserver, mais aussi comme un symbole de résistance face aux pressions étrangères. La décision d’expulsion des 21 militants pourrait donc s’inscrire dans une stratégie plus large visant à décourager toute tentative d’interférence avec les activités baleinières du pays.
L’Islande pratique la chasse à la baleine depuis des décennies, principalement pour des raisons culturelles et économiques. Malgré les critiques internationales et les appels au boycott, le gouvernement islandais justifie cette activité par la nécessité de préserver une tradition locale et de gérer les stocks de baleines selon des quotas stricts. En 2023, le pays a exporté environ 1 700 tonnes de viande de baleine, principalement vers le Japon.