Alors que le marché des fruits d’été bat son plein, la production mondiale de pastèques révèle une domination écrasante de la Chine, selon les dernières données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ces chiffres, publiés dans le classement 2024, confirment la position de Pékin comme premier producteur mondial, loin devant ses concurrents directs. Top Santé, qui a analysé ces statistiques, met en lumière les spécificités de ce marché agricole souvent sous-estimé.
Ce qu'il faut retenir
- La Chine produit plus de 65 % de la production mondiale de pastèques en 2024.
- La Turquie, l’Inde et le Brésil complètent le top 4 des producteurs mondiaux.
- La pastèque, fruit emblématique des saisons estivales, génère un marché de plusieurs milliards de dollars.
Une domination chinoise sans équivoque
Avec une production annuelle estimée à 70 millions de tonnes, la Chine écrase la concurrence. À titre de comparaison, le deuxième producteur mondial, la Turquie, atteint à peine les 4 millions de tonnes. Cette avance s’explique par des conditions climatiques favorables, une main-d’œuvre nombreuse et des investissements massifs dans l’agriculture intensive. Les régions du nord et du nord-est du pays, comme le Hebei et le Shandong, sont particulièrement réputées pour leurs cultures de pastèques.
Les experts soulignent que cette suprématie chinoise ne montre aucun signe de ralentissement. «
La Chine a su développer des techniques de culture adaptées aux grands volumes, tout en maintenant une qualité constante », a déclaré Li Wei, économiste agricole à l’Université de Pékin. « Cela lui permet de répondre à la demande intérieure comme à l’exportation. »
Les autres acteurs majeurs du marché
Si la Chine occupe une place à part, les trois autres pays du podium complètent un paysage agricole diversifié. La Turquie, avec ses 3,8 millions de tonnes, mise sur des variétés adaptées aux climats méditerranéens. L’Inde, de son côté, produit 2,5 millions de tonnes, principalement dans les États de l’Uttar Pradesh et du Maharashtra. Quant au Brésil, il se distingue par une production de 2 millions de tonnes, principalement concentrée dans le nord-est du pays.
Ces quatre pays représentent à eux seuls plus de 80 % de la production mondiale. Leurs stratégies diffèrent : certains misent sur l’exportation, d’autres sur la consommation locale. Autant dire que le marché de la pastèque reste très segmenté selon les régions.
Un fruit aux multiples usages
La pastèque n’est pas seulement un fruit estival rafraîchissant. Elle est aussi utilisée dans l’industrie agroalimentaire, notamment pour la production de jus, de confitures ou de plats préparés. En Chine, par exemple, près de 30 % de la récolte est transformée avant d’être consommée. Les variétés sans pépins, développées dans les années 1990, ont également révolutionné le marché en répondant aux attentes des consommateurs.
D’après Top Santé, la demande mondiale pour ce fruit devrait continuer de croître, portée par une prise de conscience accrue des bienfaits nutritionnels de la pastèque. Riche en eau, en vitamines A et C, et faible en calories, elle s’impose comme un allié santé pendant les mois chauds.
Les défis du secteur
Malgré cette croissance, le secteur fait face à plusieurs défis. Les changements climatiques, avec des épisodes de sécheresse plus fréquents, menacent les rendements dans certaines régions. En Inde, par exemple, les producteurs locaux subissent régulièrement des pertes liées à la mousson erratique. Par ailleurs, la concurrence accrue sur le marché international pousse les pays à innover pour se différencier.
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Les producteurs doivent désormais penser à la durabilité, que ce soit en optimisant l’irrigation ou en réduisant l’usage de pesticides », a indiqué Maria Santos, experte en agriculture durable à la FAO. « Sinon, la qualité des sols pourrait en pâtir à long terme. »
Ce classement 2024 rappelle que derrière un fruit apparemment simple se cache une industrie complexe et mondialisée. Alors que les consommateurs profitent de pastèques juteuses et sucrées en plein été, peu se doutent de l’étendue des enjeux qui sous-tendent ce marché.