L’homme d’affaires américain John Textor, ancien propriétaire de l’Olympique Lyonnais, continue de s’opposer à la direction actuelle du club brésilien de Botafogo, qui souhaite le voir quitter ses fonctions. Selon RMC Sport, Textor a publié une longue vidéo sur Instagram lundi 2 juin 2026 pour réaffirmer son attachement au club et ses droits sur sa gestion, malgré les critiques virulentes et les décisions judiciaires récentes à son encontre.

Ce qu'il faut retenir

  • 90 % des parts de la SAF Botafogo restent revendiquées par Textor, malgré son exclusion progressive et les accusations de la société anonyme gérant le club.
  • Le 16 mai 2026, la SAF Botafogo l’a publiquement désavoué, l’accusant de ne pas s’être « absolument pas préoccupé de la stabilité financière et institutionnelle » du club.
  • Un mois plus tôt, un tribunal avait écarté Textor de la direction d’Eagle Football Holdings Bidco, principal actionnaire du conglomérat détenant Botafogo.
  • Textor promet de ne pas abandonner le club et affirme avoir trouvé un accord avec le fonds d’investissement Ares pour un apport de capital, sans préciser les modalités.
  • Il a déposé une plainte contre Eagle Bidco la semaine dernière, contestant la légitimité de son contrôle sur les actions de la SAF Botafogo.

Un désaveu public et des accusations de mauvaise gestion

La société anonyme Botafogo (SAF) a publiquement désavoué John Textor le 16 mai 2026, dans un communiqué cinglant. Selon la direction, l’homme d’affaires n’a « absolument pas » veillé à la stabilité financière et institutionnelle du club, le plongeant dans une situation « extrêmement fragile ». Ces critiques s’ajoutent à un contentieux avec le conglomérat Eagle Football Holdings Bidco, qui a abouti à son éviction de la direction du groupe un mois plus tôt, le 15 avril, par décision de justice.

Ces tensions surviennent dans un contexte déjà tendu pour Botafogo. En juillet 2025, le club avait frôlé la rétrogradation administrative, une menace évitée de justesse grâce à des mesures urgentes. Textor, qui a dirigé le club depuis 2022, est également mis en cause pour la gestion des flux financiers et des transferts, notamment après l’échec du rachat de l’Olympique Lyonnais par le réseau multiclubs Eagle Bidco.

Textor contre-attaque : droits de propriété et promesses de titres

Face à cette exclusion progressive, John Textor a choisi de s’exprimer directement auprès des supporters de Botafogo via une vidéo diffusée sur Instagram. « Je suis Botafogo, je suis de la famille, ce club m’appartient et je n’abandonnerai jamais », a-t-il déclaré en anglais, sous-titré en portugais. « Je ne partirai pas tant qu’on ne me traînera pas dehors. Nous gagnerons toujours plus de titres. Je vous le promets. »

Il a rappelé les succès sportifs du club sous sa présidence, notamment les titres de champion du Brésil et de la Copa Libertadores en 2024. « Je veux clore une histoire, celle de promesses faites et tenues », a-t-il affirmé. « Je suis arrivé ici en 2022 en tant qu’homme, et j’ai promis de faire rayonner Botafogo. Je voulais le montrer au monde entier. »

Un conflit d’intérêts et des actions en justice

Pour tenter de conserver une influence sur la gestion de Botafogo, Textor a évoqué un accord avec le fonds d’investissement Ares, principal créancier d’Eagle Football Holdings Bidco. Selon Globo Esporte, cité par RMC Sport, cet accord porterait sur un apport de capital, bien que les détails restent flous. Textor a également déposé une plainte contre Eagle Bidco la semaine dernière, accusant le réseau multiclubs de ne pas avoir respecté les conditions prévues pour le transfert de ses biens personnels vers la société anonyme.

Ses avocats estiment que les 90 % des actions de la SAF Botafogo lui appartiennent toujours, et non à Eagle Bidco. « On parle beaucoup d’investisseurs qui viendraient racheter les parts du club, mais je tiens à être très clair : je possède 90 % des parts de la SAF Botafogo », a-t-il affirmé. « Je suis membre du club social. Je suis ici avec le club social pour soutenir ce club et les ambitions des supporters. »

Un héritage controversé et des dettes en suspens

L’arrivée de John Textor à la tête de Botafogo en 2022 avait suscité l’espoir d’une modernisation et d’une internationalisation du club. Cependant, ses méthodes de gestion ont rapidement été critiquées, notamment après l’échec cuisant du rachat de l’OL par Eagle Bidco, qui devait s’accompagner d’un investissement massif. Les dettes accumulées par le réseau multiclubs ont finalement conduit à l’abandon du projet, laissant Botafogo dans une situation financière précaire.

Par ailleurs, la relation entre Textor et Eagle Bidco s’est dégradée au point de donner lieu à des poursuites judiciaires. L’ancien propriétaire de l’OL reproche au conglomérat de ne pas avoir respecté les engagements pris concernant le transfert de ses actifs personnels vers la SAF Botafogo. Une bataille juridique qui pourrait, à terme, redessiner l’équilibre des pouvoirs au sein du club brésilien.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives pour trancher le conflit opposant John Textor à la direction de Botafogo et à Eagle Bidco. Une audience judiciaire est attendue dans les prochains jours concernant la plainte déposée par Textor, tandis que la SAF Botafogo pourrait renforcer ses mesures pour écarter définitivement l’homme d’affaires. Pour les supporters, la situation reste incertaine : entre espoirs de stabilité et craintes d’un nouveau bouleversement dans la gestion du club.

Reste à voir si Textor parviendra à conserver une influence majeure ou si le club parviendra à tourner définitivement la page de cette période troublée.

En attendant, la vidéo de Textor et ses déclarations enflammées rappellent que le bras de fer n’est pas terminé. Entre promesses de titres et accusations de mauvaise gestion, le club de Rio de Janeiro se retrouve au cœur d’une tempête médiatique et juridique.

La SAF Botafogo lui reproche de ne pas avoir veillé à la stabilité financière et institutionnelle du club, ce qui a plongé Botafogo dans une situation « extrêmement fragile ». Ces critiques font suite à des menaces de rétrogradation administrative évitées de justesse en juillet 2025 et à l’échec du rachat de l’Olympique Lyonnais par le réseau multiclubs Eagle Bidco.

Textor affirme détenir 90 % des parts de la SAF Botafogo et être toujours membre du club social. Il conteste la légitimité d’Eagle Bidco à contrôler ces actions et a déposé une plainte pour faire valoir ses droits, notamment après l’échec du transfert de ses biens personnels vers la société anonyme.