À la demande de la France, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence ce lundi 1er juin 2026 pour évoquer l’escalade militaire en cours au Liban, où Israël a ordonné des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien. Selon Le Figaro, le président français Emmanuel Macron a estimé que « rien ne justifie l’escalade majeure en cours au Sud Liban », marquant ainsi une nouvelle intervention diplomatique dans un conflit qui s’envenime depuis plusieurs semaines.

Ce qu’il faut retenir

  • Une escalade militaire sans précédent : Israël a lancé des frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, et intensifie son offensive terrestre au Liban, la plus profonde depuis 26 ans.
  • Une réaction internationale immédiate : La France a obtenu la convocation du Conseil de sécurité de l’ONU en urgence pour tenter d’endiguer la crise.
  • Un bilan humain lourd : Depuis le début du conflit le 2 mars, plus de 3 412 personnes ont été tuées au Liban, dont une majorité de civils, et plus d’un million de déplacés.
  • Une trêve en vigueur mais fragilisée : Un cessez-le-feu censé être en place depuis le 17 avril est régulièrement violé par les deux camps.
  • Des négociations en suspens : Les États-Unis proposent un plan pour relancer les pourparlers entre Israël et le Liban, conditionné à l’arrêt des attaques du Hezbollah.
  • Des frappes ciblées et des évacuations massives : Israël a ordonné l’évacuation d’une quinzaine de villages dans le Sud, tandis que des centaines de familles fuient Beyrouth.

Israël accentue sa pression militaire sur le Liban

Israël a ordonné ce lundi des frappes ciblées contre la banlieue sud de Beyrouth, un quartier largement contrôlé par le Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien. D’après Le Figaro, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a justifié cette décision par « des violations répétées du cessez-le-feu » par le Hezbollah, ainsi que par des attaques contre des « villes et citoyens » israéliens. Ces frappes s’inscrivent dans une intensification de l’offensive terrestre israélienne au Liban, la plus profonde depuis le retrait israélien en 2000 après 18 ans d’occupation.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a prévenu que « pas de calme » ne régnerait à Beyrouth sans un arrêt des attaques du Hezbollah. Ses déclarations ont provoqué une vague de panique parmi la population, des centaines de familles prenant la fuite avec leurs biens les plus précieux. « Nous avons immédiatement quitté la banlieue », a témoigné Hadi, un employé de 24 ans, rentré temporairement chez lui grâce à la trêve en vigueur. Les rues de la banlieue sud étaient désertes en milieu de journée, les magasins fermés et les habitants en fuite.

Une trêve fragilisée et des négociations au point mort

Israël avait cessé ses frappes quotidiennes contre la banlieue sud de Beyrouth en avril, après des pressions diplomatiques. Deux frappes ciblées avaient toutefois visé ce quartier et le sud de la capitale en mai, officiellement dirigées contre des responsables du Hezbollah. Le conflit, qui a débuté le 2 mars avec une attaque du Hezbollah contre Israël en représailles à des frappes israélo-américaines contre l’Iran, a déjà fait 26 morts côté israélien, dont 25 soldats et un contractuel civil.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué une attaque aux missiles contre un objectif militaire dans la région de Tibériade, dans le nord d’Israël. Si l’armée israélienne n’a pas immédiatement réagi à cette affirmation, le mouvement chiite mène régulièrement des opérations contre des positions israéliennes dans le sud du Liban. Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé une « agression féroce » d’Israël, tout en réaffirmant que les négociations restaient « le seul moyen de mettre fin à la guerre ».

L’Union européenne et l’Iran s’expriment sur la crise

L’Union européenne a appelé Israël, qui s’était retiré du Liban en 2000 après 18 ans d’occupation, à cesser son « escalade militaire » et à respecter le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril. Téhéran, pour sa part, a réitéré que tout accord pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient était conditionné à un cessez-le-feu au Liban. Le président américain Donald Trump a de son côté affirmé que l’Iran « veut vraiment conclure un accord », une déclaration qui contraste avec la rhétorique belliqueuse des dernières semaines.

Les États-Unis ont proposé un plan pour relancer les négociations entre Israël et le Liban : le Hezbollah devrait mettre fin à toutes ses attaques contre Israël, en échange d’une absence d’escalade militaire israélienne à Beyrouth. Ce plan a été présenté dimanche soir par un responsable américain, alors que des discussions doivent se tenir à Washington mardi et mercredi entre les deux pays. Le Hezbollah, qui s’oppose à ces pourparlers, a été exclu des négociations.

Beyrouth sous le feu et une région en ébullition

Israël cherche à étendre son contrôle militaire jusqu’au fleuve Litani, situé à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière, afin d’y établir une « zone sécurisée » sous sa supervision. L’armée israélienne a ordonné l’évacuation d’une quinzaine de villages dans le Sud, où les combats s’intensifient. Le Hezbollah a annoncé combattre les forces israéliennes aux abords de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique surplombant le sud du Liban et une partie du nord d’Israël. Israël a pris le contrôle de cette forteresse dimanche, la qualifiant de « tournant majeur » de ses opérations militaires.

Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé une « agression féroce » d’Israël, tout en réaffirmant la nécessité de négocier. Il a précisé que son pays restait ouvert au dialogue, malgré l’escalade militaire. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, s’est entretenu avec lui et Benyamin Netanyahou pour tenter d’avancer sur un cessez-le-feu durable. Cependant, l’opposition farouche du Hezbollah à ces discussions complique toute avancée.

Et maintenant ?

Les prochaines heures seront déterminantes : le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer sur une éventuelle résolution pour calmer les tensions, tandis que les négociations de Washington pourraient aboutir à un nouveau cessez-le-feu. Israël maintient sa pression militaire, mais une escalade incontrôlée pourrait entraîner une réponse régionale plus large. La communauté internationale, divisée, tente de trouver un équilibre entre fermeté et diplomatie pour éviter une guerre ouverte au Liban.

Le bilan humain continue de s’alourdir, et la situation humanitaire se dégrade rapidement. Alors que des centaines de milliers de Libanais sont déjà déplacés, une nouvelle vague de violences pourrait aggraver une crise déjà ingérable. Reste à voir si la pression internationale suffira à inverser la tendance ou si le conflit s’étendra au-delà des frontières libanaises.

La banlieue sud de Beyrouth est un bastion du Hezbollah, mouvement chiite pro-iranien considéré comme une menace majeure par Israël. Les frappes ciblent des « cibles terroristes » liées au groupe, selon les autorités israéliennes, qui accusent le Hezbollah de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril et de mener des attaques contre Israël.