Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a critiqué jeudi 25 juin l'annulation par l'Italie d'une conférence prévue à Miami, qualifiant cette décision de « regrettable ». Cette rencontre, qui devait rassembler le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani et le chef de la diplomatie américaine, devait notamment permettre de signer un accord sur les minerais critiques, selon Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Une conférence prévue le 25 juin à Miami a été annulée par l'Italie en signe de protestation contre des propos de Donald Trump.
  • Cette réunion devait aborder les relations économiques entre les États-Unis et l'Italie, ainsi que la signature d'un accord sur les minerais critiques.
  • Marco Rubio a déclaré que « c'est regrettable qu'un événement comme celui-là ait été interrompu » tout en soulignant que des accords étaient prêts à être signés.
  • Les tensions entre Washington et Rome s'inscrivent dans un contexte de désaccords sur la gestion des crises internationales, notamment concernant l'Iran.
  • Marco Rubio a évoqué un sommet de l'Otan en Turquie début juillet pour aborder ces sujets.

Une annulation motivée par des propos controversés de Donald Trump

La décision de l'Italie de reporter la conférence de Miami s'inscrit dans la droite ligne d'une polémique née lors du sommet du G7 en France. Selon Le Figaro, Donald Trump a affirmé que la Première ministre italienne Giorgia Meloni lui avait « demandé encore et encore » de prendre une photo avec lui lors de ce sommet. Une déclaration qui a provoqué la colère des autorités romaines, conduisant à l'annulation de l'événement prévu le 25 juin.

Cette conférence devait réunir, en marge du G7, le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani et Marco Rubio. Elle avait pour objectif principal de renforcer les liens économiques entre les deux pays, avec notamment la signature d'un accord sur les minerais critiques, ressources stratégiques pour les industries technologiques et énergétiques.

Marco Rubio minimise l'incident tout en réaffirmant la solidité des relations bilatérales

Face aux journalistes, Marco Rubio a tenté de relativiser l'annulation de la réunion, déclarant : « J’aurais préféré qu’ils viennent quand même, mais cela dit, nous avions des accords prêts à être signés. Nous allons quand même les faire signer prochainement. Il ne nous reste plus qu’à trouver un endroit où le faire. » Selon lui, les relations entre Washington et Rome restent « solides à tous les niveaux », malgré les tensions récentes.

Le secrétaire d'État américain a par ailleurs réitéré les critiques de Donald Trump envers plusieurs pays européens, estimant qu'ils n'avaient pas pris « leurs responsabilités » face à la menace iranienne. « Le président est très contrarié. Il a le sentiment que non seulement l'Italie, mais aussi d'autres pays, à un moment où nous étions confrontés à une menace, non seulement pour nous, mais plus particulièrement pour l'Europe, de nombreux pays européens n'ont pas pris leurs responsabilités et n'en ont pas fait assez », a-t-il expliqué.

Un désaccord qui dépasse le cadre bilatéral

Les tensions entre les États-Unis et l'Italie ne se limitent pas à cette annulation. Selon Le Figaro, Washington reproche à Rome son manque d'implication dans la stratégie occidentale face à l'Iran. Cette divergence illustre les difficultés rencontrées par les États-Unis pour mobiliser leurs alliés européens sur les dossiers de sécurité internationale.

Marco Rubio a d'ailleurs précisé que ces sujets seraient « à nouveau abordés lors du sommet de l'Otan » en Turquie, prévu début juillet. Cette rencontre pourrait ainsi servir de cadre pour apaiser les tensions et relancer les discussions sur les enjeux communs.

« Nos relations avec l'Italie se poursuivent sans encombre à tous les niveaux. » — Marco Rubio, secrétaire d'État américain

Un contexte politique italien déjà tendu

Cette crise diplomatique survient alors que le gouvernement de Giorgia Meloni traverse une période de grande fragilité politique. Depuis plusieurs semaines, la Première ministre italienne fait face à une opposition croissante au sein de son propre camp, tandis que sa popularité s'effrite dans l'opinion publique. Plusieurs médias italiens évoquent même une possible motion de censure à son encontre, bien que rien ne soit acté pour l'instant.

Dans ce contexte, l'annulation de la réunion de Miami pourrait être perçue comme un moyen pour Rome de marquer son mécontentement face aux déclarations de Donald Trump, tout en affichant une fermeté symbolique sur la scène internationale. Une stratégie qui pourrait, selon certains observateurs, renforcer la position de Giorgia Meloni auprès de son électorat national.

Et maintenant ?

La signature des accords préparés entre les États-Unis et l'Italie devrait intervenir dans les prochaines semaines, une fois un nouveau lieu trouvé. Le sommet de l'Otan en Turquie, début juillet, pourrait également offrir une opportunité de relancer le dialogue entre Washington et Rome. Reste à voir si les deux parties parviendront à dépasser leurs divergences, notamment sur la question iranienne, ou si ces tensions persisteront dans les mois à venir.

Cette affaire illustre en tout cas les défis auxquels doit faire face la diplomatie américaine pour maintenir la cohésion de ses alliances en Europe, dans un contexte international marqué par des crises multiples et des divergences croissantes entre alliés traditionnels.