À 18 ans, un accident de travail lui a coûté une partie de sa jambe droite. Pourtant, Julien Veysseyre ne s’est jamais laissé définir par ce handicap. Selon Ouest France, ce sportif déterminé a choisi de se lancer un objectif à la mesure de sa résilience : devenir le premier amputé à boucler l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, la course d’ultra-endurance la plus prestigieuse au monde, prévue fin août autour du massif emblématique. Un pari audacieux qui illustre une fois de plus comment l’esprit humain peut transcender les limites physiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Julien Veysseyre, victime à 18 ans d’un accident du travail ayant entraîné l’amputation partielle de sa jambe droite, tente de devenir le premier amputé à terminer l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB) fin août 2026.
  • L’UTMB, considéré comme le plus exigeant des trails, s’étend sur près de 170 km avec un dénivelé positif de 10 000 mètres autour du Mont-Blanc.
  • Veysseyre, dont la participation reste conditionnée à l’obtention d’une dérogation spéciale, s’entraîne depuis plusieurs mois pour relever ce défi physique et mental.
  • Sa démarche s’inscrit dans une volonté de montrer que « la compétition, c’est l’histoire de [sa] vie », selon ses propres termes.

Un parcours marqué par l’accident et la résilience

L’histoire de Julien Veysseyre bascule brutalement le jour où, à seulement 18 ans, un accident sur son lieu de travail lui arrache une partie de sa jambe droite. Côté sportif, le jeune homme pratiquait déjà la course à pied avec passion. Selon ses déclarations rapportées par Ouest France, cet événement n’a pas signé la fin de ses ambitions, mais bien le début d’une nouvelle forme de combat. « La compétition, c’est l’histoire de ma vie », confie-t-il. Une phrase qui résume à elle seule sa philosophie : transformer l’épreuve en force, et le handicap en levier de performance.

Depuis cet accident, Veysseyre a multiplié les défis sportifs pour prouver que rien n’est impossible. L’Ultra-Trail du Mont-Blanc représente l’apogée de cette quête, avec ses 170 kilomètres de sentiers escarpés, ses passages en altitude et ses conditions météo changeantes. Autant dire que le parcours est déjà exigeant pour un athlète valide — pour un coureur amputé, il relève de l’exploit.

Une participation soumise à dérogation et à préparation intensive

Pour que Julien Veysseyre puisse officiellement s’aligner sur la ligne de départ de l’UTMB 2026, plusieurs obstacles restent à franchir. D’abord, obtenir l’autorisation des organisateurs. Selon les règles de l’UTMB, les coureurs doivent justifier d’un niveau sportif élevé et d’une préparation adaptée. Veysseyre devra donc convaincre le comité d’organisation de la légitimité de sa candidature, en démontrant qu’il est en mesure de terminer la course sans assistance particulière.

Côté entraînement, le sportif s’est lancé dans un programme rigoureux, incluant des sorties longues en montagne, des séances de renforcement musculaire et des tests d’endurance spécifiques. « Il faut anticiper chaque étape, chaque descente, chaque montée », explique-t-il. L’amputé doit notamment adapter sa foulée et sa technique de course pour compenser la perte de mobilité, ce qui implique des heures de travail supplémentaires avec des prothésistes spécialisés.

L’UTMB, un terrain de jeu exigeant pour les athlètes

Créé en 2003, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc s’est imposé comme une référence mondiale dans l’univers de l’ultra-trail. Chaque année, des milliers de coureurs du monde entier se pressent au départ de Chamonix pour affronter un parcours qui serpente entre la France, l’Italie et la Suisse. Avec ses 10 000 mètres de dénivelé positif et ses passages à plus de 2 500 mètres d’altitude, la course teste autant l’endurance que la résistance mentale des participants.

En 2025, l’UTMB a enregistré un record de 10 000 inscrits pour les différentes épreuves, dont l’UTMB — la course reine de 170 km. Si Julien Veysseyre parvient à se qualifier, il deviendra le premier athlète amputé à tenter l’aventure, une première qui pourrait marquer l’histoire de la discipline. Mais au-delà du symbole, son objectif reste clair : boucler les 170 km en moins de 46 heures, temps limite imposé par les organisateurs.

Et maintenant ?

Dans les semaines à venir, Julien Veysseyre devra finaliser sa préparation et obtenir sa qualification pour l’UTMB 2026. Les organisateurs devraient rendre leur décision d’ici la fin du mois de juin, après examen de son dossier. Si sa candidature est acceptée, il rejoindra les quelque 2 500 coureurs attendus au départ de l’UTMB, où il espérera inspirer par son parcours. Quelle que soit l’issue, son aventure rappelle que les défis les plus fous commencent souvent par une question simple : jusqu’où peut-on aller quand on refuse de renoncer ?

Pour suivre l’avancée de sa candidature ou découvrir son parcours, le site officiel de l’UTMB et les réseaux sociaux de Veysseyre devraient relayer les dernières informations dans les prochains mois.

Les organisateurs de l’UTMB exigent que les coureurs justifient d’une préparation adaptée et d’un niveau sportif équivalent aux autres participants. Une dérogation spéciale est généralement nécessaire pour les athlètes ayant des besoins spécifiques, comme une prothèse. Le dossier est examiné au cas par cas par le comité d’organisation, qui vérifie notamment que le coureur peut terminer la course en autonomie.