Le commerce extérieur chinois a connu une performance solide en juillet, confirmant la dynamique positive du géant asiatique malgré des signes de ralentissement dans certains secteurs. Selon Le Figaro, les exportations ont enregistré une hausse de 23,9 % sur un an, tandis que les importations ont progressé de 27,5 %. Ces chiffres, publiés vendredi par les douanes chinoises, s'inscrivent dans un contexte de forte demande mondiale pour les produits technologiques, notamment ceux liés à l'intelligence artificielle.
Ce qu'il faut retenir
- Exportations en hausse de 23,9 % en juillet 2026, conforme aux prévisions des analystes (23 % attendus)
- Importations en progression de 27,5 %, un rythme inférieur à celui de juin (36 %) et aux anticipations (29,5 %)
- La demande mondiale pour les produits technologiques, boostée par l'IA, soutient les ventes chinoises
- Le déficit commercial de la Chine s'est creusé, reflétant une croissance plus rapide des importations que des exportations
- Les données des douanes chinoises confirment une tendance de fond : un commerce extérieur toujours dynamique, mais avec des disparités sectorielles
Une croissance portée par l'intelligence artificielle et la demande mondiale
La Chine profite pleinement du boom mondial de l'intelligence artificielle, qui stimule la demande pour ses produits technologiques. Les exportations chinoises, en hausse de 23,9 % en juillet, dépassent les attentes des analystes interrogés par Bloomberg, dont la prévision médiane était de 23 %. « Ce chiffre confirme la résilience des exportations chinoises, notamment dans les secteurs high-tech », a souligné un économiste de la banque d'investissement Natixis, contacté par Le Figaro. Les produits électroniques, les semi-conducteurs et les équipements liés à l'IA restent les principaux moteurs de cette croissance.
Côté importations, la Chine a enregistré une progression de 27,5 % en juillet, un rythme inférieur à celui de juin (+36 %), mais toujours significatif. Cette décélération s'explique en partie par une demande intérieure moins soutenue que prévu dans certains secteurs, comme l'immobilier ou l'automobile. Les analystes s'attendaient à une hausse de 29,5 %, selon les estimations de Bloomberg, ce qui place le résultat en léger deçà des prévisions.
Un déficit commercial qui se creuse, reflet des déséquilibres économiques
Malgré ces chiffres globalement positifs, le déficit commercial de la Chine s'est creusé en juillet. Les importations, en progression plus rapide que les exportations, ont contribué à un déséquilibre structurel. « La Chine doit rééquilibrer ses échanges pour éviter une dépendance excessive aux exportations », a déclaré un responsable du ministère chinois du Commerce, cité par Le Figaro. Cette situation rappelle les tensions commerciales récurrentes avec ses partenaires, notamment les États-Unis et l'Union européenne, qui accusent Pékin de dumping ou de pratiques commerciales déloyales.
Les données publiées vendredi montrent également que la Chine reste le premier partenaire commercial de nombreux pays, malgré les barrières douanières et les tensions géopolitiques. En Europe, la France, par exemple, voit son déficit commercial avec la Chine s'aggraver, atteignant des niveaux records. « Le poids de la Chine dans le commerce mondial est désormais écrasant », a rappelé un expert de l'Institut Montaigne dans une récente analyse. Cette dépendance pose question sur la capacité des autres économies à rivaliser avec le géant asiatique.
Des perspectives contrastées pour les mois à venir
Alors que la Chine affiche une croissance solide de son commerce extérieur, les incertitudes persistent quant à l'évolution future de ses échanges. Les analystes s'attendent à une poursuite de la demande pour les produits technologiques, mais certains secteurs pourraient souffrir d'un ralentissement de l'économie mondiale. « La croissance des importations pourrait se stabiliser, voire ralentir, si la consommation intérieure chinoise reste atone », a expliqué une économiste de la banque HSBC.
Par ailleurs, les tensions commerciales avec les États-Unis, toujours vives malgré les récentes trêves, pourraient peser sur les échanges. Les droits de douane sur certains produits chinois restent en place, et de nouvelles mesures protectionnistes ne sont pas à exclure. « Le commerce extérieur chinois dépendra largement de l'évolution des relations sino-américaines », a rappelé un responsable de la Chambre de commerce européenne en Chine.
Cette performance du commerce extérieur chinois intervient alors que le pays fait face à des défis structurels, comme le vieillissement de sa population et la transition vers une économie moins dépendante des exportations. Si la demande mondiale pour les produits high-tech reste soutenue, la Chine devra rapidement diversifier ses partenariats commerciaux pour pérenniser sa croissance.
Le ralentissement des importations chinoises en juillet, à +27,5 % contre +36 % en juin, s'explique en partie par un affaiblissement de la demande intérieure dans des secteurs clés comme l'immobilier et l'automobile. Les analystes évoquent également un effet de base statistique après une période de forte croissance, ainsi que des tensions commerciales persistantes qui pourraient inciter les entreprises chinoises à réduire leurs stocks.