Pour la première fois dans l’histoire d’une Coupe du monde, un joueur né en Colombie a ouvert le score lors d’un match de la compétition, avant de réitérer son exploit à trois reprises en quatre rencontres avec le maillot du Mexique. Selon Courrier International, Julián Quiñones, 29 ans, incarne ainsi une double identité footballistique qui fascine autant les supporters mexicains que colombiens.
Né en 1997 dans le village de Magüi Payán, situé dans le sud-est de la Colombie, un territoire marqué par la violence où le football sert souvent d’échappatoire, Quiñones a été repéré par le club mexicain des Tigres à la fin de son adolescence. Après avoir évolué dans une équipe amateur locale, il a rapidement franchi les frontières pour s’imposer comme l’un des ailiers les plus décisifs du tournoi.
Ce qu'il faut retenir
- Premier Colombien à marquer l’ouverture d’une Coupe du monde avec une autre sélection nationale, celle du Mexique.
- Il a inscrit **trois buts en quatre matchs** lors de l’édition 2026, qualifiant le Mexique pour les huitièmes de finale.
- Passé par les clubs mexicains des Tigres, Atlas CF et Club América, il a remporté **quatre titres nationaux** en l’espace de quelques saisons.
- Ancien international colombien en catégories jeunes, il a décroché une médaille d’or aux **Jeux centraméricains et des Caraïbes en 2018**.
- Son parcours illustre la porosité croissante entre les talents sud-américains et les grands championnats nord-américains.
Un parcours façonné par la précocité et l’adaptation
Julián Quiñones a vu le jour le 24 mars 1997 à Magüi Payán, une commune du département de Nariño, en Colombie. Dans cette région rurale et souvent frappée par les conflits armés, le football représentait bien plus qu’un simple loisir : une échappatoire pour des milliers de jeunes. Repéré pour son agilité et sa technique balle au pied, il intègre rapidement les rangs amateurs avant de se faire remarquer par les recruteurs mexicains.
Dès 2016, il signe avec les Tigres de la UANL, un club phare du football mexicain, où il affine son jeu malgré une concurrence rude. Son profil athlétique et sa capacité à dribbler les défenseurs lui ouvrent les portes de l’Atlas CF en 2021. C’est sous ces couleurs qu’il inscrit son nom dans l’histoire du club en participant à la conquête du championnat mexicain en 2022, mettant fin à soixante-dix ans de disette. « Ce qui est remarquable, c’est qu’il a réussi ce parcours avec un autre maillot que celui de son pays de naissance », souligne le quotidien colombien El Tiempo, cité par Courrier International.
Une naturalisation payante sur le terrain
Si Quiñones a porté les couleurs de la Colombie en équipes jeunes – et remporté la médaille d’or aux Jeux centraméricains et des Caraïbes en 2018 –, sa naturalisation mexicaine lui a permis de briller avec la sélection A. Ses performances en club ont convaincu le sélectionneur national, qui l’a aligné dès le premier match du Mexique lors de la Coupe du monde 2026, au stade Azteca de Mexico. Le 30 juin, il a ouvert le score face à l’Équateur (victoire 2-0), avant de récidiver contre deux autres adversaires lors des phases de groupes.
« Le naturaliser n’était pas une erreur », pouvait-on lire dans la presse mexicaine, tant son impact a été immédiat. Avec quatre buts en quatre matchs (dont un doublé contre le Venezuela en phase de groupes), il est devenu le joueur mexicain le plus décisif du tournoi et un symbole de réussite pour une nation qui compte désormais sur ses talents locaux et naturalisés pour viser les sommets.
Un profil atypique dans le football nord-américain
Le parcours de Quiñones illustre une tendance croissante dans le football nord-américain : l’intégration de joueurs sud-américains naturalisés, capables de renforcer des sélections en quête de résultats. Contrairement à d’autres continents où les naturalisations sont souvent motivées par des considérations purement sportives, le cas mexicain repose aussi sur une stratégie de long terme, visant à exploiter un vivier de talents disponibles.
Après ses succès à l’Atlas CF, il a enchaîné les titres avec le Club América, autre géant du championnat mexicain, consolidant sa réputation comme l’un des meilleurs ailiers du continent. Son profil, à la fois rapide et technique, lui permet de s’adapter à différents systèmes de jeu, une qualité rare qui explique son succès en sélection.
« Ce qui est étonnant, c’est qu’il l’a fait avec un autre maillot [que celui de son pays de naissance], celui du Mexique. »
Les prochaines étapes pour Quiñones et le Mexique
Alors que le Mexique affronte désormais l’une des meilleures équipes du tournoi en huitièmes de finale, Julián Quiñones reste sous les projecteurs. Son objectif ? Poursuivre sa série de buts et aider son équipe à réaliser un parcours historique. Si le Mexique parvient à se hisser en quarts de finale ou au-delà, son nom figurera sans conteste parmi les révélations de l’édition 2026.
Côté club, la saison à venir s’annonce tout aussi exigeante. Après plusieurs titres nationaux, le joueur pourrait tenter sa chance dans un championnat européen, où son profil serait susceptible de séduire des clubs en quête de créativité offensive. Une hypothèse que les observateurs évoquent déjà, même si le joueur n’a pour l’instant formulé aucun commentaire à ce sujet.
Alors que le football nord-américain continue de se structurer, des joueurs comme Quiñones en deviennent les ambassadeurs. Leur parcours rappelle que le talent n’a pas de frontières, et que l’intégration peut se muer en succès collectif.