Paolo Maldini, ancien directeur technique de la Fédération italienne de football (FIGC), a livré de nouveaux éléments sur l’échec des négociations avec Pep Guardiola pour prendre les rênes de la Nazionale, selon RMC Sport. L’ancien entraîneur de Manchester City aurait « failli signer » avant de renoncer « par fatigue », malgré une offre salariale bien inférieure à ses prétentions initiales.

Ce qu'il faut retenir

  • Guardiola a « failli accepter » le poste de sélectionneur de l’Italie, selon Paolo Maldini, qui évoque une négociation « très sérieuse ».
  • Le coach espagnol aurait commencé à rédiger des compositions d’équipe sur papier, avant de décliner l’offre pour des raisons de fatigue physique.
  • Le salaire demandé n’a jamais été un frein : Guardiola aurait accepté un euro de moins que son prédécesseur, contre les rumeurs de 20 millions d’euros par an.
  • Les autres candidats envisagés, comme Carlo Ancelotti ou Daniele De Rossi, ont été écartés en raison de leurs engagements en Serie A.
  • Andrea Pirlo, initialement pressenti, a vu sa candidature compromise par des liens avec une société de paris sportifs russes.
  • C’est finalement Roberto Mancini qui a été nommé, avec un début prévu en octobre 2026 face à la France en Ligue des nations.

Dans une interview accordée au Corriere della Sera ce dimanche 9 août 2026, Paolo Maldini a détaillé les coulisses de la recherche désespérée d’un successeur à Gennaro Gattuso à la tête de l’équipe nationale italienne. Avec son acolyte Leonardo, il avait pour mission de trouver un profil capable de redonner un style technique et offensif à la Nazionale. Leur choix s’est rapidement porté sur Pep Guardiola, dont l’intérêt pour le poste semblait déjà bien avancé.

« Il était très tenté et a même commencé à écrire des compositions d’équipe sur papier », a révélé Maldini. Les discussions, menées lors d’un déjeuner à Barcelone, ont duré toute une journée. Le technicien espagnol, alors en poste à Manchester City, avait clairement exprimé son envie de s’investir dans une équipe nationale. Pourtant, malgré cette motivation affichée, il a finalement décliné l’offre, invoquant l’épuisement après dix années en Premier League et une opération du dos.

« Guardiola sort de dix années éprouvantes en Premier League. Il a subi une opération du dos. Il a besoin de repos », a expliqué Maldini. Contrairement aux rumeurs persistantes, la question financière n’a jamais été un obstacle. « L’argent n’a jamais été un problème. Pep nous a dit clairement : donnez-moi un euro de moins que le salaire de l’entraîneur précédent, et ça me va », a-t-il précisé. Les deux parties avaient même entamé une analyse des effectifs disponibles, des moins de 17 ans jusqu’aux équipes de jeunes.

« C’est l’entraîneur qui incarne le mieux le jeu technique et offensif. Nous sommes allés lui rendre visite à Barcelone, nous avons déjeuné ensemble et discuté toute la journée. »
— Paolo Maldini, ancien directeur technique de la FIGC

Si Guardiola a été le candidat le plus sérieux, d’autres noms circulaient. Carlo Ancelotti, Daniele De Rossi et Fabio Grosso figuraient parmi les prétendants, mais tous étaient sous contrat avec des clubs de Serie A. « Le président nous a dit que, compte tenu des accords qui ont mené à son élection, avec le soutien de tous les clubs sauf la Lazio, nous ne pouvions pas toucher aux entraîneurs des équipes de Serie A », a rappelé Maldini. De Rossi et Grosso ont donc été écartés d’emblée, faute de pouvoir être libérés de leurs obligations.

Face à ces contraintes, le duo Maldini-Leonardo s’est tourné vers Andrea Pirlo. « Nous avons opté pour Andrea (Pirlo). Malagò (le président de la FIGC) était au courant de tout, nous l’avons tenu informé régulièrement. Nous souhaitions un jeune entraîneur qui s’investirait pleinement dans le projet et qui puisse faire carrière au plus haut niveau. Techniquement, lorsque je discute avec Pirlo, je le trouve extrêmement bien préparé », a-t-il souligné. Pourtant, la candidature de Pirlo a été compromise par des révélations sur ses liens avec une société de paris sportifs russes, un dossier qui a « certainement eu un impact » sur sa non-nomination.

Après cet échec, Maldini et Leonardo ont présenté leur démission à la Fédération. C’est finalement Roberto Mancini, ancien sélectionneur, qui a été choisi pour prendre les rênes de la Nazionale. Son premier match officiel est prévu en octobre 2026, face à la France dans le cadre de la Ligue des nations. Une décision qui met un terme à des mois de tractations et de spéculations dans le football italien.

Et maintenant ?

Roberto Mancini aura donc la lourde tâche de succéder à un processus de sélection chaotique et de relancer une équipe italienne en quête d’identité. Son premier défi consistera à rassembler un groupe autour d’un projet clair, alors que les blessures et les désistements ont rythmé l’intersaison. La prochaine échéance majeure sera le match contre la France en octobre, où Mancini devra prouver que l’Italie peut encore rivaliser avec les meilleures nations européennes.

Cet épisode soulève également des questions sur la gestion des entraîneurs nationaux en Italie. Avec des contraintes réglementaires fortes (notamment l’impossibilité de débaucher des techniciens de Serie A), la FIGC pourrait être contrainte de revoir sa stratégie pour les prochaines nominations. Par ailleurs, la fatigue physique et mentale des grands entraîneurs, comme Guardiola l’a évoqué, interroge sur l’équilibre entre carrière en club et engagement en sélection.

Le président de la FIGC, Gabriele Malagò, a confirmé que les accords ayant mené à son élection empêchaient de « toucher aux entraîneurs des équipes de Serie A ». Seuls les clubs de la Lazio s’y étaient opposés, mais cette règle a suffi à écarter De Rossi (alors entraîneur de l’AS Roma) et Grosso.

Selon Paolo Maldini, les liens de Pirlo avec une société de paris sportifs russes ont été « un facteur décisif » dans sa non-nomination, en raison de l’impact négatif sur l’opinion publique. La FIGC a donc préféré éviter tout risque de polémique supplémentaire.

Reste à voir si Roberto Mancini parviendra à redonner un souffle nouveau à une équipe italienne en perte de repères. Après l’échec des négociations avec Guardiola et les aléas autour de Pirlo, le football transalpin devra désormais se reconstruire avec les moyens du bord. Une chose est sûre : la pression sera maximale dès le premier match officiel.