Alors que la France prépare les Jeux olympiques d’hiver de 2030, le débat sur l’organisation des épreuves de hockey sur glace s’intensifie. Laurent Wauquiez, député LR de Haute-Loire et ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a d’ores et déjà tranché : « Ce ne sera pas Paris, c’est hors de question », a-t-il déclaré ce samedi à l’AFP. Selon Franceinfo - Sport, cette prise de position s’inscrit dans un contexte de tensions autour du choix des sites pour accueillir le tournoi masculin de hockey, épreuve phare des Jeux qui draine une forte affluence et génère des revenus importants en billetterie.
Ce qu’il faut retenir
- Paris est désormais exclu par Laurent Wauquiez pour l’accueil des épreuves de hockey masculin lors des Jeux d’hiver 2030.
- Initialement prévues à Nice, les épreuves ont vu leur projet remis en cause après le refus du maire Eric Ciotti d’installer une patinoire temporaire au stade Allianz Riviera.
- Les régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes proposent des alternatives, avec Lyon et Paris comme candidats possibles.
- La décision finale doit être prise début juin 2026, alors que le comité d’organisation (Cojop) étudie actuellement les différentes options.
Un projet initial bouleversé par le refus de Nice
Le projet initial du comité de candidature « Alpes 2030 » prévoyait de regrouper l’ensemble des disciplines de glace, dont le hockey masculin, à Nice. Cependant, cette option a été abandonnée après l’élection d’Eric Ciotti à la mairie de Nice en mars 2026. Le nouveau maire a catégoriquement refusé d’autoriser la construction d’une patinoire temporaire dans l’enceinte du stade Allianz Riviera, mettant fin à cette possibilité. « Il y a une très très grosse pression de Paris », a souligné Laurent Wauquiez, dénonçant ainsi une volonté centralisatrice qu’il juge incompatible avec l’esprit olympique.
Lyon et Paris en lice pour accueillir le hockey
Face à l’impasse niçoise, le comité d’organisation des Jeux (Cojop) examine désormais deux autres sites pour organiser le tournoi masculin de hockey. À Lyon, la LDLC Arena s’est officiellement portée candidate, tandis que le groupe Entertainment Company, qui gère l’Accor Arena et l’Adidas Arena à Paris, a également fait acte de candidature. Les deux infrastructures mettent en avant leur capacité d’accueil importante, un argument clé pour une discipline comme le hockey, dont les matchs attirent un large public et génèrent des recettes significatives en billetterie.
Pourtant, Laurent Wauquiez rappelle que les Jeux olympiques ne doivent pas être réduits à une logique purement financière. « Mais les Jeux olympiques, ce n’est pas avant tout une histoire d’argent, c’est d’abord une histoire de sport, une histoire de valeurs, c’est une histoire d’ancrage dans le territoire », a-t-il insisté. Il défend ainsi une organisation décentralisée, privilégiant les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, qui disposent déjà d’équipements adaptés pour accueillir ces épreuves.
Un débat politique et territorial sous tension
La position de Laurent Wauquiez s’inscrit dans un clivage plus large entre les partisans d’une organisation parisienne, souvent perçue comme une vitrine nationale, et ceux qui prônent une répartition des sites pour favoriser les territoires et désengorger la capitale. L’ex-président de région, devenu « conseiller spécial » de Fabrice Pannekoucke (qui lui a succédé à la tête d’Auvergne-Rhône-Alpes en 2024), insiste sur la nécessité de « mettre les choses au clair » pour éviter que la question ne s’envenime. Il a d’ailleurs précisé : « Il faut que personne n’ait de doute : ça ne sera pas ailleurs que dans nos régions ».
« Il y a une très très grosse pression de Paris (...) ce ne sera pas Paris, c’est hors de question. »
— Laurent Wauquiez, député LR de Haute-Loire et ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes
Les prochaines étapes avant la décision finale
Le choix du site pour le hockey masculin doit être acté début juin 2026, une échéance qui se rapproche à grands pas. Le comité d’organisation dispose encore de quelques semaines pour évaluer les candidatures de Lyon et Paris, ainsi que les arguments avancés par chacune des parties. Si la LDLC Arena à Lyon offre une solution clé en main, l’Accor Arena et l’Adidas Arena à Paris pourraient séduire par leur proximité avec les infrastructures olympiques prévues en Île-de-France et leur capacité à accueillir un événement d’une telle envergure.
Parallèlement, les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur continuent de défendre leurs atouts. Avec plusieurs patinoires existantes et des équipements modernes, elles estiment pouvoir proposer des solutions viables sans recourir à des constructions temporaires coûteuses. Ce débat dépasse donc le simple cadre sportif pour toucher à des enjeux d’aménagement du territoire et de politique régionale.
Quoi qu’il en soit, cette polémique illustre les défis que devront relever les organisateurs des Jeux d’hiver 2030. Entre attentes financières, impératifs sportifs et enjeux politiques, le choix des sites s’annonce comme un casse-tête logistique et stratégique. Une chose est sûre : le hockey, discipline phare des Jeux, ne manquera pas d’alimenter les discussions dans les semaines à venir.
Le projet a été abandonné après le refus du maire de Nice, Eric Ciotti, d’autoriser la construction d’une patinoire temporaire dans le stade Allianz Riviera. Cette décision a contraint le comité d’organisation à chercher d’autres solutions pour accueillir les épreuves de hockey masculin.