Comme le rapporte Le Figaro, un nouveau chantier fait débat à Paris. Le projet de construction d’un nouveau pavillon d’entrée pour l’Assemblée nationale, estimé à plus de 50 millions d’euros, a été discrètement relancé mi-juillet. Ce projet, présenté par Yaël Braun-Pivet en 2025, prévoit la construction d’un bâtiment ultramoderne de 4 000 mètres carrés, qui viendrait remplacer le petit édifice bâti en 1888 sur les quais de Seine, à droite de la façade principale.

Ce projet a suscité une levée de boucliers des associations de défense du patrimoine, notamment Sites et Monuments, qui a lancé il y a plusieurs mois une pétition recueillant aujourd’hui plus de 62 000 signatures. Le président de l’association, Julien Lacaze, ne décolère pas et juge que « ce nouveau bâtiment en verre déséquilibrerait le paysage historiquement néoclassique, magistral, minéral et horizontal des lieux ».

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet de nouveau pavillon d’entrée de l’Assemblée nationale est estimé à plus de 50 millions d’euros.
  • Le projet prévoit la construction d’un bâtiment ultramoderne de 4 000 mètres carrés.
  • Le projet a suscité une levée de boucliers des associations de défense du patrimoine.
  • Une pétition contre le projet a recueilli plus de 62 000 signatures.
  • Le projet a été discrètement relancé mi-juillet.

Les critiques du projet

Les critiques du projet sont nombreuses. Julien Lacaze estime que « On ne peut pas remplacer ainsi l’entrée actuelle, qui plus est en parfait état. Elle est imprégnée par l’histoire parlementaire et symbolise la démocratie méfiante, car elle a été construite après la tentative d’assassinat de Jules Ferry ». Il accuse également Yaël Braun-Pivet d’avoir choisi le projet architectural « le plus démonstratif et grossier pour accueillir le plus de visiteurs possible à l’Assemblée ».

Les autres critiques portent sur le coût du projet. « En période de disette budgétaire, l’Assemblée n’a-t-elle pas mieux à faire que de dépenser de l’argent public pour défigurer un site historique ? », s’indigne Sites et Monuments. L’Assemblée répond toutefois que les travaux seraient entièrement financés sur ses fonds propres, sans dotation du gouvernement.

Les réactions des personnalités

Parmi les opposants au projet, Ségolène Royal s’est empressée de réagir. « Cette débauche d’argent public est en effet scandaleuse et doit cesser », a écrit l’ancienne ministre de l’Environnement sur les réseaux sociaux. Elle ajoute que Yaël Braun-Pivet « n’est pas propriétaire des lieux » et qu’il faut cesser « cette sorte de privatisation d’un des monuments historiques les plus emblématiques de Paris ».

Emile Meunier, coprésident écolo du groupe Nouveau Paris Populaire (LFI) à la Mairie de Paris, a quant à lui qualifié l’architecture du bâtiment de « sorte d’Apple Store érigé juste à côté du Palais Bourbon ». L’élu s’est félicité d’avoir représenté « le seul groupe à gauche s’étant opposé à ce projet au nom du respect du patrimoine, des institutions et de l’écologie ».

Le soutien inattendu de JoeyStarr

Sites et Monuments a également bénéficié du soutien inattendu de JoeyStarr, le rappeur vedette du légendaire groupe Suprême NTM. L’artiste parisien ne s’est pas répandu. Il a simplement repartagé la vidéo en commentant ironiquement « douce France ». L’association l’a remercié en répondant « personne ne veut de ce projet, sauf Yaël Braun-Pivet ».

Et maintenant ?

La présidence de l’Assemblée nationale espère voir la construction achevée avant 2028. Et, surtout, les travaux engagés avant la fin de la législature, des législatives étant hautement probables à l’issue de la présidentielle du printemps, quel que soit le vainqueur. Avant la suspension, en février, plusieurs millions d’euros ont été dépensés en frais de cabinet d’architectes ou de lancement et d’attribution de marchés.

Après consultation de l’architecte des Bâtiments de France et de la commission locale des sites patrimoniaux remarquables par le préfet d’Île-de-France, le projet de modification du plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7e arrondissement de Paris devra faire l’objet d’une enquête publique, puis être définitivement approuvé par arrêté du préfet.

En conclusion, le projet de nouveau pavillon d’entrée de l’Assemblée nationale est un sujet de débat houleux. Les critiques sont nombreuses et les réactions des personnalités sont vives. Il reste à voir comment ce projet va évoluer dans les prochains mois.