Une start-up russe de neurotechnologie, Neiry, affirme avoir développé une technologie permettant de transformer des pigeons en drones de surveillance quasi indétectables. Selon Capital, ces oiseaux, équipés d’un implant cérébral et d’un petit sac à dos contenant une batterie solaire et un contrôleur de vol, pourraient être dirigés à distance par des opérateurs humains.

L’innovation, présentée comme à usage « civil » par le PDG de Neiry, Alexandre Panov, soulève immédiatement des questions quant à son potentiel militaire. « On peut remarquer que le pigeon a un implant électronique dans son cerveau. Et derrière, un petit sac à dos avec une batterie solaire où se trouve aussi le contrôleur de vol », a expliqué Panov à France Info, comme le rapporte Capital. La start-up assure pouvoir commander les mouvements de l’animal, lui ordonnant par exemple de se diriger à gauche ou à droite, tout en le dotant d’une caméra pour capturer des images en temps réel.

Ce qu’il faut retenir

  • La start-up russe Neiry a développé des pigeons équipés d’un implant cérébral et d’un sac à dos contenant un contrôleur de vol et une batterie solaire, selon Capital.
  • Ces pigeons-drones pourraient être dirigés à distance et servir à la surveillance grâce à une caméra intégrée.
  • Le PDG de Neiry, Alexandre Panov, affirme que la technologie a été conçue pour un usage « civil », mais son potentiel militaire est évident.
  • L’institut partenaire ayant contribué au projet est dirigé par Katerina Tikhonova, fille de Vladimir Poutine, ce qui ajoute une dimension géopolitique à l’innovation.
  • Cette technologie s’inscrit dans un contexte où la Russie utilise déjà des animaux, comme des dauphins, pour des missions de surveillance en Ukraine.

Une technologie de contrôle cérébral pour des oiseaux transformés en outils de surveillance

La technologie développée par Neiry repose sur un implant électronique placé dans le cerveau du pigeon, connecté à un contrôleur de vol logé dans un sac à dos fixé sur l’animal. Ce dispositif, alimenté par une batterie solaire, permet aux opérateurs de transmettre des commandes directement au système nerveux de l’oiseau, modifiant ainsi sa trajectoire ou son comportement. « Ces pigeons-drones sont conçus pour être presque indétectables, car ils ressemblent en tout point à des pigeons sauvages », précise Capital.

Le choix d’un pigeon comme plateforme n’est pas anodin. Ces oiseaux, présents en grand nombre dans les zones urbaines et rurales, passent inaperçus, même dans des environnements sensibles. Leur capacité à voler sur de longues distances et à se faufiler dans des espaces restreints en fait des candidats idéaux pour des missions de surveillance discrète. Selon les informations relayées par France Info, l’implant cérébral ne semble pas affecter le bien-être de l’animal, une affirmation que le PDG de Neiry a tenu à souligner.

Un projet aux applications militaires évidentes, malgré un discours officiel civil

Si Alexandre Panov insiste sur l’usage « civil » de cette innovation — potentiellement destiné à des missions de sécurité publique ou de surveillance environnementale —, les implications militaires sont difficiles à ignorer. Dans un contexte de guerre en Ukraine, où les drones jouent un rôle central, l’utilisation d’animaux contrôlés par neurotechnologie pourrait offrir à la Russie un avantage stratégique. « Ces pigeons-drones pourraient être utilisés pour des missions de reconnaissance dans des zones où l’emploi de drones classiques est risqué ou détectable », analyse un expert en défense cité par Capital.

Cette technologie s’ajoute à une liste déjà longue d’animaux utilisés à des fins militaires par la Russie. Depuis plusieurs années, Moscou emploie des dauphins pour des missions de détection sous-marine dans le cadre du conflit ukrainien. Ces animaux, dotés de systèmes de repérage et de transmission, illustrent une stratégie russe visant à exploiter la biologie animale pour des applications de renseignement et de surveillance.

Un partenariat avec un institut dirigé par la fille de Vladimir Poutine

Le développement de ces pigeons-drones s’inscrit dans le cadre d’une collaboration entre Neiry et un institut de recherche dirigé par Katerina Tikhonova, fille aînée de Vladimir Poutine. Cette proximité avec le pouvoir russe suscite des interrogations quant aux financements et aux objectifs réels du projet. « L’implication d’un institut lié à la famille Poutine suggère que cette technologie pourrait être destinée à un usage gouvernemental ou militaire », souligne Capital.

Le lien entre Neiry et cet institut n’a pas été détaillé publiquement, mais il place ce projet sous un éclairage géopolitique. Dans un contexte où la Russie est engagée dans une guerre d’usure en Ukraine, l’innovation technologique, qu’elle soit civile ou militaire, devient un enjeu stratégique majeur. Les experts s’interrogent désormais sur la rapidité avec laquelle cette technologie pourrait être déployée sur le terrain.

Et maintenant ?

Pour l’instant, Neiry n’a pas précisé de calendrier pour une éventuelle commercialisation ou un déploiement opérationnel de ses pigeons-drones. La start-up devra probablement obtenir des autorisations réglementaires, notamment pour garantir le respect du bien-être animal et éviter toute utilisation abusive de cette technologie. Les prochaines semaines pourraient apporter des éclaircissements sur les partenariats concrets avec des acteurs publics ou militaires russes. En attendant, cette innovation soulève des questions éthiques et stratégiques qui dépassent largement le cadre technique.

Les limites et les risques d’une telle technologie

Malgré l’enthousiasme affiché par Neiry, plusieurs obstacles pourraient freiner l’adoption à grande échelle de ces pigeons-drones. D’abord, la fiabilité du système de contrôle cérébral reste à prouver sur le long terme. Les oiseaux, bien que robustes, pourraient développer des résistances ou des comportements imprévisibles en réponse à l’implant. Ensuite, l’utilisation d’animaux pour des missions de surveillance soulève des questions éthiques, même si le PDG de Neiry affirme que le bien-être des pigeons est préservé.

Sur le plan technique, la transmission des données en temps réel pourrait être perturbée par des interférences électromagnétiques ou des conditions météorologiques défavorables. Enfin, l’impact environnemental de cette technologie — notamment en cas de dispersion accidentelle de pigeons équipés — reste à évaluer. Autant dire que, malgré son apparente simplicité, cette innovation soulève autant de défis qu’elle ne promet de solutions.

Les principaux risques éthiques concernent le bien-être animal, même si Neiry affirme que ses pigeons ne sont pas maltraités. L’utilisation d’animaux à des fins militaires ou de surveillance pose également des questions sur l’autonomie des êtres vivants, réduits à des outils technologiques. Enfin, en cas de fuite ou de perte de contrôle, ces animaux pourraient devenir des vecteurs de dissémination de technologies sensibles, avec des conséquences imprévisibles pour l’écosystème ou la sécurité publique.