Le Liban subit depuis plusieurs semaines une intensification des frappes israéliennes dans le Sud du pays, où des dizaines de civils ont trouvé la mort cette semaine. Selon France 24, des dizaines de villages libanais ont reçu l’ordre d’évacuer en urgence, tandis que les frappes ciblent systématiquement les habitations et les infrastructures locales. Walid Joumblatt, figure historique de la vie politique libanaise et dirigeant de la communauté druze, a vivement dénoncé cette stratégie lors d’un entretien dans l’émission Au Cœur de l’Info, qualifiant le Sud-Liban de « petit Gaza ».
Ce qu'il faut retenir
- Une escalade meurtrière : les frappes israéliennes ont fait des dizaines de morts cette semaine au Liban, selon France 24.
- Stratégie de la « terre brûlée » : Israël détruit méthodiquement maisons et infrastructures dans le Sud-Liban, contraignant les habitants à évacuer.
- Walid Joumblatt critique : le chef druze dénonce une politique israélienne « partout, n’importe où », assimilant la région à un champ de ruines.
- Contexte politique tendu : Joumblatt, présent sur la scène politique depuis près de 50 ans, publie également des ouvrages d’analyse géopolitique.
- Crainte d’un embrasement régional : l’extension des frappes vers le Sud-Liban alimente les craintes d’une escalade plus large au Proche-Orient.
Des frappes ciblées et une population sous le choc
Les raids israéliens, menés à intervalles réguliers, ont transformé le Sud-Liban en zone de non-droit. Selon France 24, plusieurs villages – parmi lesquels Aïta al-Chaab, Maarakeh ou Bint Jbeil – ont été évacués sous la menace des bombardements. Les habitants, souvent pris au dépourvu, fuient vers le nord du pays, abandonnant derrière eux des villes fantômes. Les infrastructures vitales, comme les réseaux électriques ou les stations d’eau, sont systématiquement détruites, privant les survivants de services essentiels. « On vise tout, même les écoles et les mosquées », a témoigné un résident de Tyr, cité par France 24.
Les autorités libanaises, déjà affaiblies par une crise économique sans précédent, peinent à apporter une réponse coordonnée. Le Premier ministre Najib Mikati a appelé à la « retenue » dans un discours télévisé, tandis que le Hezbollah, allié à l’Iran, a promis des représailles. Pourtant, les frappes se poursuivent, sans signe d’apaisement immédiat.
Walid Joumblatt : un témoin engagé face à l’escalade
Walid Joumblatt, 71 ans, dirige le Parti socialiste progressiste (PSP) et incarne depuis des décennies l’équilibre fragile entre les communautés libanaises. Son analyse, publiée dans Un destin au Levant (éditions Stock), mêle expérience politique et réflexion géopolitique. Lors de son intervention, il a comparé la situation du Sud-Liban à celle de Gaza, où l’armée israélienne mène depuis octobre 2023 une offensive dévastatrice contre le Hamas. « Israël frappe partout, n’importe où. Le Sud-Liban est devenu un petit Gaza », a-t-il déclaré, soulignant l’absence de distinction entre cibles militaires et civiles.
Joumblatt a également pointé du doigt l’impunité dont bénéficierait Israël, faute de condamnation internationale ferme. « Où est l’ONU ? Où sont les grandes puissances ? », s’est-il interrogé, avant d’ajouter : « On nous dit que la guerre est nécessaire, mais à quel prix ? » Ses propos reflètent l’amertume d’une classe politique libanaise divisée, entre ceux qui appellent à la modération et ceux qui prônent une riposte armée.
Un contexte régional explosif
L’escalade au Liban s’inscrit dans un cycle de tensions bien plus large au Proche-Orient. Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, la région est sous haute tension, avec des frappes israéliennes répétées en Syrie, en Iran, et désormais au Liban. Le Hezbollah, qui soutient le Hamas, a déjà échangé des tirs de roquettes avec l’armée israélienne, faisant craindre une guerre ouverte. « Chaque incident peut dégénérer », a prévenu un diplomate européen sous couvert d’anonymat.
La communauté internationale, divisée, peine à trouver une issue. Les États-Unis, principaux alliés d’Israël, appellent à la désescalade, tandis que la France et l’Union européenne multiplient les déclarations prudentes. Pour autant, aucune médiation concrète n’a abouti à ce stade. Le Liban, déjà en proie à une crise monétaire et sociale, risque de payer le prix fort de cette nouvelle spirale de violences.
Si l’histoire récente du Liban offre une indication, les civils paieront le prix le plus lourd. Entre une armée israélienne déterminée et des factions armées déterminées à riposter, la population libanaise, une fois de plus, se retrouve en première ligne.