Chaque 1er juillet, la Journée internationale de la blague invite à célébrer l’humour sous toutes ses formes, selon Euronews FR. Cette année encore, l’occasion est donnée de rappeler une légende comique aussi absurde qu’intrigante : celle de la blague la plus drôle du monde, imaginée par le légendaire groupe Monty Python. Un gag si puissant qu’il tue de rire ceux qui l’entendent — du moins, c’est ce que raconte un sketch culte diffusé en 1969.
Ce qu'il faut retenir
- Une blague mythique : le sketch « Joke Warfare » (ou « Killer Joke ») des Monty Python, diffusé le 5 octobre 1969 dans le premier épisode de Monty Python’s Flying Circus, met en scène une blague mortelle.
- Une arme de guerre : selon le scénario, cette blague aurait été utilisée comme arme par l’armée britannique pendant la Seconde Guerre mondiale.
- Une blague jamais révélée : la chute du sketch repose sur le fait que la blague en question n’est jamais divulguée au public.
- Une référence humoristique : le Guinness World Records attribue la première blague de l’histoire à un proverbe sumérien datant de 1900 av. J.-C., d’un goût plus que douteux.
- Un humour en danger : Terry Gilliam, membre des Monty Python, estimait en 2023 que le sens de l’humour était en déclin dans la société contemporaine.
Une célébration mondiale pour redonner le sourire
Créée pour égayer le début de la seconde moitié de l’année, la Journée internationale de la blague s’adresse à tous ceux qui souhaitent égayer leur quotidien par une bonne vanne ou un fou rire partagé. Alors que l’actualité internationale, souvent chargée de tensions, peut peser sur les esprits, cette journée rappelle l’importance du rire comme exutoire et moyen de résistance. Euronews FR souligne que l’humour, qu’il soit absurde, sarcastique ou potache, reste un remède universel pour dédramatiser les situations les plus sombres.
Les possibilités pour marquer cette journée sont multiples : raconter une blague à un collègue, envoyer un meme à un ami, ou encore regarder une comédie pour se détendre. Certains préfèrent se plonger dans l’histoire de l’humour, comme cette première blague officielle répertoriée par le Guinness World Records. Datant de 1900 avant notre ère, elle provient d’un proverbe sumérien et dit : « Quelque chose qui ne s’est jamais produit depuis des temps immémoriaux : une jeune femme qui n’a pas pété sur les genoux de son mari. » Un humour scatologique qui, visiblement, traverse les millénaires sans prendre une ride.
La « killer joke » des Monty Python : un mythe devenu culte
Impossible d’évoquer l’humour sans tomber, tôt ou tard, sur la fameuse « blague la plus drôle du monde » des Monty Python. Elle apparaît dans le tout premier épisode de leur émission Monty Python’s Flying Circus, diffusé le 5 octobre 1969 sur la BBC. Le sketch, intitulé « Joke Warfare » (ou « Killer Joke »), se présente comme un faux documentaire sur une arme si terrifiante qu’elle tue instantanément ceux qui l’entendent. L’intrigue tourne autour d’Ernest Scribbler, interprété par Michael Palin, qui écrit la blague sur un bout de papier, la lit à voix haute et meurt de rire. Sa mère, jouée par Eric Idle, le découvre et meurt à son tour en lisant ce qu’elle prend pour une lettre de suicide.
La blague, selon le scénario, est ensuite récupérée par l’armée britannique et utilisée comme une arme psychologique contre l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Les militaires anglais tentent de la traduire en allemand, mais dans des conditions strictement contrôlées : chaque traducteur n’a accès qu’à un seul mot de la phrase, pour éviter tout risque. L’un d’eux, ayant vu deux mots par accident, est hospitalisé pendant plusieurs semaines. Les images illustrant le sketch montrent des soldats britanniques et allemands pris de convulsions de rire incontrôlables après avoir entendu la blague.
L’échec des contre-attaques allemandes
Les Allemands, conscients de la menace que représente cette arme comique, tentent à leur tour de riposter. Les Monty Python parodient leurs efforts en insérant de vraies images d’Adolf Hitler, tirées du film Triumph of the Will de Leni Riefenstahl. Sous un discours du dictateur, des sous-titres proposent un échange absurde : « Mon chien n’a pas de nez » / « Comment sent-il ? » (répond la foule) / « Très mauvais ». Une autre tentative, diffusée à la radio, prend la forme d’un échange entre deux cacahuètes : « Zher were zwie peanuts walking down der strasse, und one was assaulted... peanut. Ho ho ho. » Aucune de ces contre-attaques ne parvient à rivaliser avec la blague britannique.
La blague finit par être bannie par la Convention de Genève en 1950. La dernière copie connue est scellée sous un monument portant l’inscription « À la blague inconnue ». Ironie ultime : le gag final du sketch repose sur le fait que la blague en question n’est jamais révélée au public. Du moins, pas dans sa version originale en anglais. Les spectateurs allemands, eux, pourraient être tentés de chercher la traduction… mais celle-ci n’a strictement aucun sens. Composée de mots aléatoires comme « Wenn ist das Nunstück git und Slotermeyer? », elle sonne vaguement germanique sans vouloir rien dire. « Quand est-ce que le ??? et le ??? Oui ! Quelque chose à propos d’un chien et le ??? » résume à peu près la structure de ce charabia dénué de sens.
Terry Gilliam : l’humour, dernier rempart contre l’absurdité du monde
Lors d’un entretien accordé à Euronews FR en 2023, au Festival Lumière de Lyon, l’ancien Monty Python Terry Gilliam partageait une analyse sans concession de l’évolution de l’humour contemporain. Selon lui, « les gens sont en train de perdre leur sens de l’humour, et c’est probablement, pour moi, le plus important des sens. Le toucher est très important, le goût aussi, mais le sens de l’humour l’est encore davantage. » Il ajoutait : « On en arrive au point où les gens ont peur de rire. “Oh non, tu te moques de quelqu’un !” Non, je me moque de l’humanité, et nous sommes une espèce de créatures absurdes. »
Pour Gilliam, l’humour est une réponse naturelle à l’absurdité de la condition humaine. « Nous sommes drôles parce que nous avons tant de prétentions et que nous nous cassons la figure sans arrêt. Faites-en des blagues ! Ça rend la vie plus intéressante. » Son constat, teinté d’une pointe de nostalgie, interroge : un humour aussi subversif que celui des Monty Python pourrait-il encore trouver sa place dans un paysage médiatique et sociétal de plus en plus policé ?
Cette année encore, l’appel est lancé : faites rire, soyez drôles, et surtout, n’oubliez pas de partager votre meilleure vanne. Qui sait ? Peut-être qu’un jour, la fameuse « killer joke » des Monty Python trouvera enfin son public… en version comestible.
Selon le scénario du sketch des Monty Python, la Convention de Genève de 1950 a officiellement interdit l’usage des blagues comme armes de guerre. La dernière copie connue de la « killer joke » a ensuite été scellée sous un monument portant l’inscription « À la blague inconnue ». Bien sûr, il s’agit d’une fiction comique, mais elle illustre avec brio l’absurdité de l’humour comme outil de destruction.